TRAITEMENT DES ACCIDENTS DYSPEPTIQUES
peut être le siège d'une prolifération excessive de l'épithélium qui engaine les papilles; celles-ci semblant s'allonger outre mesure donnent au malade l'impression de poils qu'il aurait dans la bouche : d'où le nom de langue inleuse. C'est une affection très tenace, qu'influencent cependant avantageusement les badigeonnages à la teinture d'iode ou à l'acide acétique dilué (Lecorché).
Ce processus d'irritation superficielle envahit parfois la muqueuse pharyngée et détermine des picotements ou une 'petite toux incessante. Les gargarismes d'eau menthée, les pulvérisations d'eaux sulfureuses, comme celles de Labassère ou d'Enghien, sont utiles lorsqu'il n'y a pas de congestion intense. Dans le cas contraire, il faut pratiquer des attouchements de la gorge avec la teinture d'iode iodurée étendue de glycérine ou avec une solution ichthyolée à un pour cent.
Les accidents di/sjjeptiques sont beaucoup moins fréquents chez les diabétiques qu'on pourrait le supposer a j^i'iori^ étant donné la quantité ' considérable d'aliments solides ou liquides qu'ils ingèrent; en particulier ils ne sont guère sujets aux troubles, si nombreux, si variés, qu'occasionne la dilatation de l'estomac. D'ordinaire leur digestion s'effectue avec assez de régularité, à moins qu'elle ne soit compromise par une alimentation trop exclusive ou par une thérapeutique trop active. Aussi suffit-il souvent d'instituer un régime mixte, où au besoin le lait aura sa place, ou de supprimer tel ou tel médicament pour voir les fonctions digestives revenir à la norme. Que si, néanmoins, l'atonie gastrique persiste, on emploiera les moyens d'usage courant : strychnine, quassine, acide cldorhydrique dilué, infusions stimu-
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lanLes à la badiane, à la menthe poivrée, en se rappelant que chez les diabétiques l'hyperacidité gastrique est plus fréquente que lanacidité (Boas, Rosenslein). Contre l'anorexie on recourra aux amers, à la teinture de noix vomique, aux inhalations d'oxygène, etc. Tous ces agents thérapeutiques n'oni d'ailleurs qu'une efficacité très problématique quand le diabète est arrivé à la phase cachectique ou que ces accidents relèvent de l'acétonémie.
Quant à la constipation et à la diarrhée qui sont, la première surtout, d'observation fréquente, elles ne comportent pas chez les diabétiques un traitement spécial. Toutefois on emploiera les purgatifs doux de préférence aux drastiques. L'irrégularité des selles est due dans bien des cas aux fermentations exagérées qu'entraine la diète carnée. C'est dire que les agents de l'antisepsie intestinale, charbon de peuplier, substances de l'ordre du naphtol, salicylate de bi smuth, sont tout particulièrernent indiqués.
Enfin il ne faut pas oublier que l'auto-intoxication acétonémique peutentrer en scène par des troubles dyspeptiques ; aussi doit-on, pour peu que ceux-ci se prolongent, examiner les urines à ce point de vue.
Le foie est rarement tout à fait indemne dans le diabète; mais le plus souvent ses lésions ne commandent pas une médication particulière ; tel est le cas pour la congestion hépatique, lorsqu'elle est peu prononcée.
Maisilen esttout autrementlorsque le foie déborde de plusieurs travers de doigt au-dessous des fausses côtes et surtout lorsqu'il se produit des phénomènes d'insuffisance hépatique, comme des troubles dyspeptiques, le dégoût de la viande, du subiclère hémaphéique, la coloration rouge caractéristique des
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urines. Dans ce cas on insistera sur la médication alcaline, déjà indiquée contrôle diabète, et l'on administrera le calomel à très faibles doses (trois centigrammes par jour), le sel de Carlsbad, des purgatifs doux ; l'application de révulsifs sur la région hépatique a aussi son utilité. Mais, avant tout il faudra modifier le régime alimentaire; car ici les diètes carnée et sarco-adipeuse sont également désavantageuses. Force est donc parfois de recommander le lait à défaut du régime azoté et gras.
Rien ne vaut dans ces cas une cure aux eaux alcalines fortes, comme Vichy et Carlsbad, Carlsbad surtout quand il s'agit d'individus obèses , à pléthore abdominale. Leur indication est plus formelle encore quand la lithiase biliaire contribue à entretenir la congestion du foie, comme cela se voit assez souvent chez les diabétiques arthritiques.
Il est d'autant plus nécessaire alors d'intervenir vigoureusement que parfois à l'hyperémie succède peu à peu un processus bien plus redoutable, la dégénérescence scléreuse diffuse. La cirrhose du foie se présente dans le diabète sous les aspects les plus divers. En dehors de faits exceptionnels, comme les deux observations de cirrhose hypertrophique pigmentaire publiées par Hanot et Chauffard, on peut observer des formes de sclérose qui ne rentrent dans aucun des types classiques. La plus fréquente cependant est la cirrhose atrophique dont Lecorché a donné une bonne description, et qui offre tous les caractères cliniques de la maladie de Laënnec. Le diabète s'efface devant cette affection intercurrente comme devant le mal de Bright, au grand préjudice des malades; car l'iodure de potassium, les purgatiis, le régime lacté, pour ne citer que les médications usuelles en pareille
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circonstance, n'arrivent pas à enrayer les progrès de la dégénérescence hépatique et de la cachexie secondaire.
Quant aux cures hydrominérales, elles font, quoi qu'on en ait dit, plus de mal que de bien du jour où la prolifération interstitielle a envahi une certaine étendue du parenchyme hépatique: ce qu'annoncent l'ascite et la circulation veineuse abdominale supplémentaire.