‹ Thérapeutique du diabète sucréChapitre 67 sur 103 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Xraitement liydi^omiiiéral du diabète malin.

C'est ici que le choix de la slaLiou liydrominérale est le plus délicat. Si, en présence d'un état qui défie toute intervention pharmaceutique, une cure de ce genre semble être la dernière arme du médecin dans sa lutte contre une évolution morbide à allures progressives, line faulpas, d'autre part, oublier que, dans cette variété de diabète, toute médication intensive est à redouter, surtout lorsqu'elle s'accompagne d'un changement brusque dans l'existence elle régime du malade. Enlin on doit tenir compte de ce fait qu'en repoussant toute idée de traitement hydrominéral le médecin risquerait parfois de porter une grave atteinte au moral du diabétique qui y verrait la jDreuve d'une situation désespérée.

Comme par leur action, soit sur les fonctions digestives soit sur le mouvement nutritif, les alcalins peuvent ici encore enrayer l'évolution morbide, on ne doit pas renoncer à utiliser les eaux bicarbonatées sodiques ou calcaires, ou celles de la Bourbon le dans les conditions que nous avons précisées. A défaut d'une guérison qui ne peut être obtenue ou même d'une amélioration d'une longue durée qui est fort problématique, on est en droit d'espérer une rémission passagère. N'oublions pas, d'ailleurs, qu'à

DANGERS DliS liAUX FOUTliS 10 i

la période précacliectiqiie il est souvent très difflcile de se prononcer sur la nature d'un diabète, et que le succès même de la médication thermale est une pierre de touche pour le diagnostic et le pronostic.

Néanmoins, pour peu qu'il y ait doute, ce n'est qu'avec prudence qu'il faut recourir aux. sources alcalines fortes, comme Yichy et surtout Carlsbad, et l'usage d'eaux assez faiblement minéralisées comme Fougues ou reconstituantes comme Royal ou la Bourboule est le plus souvent préférable, du jour notamment où soit la tendance à l'asthénie, soit la dénutrition par azoturie se manifestent.

Quand les symptômes cachectiques commencent îi apparaître, les eaux antidiabétiques proprement dites sont plus dangereuses qu'utiles et l'on doit se borner à soutenir les forces, à relever l'état général du malade. Souvent d'ailleurs on arrive de la sorte, par voie indirecte, à diminuer la glycosurie et, ce qui importe plus, à atténuer les divers phénomènes morbides connexes à l'hyperglycémie. A jjiiori deux espèces d'eaux minérales, les chlorurées sadiques et les ferruf/meuses, semhlenl appelées à remplir cette indi cation ; en réalité les premières sont rarement utiles, les secondes, au contraire, possèdent une réelle eiïicacitè. Mais à l'action de la cure hydrominérale il faut, dans ces cas, joindre celle tout aussi importante, sinon davantage, de l'altitude, et dans le choix à faire tenir autant compte des conditions climalèriques que de la richesse de telle ou telle source en principes ferrugineux.

Or ce sont les altitudes moyennes, de 500 à 1000 mètres, qui nous paraissent convenir le mieux aux diabétiques. A. ces hauteurs, l'exercice musculaire est rendu plus facile, la torpeur physique et morale

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diminue, l'appélit se réveille, les fonctions digeslives s'effectuent avec plus de régularité, et les processus nutritifs en général avec plus d'activité ; et ce sans avoir à craindre, comme lorsqu'on s'élève davantage, une perturbation trop grande de l'organisme, ou les refroidissements produits par des variations atmosphériques trop brusques. A ce titre, Bussang, dans les Vosges, les sources du massif du Kniebis (Grand-duché de Bade), dont Rippoldsau est la plus fréquentée, sont préférables à Forges, à Spa et même

àSchwalbach.QuantàSaint-Moritz(Haute-Engadine), situé à 1800 mètres d'altitude, ses indications sont, ce nous semble, difficiles à établir, car si son climat alpestre par excellence, ses eaux très puissantes, agissent merveilleusement dans certains cas, il est beaucoup de malades qui, sans que rien souvent permette de le prévoir, s'y trouvent fort incommodés. En fait de stations ferrugineuses aux hautes altitudes, Morgins (val d'IUiez, Suisse), situé à 1400 mètres, mérite d'être signalé en raison de son climat très tonique et de son exposition suffisamment abritée.

Pour en finir avec les questions de climato thérapie, nous dirons qu'en général le séjour en été aux bords de la mer convient moins aux diabétiques, surtout lorsqu'il est prolongé, qu'une cure d'air dans les montagnes ; cela tient sans doute à leur étal neurasthénique habituel qui s'accommode médiocrement du voisinage de la mer, particulièrement dans les plages peu abritées.

Enfin, en hiver, il y a grand avantage à les envoyer dans certaines stations méridionales où ils sont moins exposés aux refroidissements que dans les régions froides ou môme tempérées, et oii, en outre, ils '

CHOIX DU CLIMAT ItiîJ

peuvent mener plus facilement la vie en plein air el l'existence active qui leur sont si utiles.

Mais tous ces déplacements ne sont réellement avantageux qu'au cas où les malades trouvent dans leur nouvelle résidence des conditions aussi favorables au point de vue moral et matériel que dans leurs foyers.

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