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MALADIES, REMÈDES, LEUR COMPOSITION ET LEUR APPLICATION

Ce chapitre peut passer pour être l’œuvre presque entièrement de notre plus forte lucide nommée Adèle Maginot, mais dont les vrais noms comme nous l’avons dit, sont Théodule Maginot, née à Vitry-le-Français (Marne,) en 1811, nous avons donné sa Biographie dans le traitement des maladies, ouvrage épuisé, mais que celui-ci remplace et complète par de fortes additions de remèdes, ainsi que par des détails qui, nous osons l’espérer, seront pris en considération. Voilà trentecinq années qu’Adèle, (conservons-lui ce nom) fait de telles études avec la même lucidité, sans qu’il y ait altération de lumière chez elle. Nous ne pouvons mieux faire que de citer ici le résultat général de ses près-

criptions dans toutes les maladies qui suivent par des remèdes qui ont obtenu un succès presque permanent dirons-nous. Que le lecteur ait donc contiance dans ce qu’il va lire.

Nous avons écrit cet ouvrage pour ceux qui ont peu ou pas d’instruction sur les questions qu’il traite, questions que nous croyons être utiles à la santé publique. Nous avons pensé surtout à ceux qui loin des villes, habitant les villages et les hameaux, n’ont pas de médecins à leur portée, et à ceux qui, par un jugement défavorable porté sur leur science officielle, ne veulent pas l’appeler à leur secours. Nous avons pensé en plus que les deux traitements par le magnétisme et les remèdes enseignés par les somnambules, étant fusionnés, instruiraient autant l’ignorant que l’homme d’étude, et qu’ils seraient en tous les cas un savoir profitable à tous ceux qui cherchent à s’instruire.

Nous allons aborder, dans cette intention, l’application des remèdes aux maladies les plus communes, remèdes totalement puisés dans l’emploi des plantes les plus usuelles, plantes que la médecine officielle en nos jours méprise trop! Ayant abandonné, presque totalement, le règne végétal, pour chercher dans celui minéral, ce qu’elle n’y trouve pas, elle préfère jouer inconsidérément avec des forces dangereuses ! Que de déceptions ! que de malheurs s’en suivent ? aussi depuis cette

volte-face faite à la vertu des plantes, ça été le triomphe des remèdes, dits de bonnes femmes ? Effrayé du non succès des médications officielles, on s’est rejeté vers l’ancienne manière de traiter les maladies, et l’on a vu combien on avait fait fausse route en accordant des vertus imaginaires ou au moins mal appliquées, aux métaux comme aux minéraux dont on se sert aujourd’nui, nous ne nous portons pas accusateurs contre cè genre de traitement, nous Je redoutons parce que nous le savons trop héroïque pour certaines natures et très troublant pour d’autres. L’on n’est pas encore assez instruit sur leur valeur pour les employer généralement. Nous n’avons rien de semblable à redouter de ceux qui suivent !

maux de tête.

Les maux de tête découlent de causes différentes; mais généralement se rapportant au système nerveux ou à la circulation sanguine.

Les voies urinaires, les intestins fonctionnant mal, l’estomac fiévreux, le poumon engorgé, réagissent fort souvent sur la tête, par des migraines, des névralgies, des élancements douloureux, des bourdonnements d’oreilles, des éblouissements, etc. Hippocrate, le père de la médecine, laissa, dit-on, pour héritage à la science, trois recom-

mandations spéciales, non de traiter mais de conserver la santé. Ces trois recommandations se résument dans ces mots: « Conservez votre TÊTE FRAÎCHE, VOtre VENTRE LIBRE,

et vos pieds chauds. » Si nos pères avaient suivi ce conseil, nous n’aurions pas hérité d’environ quinze mille espèces de maladies, qui désespèrent et désespéreront à jamais la science médicale. Il n’est plus temps de regretter ou de discuter; le mal est là qui triomphe, le malade qui soutire et le praticien qui désespère: veuillons donc au moins ne pas nous effrayer, et rassembler toutes nos pensées, pour leur demander assistance dans les cas précités et suivants.

Dans les maux de tête occasionnés par le sang : avoir recours aux bains de pieds simples, ou composés par addition d’une poignée de sel de cuisine, ou d’une once de farine de moutarde, ou d’une bonne poignée de cendres bouillies. Les prendre étant à jeun.

Deux sangsues, à l’occasion, à la naissance des mollets, ou mieux à l’anus, sont d’un bon secours... Boire d’une infusion de vulnéraire, ou d’une très petite prise d’arnica... ou une cuillerée à soupe d’eau de tleur d’oranger tiède et sucrée, car les intestins, l’estomac ou la tête elle-même peuvent contenir des gaz nommés vents qui gênent la circulation... Commencer dans tous les cas

par les infusions intérieurement, puis avoir recours aux bains de pieds, et aux compresses sur la tête : qu’elles soient à l’eau sédative coupée de moitié eau chaude; ou d’une infusion d’arnica; ou de lierre terrestre... Essayer une application de feuilles fraîches de bardane; ou de chou de Milan; ou de vigne, dont les nervures (les côtes), doivent être écrasées préalablement. Dans les maux de tête nommés névralgies, boire d’une infusion de fleur d’oranger, ou de feuilles de mélisse; ou de menthe; ou de fleur de lavande; ou de petite sauge ou de romarin.

Poser sur la tête des compresses de verveine fraîche ou sèche pilée au moyen d’un blanc d’œuf et d’une cuillerée d’eau sédative.

Graisser le front et les tempes, même le derrière des oreilles, avec de l’huile de milpertuis; ou de camomille (non camphrée) ou de fleur de chanvre; ou de feuilles de laurier amande. Ces huiles se font en exposant au soleil ou sur un feu doux une bouteille d’huile ordinaire dans laquelle, on met une poignée des fleurs ou des plantes dont on désire tirer les vertus et les arômes; on les filtre et on les garde pour s’en servir au besoin. Toutes les huiles médicinales peuvent se faire de la même manière.

Une prise de café en poudre, ou une inbg 7

lation seulement d’éther sulfurique ou de fumée de tabac, soulagent souvent aussi bien que des remèdes plus compliqués. En magnétisme, on calme les nerfs en posant les mains (les doigts élevés), l’une sur le front l’autre derrière la tête,, puis après quelques minutes, les descendre doucement jusqu’au creux de l’estomac, mais porter principalement sa pensée et sa force magnétique sur celle qui descend le long du dos; vu que l’épine dorsale est tapissée de nerfs qui pourraient, par leur rapport avec les intestins, et avec les principales paires des nerfs descendant delà tête,repercuter sur le cerveau une partie de leur agitation. Il est assez difficile de connaître auquel du système nerveux ou de la circulation on doit attribuer certains maux de tête; il suffit quelquefois d’avoir respiré des vapeurs de charbon ou d’essences ou d’arômes agréables en apparence, et très nuisibles au système nerveux. Dans ces cas, il faudrait employer des lotions sur le front et les tempes, d’eau acidulée de vinaigre ou de jus de citron; ou de quelques gouttes d’alcool camphrée; avoir recours à l’air et boire une tasse de café noir, ou de camomille si le café ne calme pas. Nous avons aussi les maux de tête provenant de contrariétés; c’est à l’estomac auquel nous devons nous adresser, en prenant une infusion de til-

leul, ou de sauge, ou de romarin, ou même une simple cuillerée d'eau de fleur d’oranger dans un quart de verre d’eau tiède sucrée: puis faire des efforts pour chasser les pensées, qui font suite à ces contrariétés.

Dans les maux de tête chroniques; tenter d’en saisir la cause, afin d’y apporter les remèdes conseillés, bien étudier leur effet, les conditions dans lesquelles ils ont été salutaires, et n’avoir recours qu’à e\x ou à ceux de leur ordre si les premiers viennent à ne pas produire l’effet désiré.

Dans les maux de tête occasionnés par la stagnation du sang duis cet organe, faire des passes magnétiques transversales très vives devant le front, puis des passes volantes, également vives, de la tête aux pieds.

Poser des compresses d’eau magnétisée sur le sommet de la tête, et au cou en cravate, les réitérer de trente en trente minutes. Souffler à froid (à quinze centimètres de distance) sur le front. Dans les conditions précitées et suivantes, où l’on est éloigné d’une herboristerie et d’un médecin, on peut s’en référer alors aux plantes du jardin ou à celles des champs ainsi qu’à la main fraternelle d’un ami.

C’est donc, dans cette intention que nous simplifions, autant que possible, les remèdes et les détails secondaires. Mais qu’on ne perde pas de vue les recommandations d’Hip-

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pocrate, en ce que la tête trop couverte, ou dans une lourde atmosphère ne peut qu’y trouver du trouble. Les fonctions de l’estomac et des intestins, paralysées par des embarras locaux, ne peuvent également que produire de semblables troubles ; puis étudiez que si vous attirez aux pieds le sang au moyen de bains de pieds ou de chaleur artificielle, pour en dégager la tête, c’est que les pieds chauds sont une condition indispensable à la circulation, et au calme des nerfs dont ils semblent être les premières et très compliquées racines. Ne prendre de bains de pieds que la digestion faite, il en est de même des sangsues qui, sortant de manger, troubleraient.

Maux, d'yeux

Les maux d’yeux sont, le plus communément, des ulcérations du bord des paupières, des boutons nommés vulgairement compèreloriot, des larmoiements et écoulements d’humeur, des taies, des inflammations des paupières, et une stagnation sanguine dans les fibriles très déliées, qui tapissent la cornée. Ces maux peuvent provenir : d’une très mauvaise constitution du sang, d’humeurs, ou d’eaux amoncelées dans la capacité cérébrale, ou dans les glandes lacrymales, ou d’accidents qui ont offensé cet

organe ; d’embarras des intestins, ou inflammations des voies urinaires. Il est donc très difficile de conseiller les remèdes, sans notions sur les causes de ces maux ; cette étude appai dent plus au malade qu’au médecin. Les enfants rachitiques, scrofuleux, les vieillards héritiers d’une jeunesse dissipée, ou à la suite du retour d’âge, qui plus particulièrement chez la femme produit de ces maux, exigent des traitements différents. Chez les enfants scrofuleux, des dépuratifs tels que les décoctions : de saponaire, salsepareille, centaurée, racine de patience, chicorée; purgations à la magnésie et à l’élixir toni anti-glaireux : puis en dernier ressort, vésicatoire au bras gauche.

Chez les vieillards, aux humeurs abondantes, même médication que pour les enfants.

Chez les adultes, dans les cas où la cause réside dans les intestins ou dans l’estomac; avoir recours aux purgations douces : manne, huile de ricin, limonade au citrate de magné ne; aidées par l’usage de la graine de moutarde, deux cuillerées, et même trois par jour ; à l’aide d’infusions de violettes de camomille (trois têtes par verre d’eaujde fleurs pas d’âne. Dans le cas où l’inflammation serait trop forte, avoir recours à la bourrache, la limonade, (un citron pour un litre d’eau bouillante, y ajouter une cuillerée à café de thé noir). Dans les cas où il n’existe qu’une très grande sensibilité du bord des paupières ;

des larmoiements et des taies, lotionner souvent, et très proprement, au moyen de linges fins imbibés d’eaux distillée de bluets, de roses de Provins, de mélilot. Infusion de fleur de sureau, de romarin à défaut d’eau de la Reine de Hongrie, qui n’est que cette fleur distillée. Eau très peu aiguisée d’alcool camphrée, (quelques gouttes par verre d’eau) eau zinguée, au moyen d’un morceau de zinc ayant séjourné plusieurs jours dans un verre d’eau ; cette eau est bonne contre les taies, ainsique celle alunée: au moyen d’un demigramme d'alun dans un verre d’eau. Infusion de trois feuilles de petite sauge par verre d’eau, de couperose blanche, un gramme dissout dans un litre d'eau.

Infusion de lierre terrestre, de plantain.

L’eau magnétisée est on ne peut plus souveraine, et en plusieurs circontances a fondu des taies en baignant l’œil ouvert dans un œiller, ou un vase approprié, l’y baigner souvent, et l’y laisser le plus longtemps possible.

La salive humaine est encore un excellent cicatrisant, pour les ulcérations des paupières. Pour les yeux chargés de sang, bains de pied réitérés, sangsues, à l’occasion, quatre à l'anus, pieds chauds, compresses sur la tête, soit d’eau simplement, ou d’eau sédative, coupée d’eau tiède ou d’infusion d’arni. a.

Repos des yeux, éviter les travaux de grande application.

Chez les enfants devenant adultes, l’agitation des organes de la génération et des habitudes d’onanisme produisent encore des causes d’ophthalmie, il faudrait rafraîchir ces parties, par des bains locaux, à base froide et calmante, infusions de pariétaire, de mercuriale, de graine de lin, de fleur de sureau, de racine de guimauve. Boire des infusions de capillaire de Montpellier, décoction de graine de lin, de racine de fraisier, de chiendent, de gruau, lavements réitérés, à la mercuriale, ou à la pariétaire, ou à la graine de lin, prendre beaucoup d’exercice, nourriture peu échaufflante, veillées longues, absence de conversations lascives: et de vues de tableaux excitants.

Fluxions.

Les fluxions proviennent, ou d’absorption d’air extérieur et son introduction par de mauvaises dents. On ne peut guère que calmer une fluxion en en facilitant' le développement par des cataplasmes réitérés, soit à la farine de lin, eau de guimauve, ou à la farine de riz, eau de graine de lin. Puis par des fumigations, à la fleur de sureau, ou à la pervanche ; graisser avec de l’huile de camomille, ou de milperthuis. Bains de pieds, ne pas charger l’estomac au repas, couvrir l’enflure de ouate, éviter l’air vif.

Vaux de dents.

Le baume d’acier est le meilleur remède lorsque le mal est occasionné par de mauvaises dents. Quand c’est par le sang, bains de pieds, mâcher des feuilles decochléaria, ou de pervenche, ou de tabac à fumer, boire d’une infusion de vulnéraire, rétablir la circulation par l’exercice, éviter l’application d’esprit, et de la vue. S’il y a persistance, étudier s’il y a embarras, ou inflammation, dans les organes inférieurs, y remédier par une garde robe forcée, ou des adoucissants. La garde-robe forcée s’obtient au moyen de trois cuillerées de graine de moutarde prises en trois fois avec trois verres d’infusion de violette; ou de deux fortes cuillerées à café de magnésie anglaise, dans un demi-verre d’infusion de violette le matin à jeun. Les adoucissants sont: infusion de fleur de bourrache, de guimauve, lavements à l’eau de graine de lin, ou à la racine de guimauve. Dans les ulcérations de gencives, les frotter avec un peu d’alun en poudre, ou gargarismes d’eau faiblement citronnée, au moyen de quelques gouttes d’essence de citron, dans un verre d’eau ou d’un peu devin sucré, ou d’un peu de miel, mêlé par moitié avec du bon vinaigre et bouilli jusque consistance sirupeuse.

Une grande partie des maux de dents sont

occasionnés par le peu de soin qu’on prend de sa bouche, les dents se trouvant entourées, et rongées par les acides et les corpuscules enfantés par les restes du manger, dont un peu d’eau, et l’amour de la propreté les dégageraient. La propreté conserverait l’émail en meilleur état : et de belles bouches remplaceraient d’ignobles cloaques.

Les eaux, l’air vicié des lieux, le scorbut, un mauvais estomac, dos héritages de famille, s '.ut autant de causes d’une mauvaise dentition, qu’on ne peut souvent éviter.

Maux de gorge

Ces maux sont classés, le plus généralement, SOUS les noms d'esquinancie, d’ulcérations , de couenne , de croup, chez les entants, etc. L’esquinancie ou l’inflamation des amygdales, se relie souvent à une inflammation intestinale, qui enflamme et localise lesangdans, elles, et y forme un dépôt; il faut calmer et rafraîchir les intestins par des cataplasmes réitérés sur le bas-ventre, les poser le plus chaud possible pour attirer le sang vers cet endroit; qu’ils soient composés de farine de lin délayée *avec une décoction de racine de guimauve et de violette.

Prendre des bains de pieds, additionnés d’une poignée de sel de cuisine.

Préférer des cravates imbibées d’huile de

camomille non camphrée aux cataplasmes sur la gorge ; ne poser les cataplasmes que lorsqu’on ne peut dissoudre le dépôt trop peu avancé ; qu’ils soient faits simplement de mie de pain dans du lait; les poser très peu chauds.

Gargariser la gorge avec du sirop composé de miel et de vinaigre ayant passé sur le feu. Boire des infusions stimulantes et calmantes de vulnéraire ou de fleurs de millepertuis ou de fleurs de sureau. Pour prévenir l’esquinancie, lorsqu’on y est sujet, et qu’on en sent les symptômes; poser étant à jeun quatre sangsues à l’anus, les laisser un peu saigner, et fermer les trous avec un peu d’amadou. Dans les ulcérations , gargarismes au sirop miel et vinaigre précité ou à l’eau faiblement alunée: une très petite prise d’alun en poudre pour un verre d’eau, on avec une infusion de feuilles de ronce. Rafraîchir le ventre par une infusion de fleurs de violette ou de guimauve ou de capillaire.

Dans la maladie dite couenneuse en ce que la gorge se trouve être tapissée d’une matière glaireuse et gélatineuse qui forme un corps nommé couenne, souffler de l’alun en poudre dès le commencement, dans l’arrière-bouche, au moyen d’un tube de plume ou d’un tube de paille ; mêmes gargarismes que pour l’esquinancie ; graisser extérieurement avec

l’huile de camomille ou de millepertuis ou de pommade à l’oignon de lis (faite d'un oignon de lis cuit à très petit teu dans un hecto de panne de porc) ; boire de la violette ou de la guimauve ou de la bourrache. Si les urines sont trop chargées, boire une faible décoction de graine de lin, ou une infusion de capillaire ou de queues de cerises.

Dans le croup, chez les enfants, insufflations d’alun à petites doses, boire d’une infusion de sauge dans du lait bouilli ; cravate d’huile de camomille ou de millepertuis ; petit lavement à l’huile ordinaire pure ; insufflations à chaud réitérées sur la gorge et le creux de l’estomac ; bains de pieds magnétiques, atmosphère chaude ; poser de petits cataplasmes sur le haut de la poitrine, qu’ils soient composés d’herbe Saint-Robert passée à peine sur le feu dans du beurre frais.

Dans tous les maux de gorge précités, les même moyens magnétiques sont employés; l’eau magnétisée est substituée aux tisanes; mais bue tiède et sucrée ; onfaitégalementsur tout le corps des passes magnétiques à grands courants, de la gorge au bout des pieds, application de flanelle ou de ouate magnétisée sur la gorge et la poitrine ; bouteille d’eau chaude magnétisée aux pieds ; lavement d’eau magnétisée.

Convulsions spasmodiques

Les convulsions ou les spasmes soit des bronches — vaisseaux respiratoires qui traversent le poumon— ou de l’estomac ou des intestins, et du système nerveux, en général, commandent un traitement prompt, surtout chez les enfants dont ils causent la mort ou des paralysies locales. Les causes de ces troubles peuvent provenir de vers accumulés dans l’estomac, ou dans les intestins; mais dans ces cas, les dangers sont moins grands ; elles peu vent découler de refroidissement, desaisissementoud’autrescas brusques; chez les adultes, elles exigenten premier lieu une atmosphère et un lit chauds, ainsi que des infusions a bases sudorifiques et stimulantes, avant toutes choses boire deux cuillerées à soupe d’eau de fleur d’oranger, pure, tiède et sucrée, une cuillerée pour les enfants; infusions de tilleul, feuilles d’oranger, petite sauge, romarin, vulnéraire, bourrache, thé noir, menthe, fenouil, noble-épine, gui de chêne ; il est entendu que généralement les infusions précitées se prennent séparément et qu’une prise avec deux doigts suffit par verre d’eau. Bouteille d’eau chaudeaux pieds, cataplasmes sur le ventre à la farine de riz et eau de racine de guimauve: ouate chaude sur la poitrine.

S’il y a longtemps qu’il n’y a eu de garde-

robe, un lavement à l’huile pure tiède, frictions sur le sternum en haut de la poitrine ai nsi que sur le plexus solaire ou creux de l’estomac, à peau et main nues, avec de l’huile chanvrée, ou de camomille, ou d’olive simplement ; ne pas mettre à l’air ces parties. Le choléra qui est de la famille des convulsions se traite de la même manière, mais simplement par l’infusion de camomille, lavements à l’eau de camomille et frictions à l'huile de camomille ; en ce que cette plante se trouve être le poison que redoutent le plus les corpuscules qui causent cette maladie (voir l’article maladies épidémiques); magnétiquement ,force insufflations à chaud sur la gorge, le haut de la poitrine, le creux de l’estomac et le ventre ; ces insufflations se font à travers un linge fin et blanc plié en double et posé sur la partie, comme nous l’avons déjà enseigné, linge sur lequel on pose les lèvres et à travers duquel on souffle un souffle doux et tiède, avec l'intention bien marquée de détendre, adoucir et calmer les mouvements convulsifs spasmodiques des nerfs qui tapissent et étreignent les organes où elles se manifestent ; le malade doit en premier lieu être couché dans un lit très chauffé, une bouteille d’eau chaude et aux pieds deux autres, unede chaque côté du corps ; la chaleur est très utile.

Dans les convulsions de la matrice, souffler

de la même manière sur le bas-ventre.

Dans celles de l’estomac, souffler sous le sein gauche et le creux de l’estomac.

Dans celles des bronches, souffler sur le haut de la poitrine.

Dans celles du larynx souffler sur la gorge.

Dans celles de la tête, souffler sur le front et sur le cervelet (fossette du cou).

Dans le cas de l’inefficacité des remèdes conseillés, qu’une mère se mette au lit avec son enfant sur elle, poitrine contre poitrine, ses mains appuyées sur les reins de l’enfant, ne pensant qu’à le calmer, en faisant échange de leur chaleur réciproque, et qu’elle lui souffle doucement sur le front, qu’elle ne s’effraie pas. Ceux qui le lui ont confié ne le lui raviront pas.

Maladies de poitrine.

Sont comprises dans ce cadre ce que les médecins nomment rhume, fluxions de poitrine, bronchite, pleurésie, catarrhe, asthme, phthisie ou décomposition du poumon. Il existe, dans les maladies précitées, des médications de mode dans lesquelles sont employés des remèdes de préférence aux autres, et qui doivent guérir ces maladies comme tel élixir doit guérir toutes celles du corps. Dominé par des annonces pompeuses le malade descend confiamment dans la tombe et

le docteur ajoute une substance de plus à son remède jusqu’à ce que sa clientèle aille frapper à une autre porte!.. Il est fâcheux que ces choses existent et se renouvellent sans plus d’appréciation. Ne nous passionnons pas pour tel remède favorable là, et contraire ici. Cherchons, dans le plus grand nombre possible, celui après lequel nous aspirons pour calmer ou obtenir le plus grand nombre de guérisons ou soulagements. Doutons et essayons de tous, mais ne touchons qu’avec la plus grande méfiance aux remèdes héroïques, à ceux dont la composition nous est inconnue, ne nous endormons pas en attendant des effets imaginaires de tel remède plus ou moins préconisé, étudions ses premières manifestations ; dans les vingt- . quatre heures de son absorption, car si nous n’obtenons aucun changement marqué dans notre état, recourons a un autre ; mais si nous obtenons le moindre soulagement, ne le laissons que lorsque sa puissance sur le mal sera annulée. N’oublions pas que tel remède quia soulagé ou guéri tel malade, ne produit aucun effet semblable chez un autre, et même dans deux circonstances semblables, en apparence, chez le même malade nous pouvons obtenir deux résultats contraires en ce qu’il y a complication fort souvent du mal. Essayons donc toujours doucementpour commencer; observons et jugeons

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de Ja force que nous devons déployer pour agir plus assurément. Les maladies de poitrine sont du nombre de celles qui exigent le plus de prudence et d’attention.

Rliumes

On donne le nom de rhumes à l’une des douze ou quinze maladies de poitrine qui existent, si on pouvait bien préciser ce qui a causé le rhume, on pourrait, avec plus de succès, le maîtriser. Mais loin de penser à cette cause futile en apparence, on se contente de dire : Je ne sais où j’ai attrapé ce rhume, bah 1 ça ne sera rien, si je le soignais, peut-être serait-il plus à craindre. On dit ordinairement qu’un rhume bien soigné dure quarante jours, et qu’un auquel on ne fait pas attention, n’en dure que trente-neuf. Ce n’est donc pas la peine, pour gagner un jour, de boire des seaux de tisane. Nous ne pensons pas de même; sans prétendre pour cela, être assuré de mieux faire, mais prétendant être plus dans le devoir du praticien. Le rhume est causé par un excès subit de chaleur ou de froid. On croit ordinairement qu’il suffit de passer d’un endroit de haute température dans un endroit froid, pour être enrhumé, il suffit également de passer d’une température froide dans une chaude, pour en être atteint. Selon la nature de ce passage se trouve être le rhume, le traitement doit être différent.

Je suppose que j’ai marché à cinq degrés de froid et que j’entre dans un appartement où il y ait vingt degrés de chaleur, la différence est de 25 degrés, représentant plus de la moitié de la chaleur de l’intérieur de mon corps. Qu’en doit-il découler, noh généralement fort heureusement, mais à de rares intervalles? Il en découlera, que mes organes n’étant pas disposés à supporter ce jour-là, cette différence de chaleur, s’en trouvent rounlés ! Comment ce trouble s’est-il produit? nous allons tâcher de l’expliquer physiquement.

Dans le froid, les tubes capillaires qui forment l’épiderme, se trouvant très peu ouverts pour introduire le moins possible ces cinq degrés de froid qui ne sont pas demandés par les organes intérieurs, surtout par le poumon, ils se trouvent très heureux en rentrant au contact d’une température plus de leur goût, ils s’ouvrent et introduisent à plaisir cet air tiède dans la poitrine et le poumon. L’air froid qu’ils avaient aspiré se trouvant par ce fait refoulé au plus interne de cet organe, il s’ensuit que les cellules très calmes du poumon se trouvent s’emplir de cet air froid, que la circulation s’y trouve être paralysée, que le sang tente à s’y décomposer, et le fait en communiquant aux bronches ou vaisseaux respiratoires, une irritation très vive qui engendre la toux, toux qui se trouve être plus

ou moins douloureuse par les contractions forcées et saccadées des dits vaisseaux respiratoires. Dans ce cas, nous sommes sous l’empire d’un rhume de chaleur, vu que c’est la chaleur qui l’a causé, le rhume de froid s’acquiert dans des conditions opposées ; en sortant brusquement d’un endroit chaud pour entrer dans une froide atmosphère.

Il s’opère dans ce cas l’opposé que dans le premier, en ce que la chaleur se trouvant être comprimée intérieurement par l’air froid qui estentré par les conduits capillaires et dans les voies aériennes, y a produit les mêmes troubles. Nous avons, par ce fait, acquis un rhume de froid, vu que c’est le froid qui l’a enfanté. L’on sent alors, à première vue, que les traitements doivent différer, comme J es rhumes diffèrent entre eux.

Le rhume causé par l’introduction du froid intérieurement, que nous avons nommé rhume de chaleur, doit être traité par des boissons à bases adoucissantes et chaudes -, mais dans les deux cas, il est toujours bon de commencer par provoquer une bonne sueur au lit; puis alors entrer en traitement si le rhume persiste. Pour le rhume de chaleur, boire le plus souvent possible, peu à la fois, des infusions suivantes au choix du malade, infusion de fleur de bourrache; de fleur de bouillon blanc, (blanchie d’un peu de lait bouilli), de six pétales de fleur de coquelicot par verre d’eau, ou

de tisane aux fruits composée de six jujubes, six dattes, six figues, une cuillerée de raisin de corinthe, et une de malaga pour un litre d’eau bouillis dix minutes, sucrer avec bO grammes de sucre candi, bue tiède, peu à la fois, mais souvent, ou un lait de poule fait d’un jaune d’œuf bien frais battu dans un verre d’eau chaude sucrée, et ajouter une cuillerée à café d’eau de fleur d’oranger; ou un morceau de beurre fin (gros comme une noisette). Le matin à jeun, un verre d’une faible décoction de cinq bourgeons de sapin dans du lait sucré, les sirops de mou de veau ou pectoral incisif pris par cuillerées ou en sucrer les tisanes, calment beaucoup. Bien graisser la poitrine avec du saindoux et la couvrir de ouate, essuyer le matin, et mettre de la ouate neuve.

Le rhume de froid causé par l’introduction brusque de la chaleur intérieurement, se traite par les boissons suivantes : infusion de heur de guimauve, décoction de mousse perlée légère, d’eau gommée, d’eau de gruau, de capilaire, de pulmonaire, de lierre terrestre ; si l’une de ces infusions produisait des crampes, il faudrait recourir à la première série, ou allier les deux, celle à base froide et celle à base chaude, c’est-à-dire alterner les deux séries, rappeler la chaleur interne à l’externe, toujours graisser la poitrine avec du saindoux ou de l’huile de camomille, et la cou-

vrir de flanelle ou de coton cardé, ou de ouate.

Fluxion de poitrine.

Nous avons dit précédemment que la fluxion de poitrine exigeait à son début une émission sanguine, soit par la saignée ou par les sangsues, elle n’exige pas moins une atmosphère chaude et pure, et l’absorption d’infusions stimulantes de la famille de la première série précitée, conseillées pour les rhumes, l’état est dangereux jusqu’au sixième jour et exige beaucoup de soins, le neuvième jour si un peu de mieux est paru, le danger est éloigné et la guérison espérée. Tout ce qui peut activer la circulation du tang dans le poumon, concourt au rétablissement, ainsi sinapismes au bas des jambes, faits de farine de lin, saupoudrée de farine de moutarde.

Bains de pieds en premier lieu, soit à la farine de moutarde, au sel de cuisine, à la cendre, à la soude, à la rue. Les deux premiers jours seulement poser une seule fois deuxsangsues de chaque côté de la poitrine, sous les fausses côtes, ou d’un seul côté si un seul lobe du poumon est engagé ; l’infusion de vulnéraire, coquelicot, bourrache, lierre terrestre, hysope, sauge,romarin, millepertuis et cataplasmes réitérés sur le bas ventre, compresses sur la tête s’il y a engorgement, forment l’ensemble du traitement de la fluxion de poitrine.

Bronchite.

La bronchite est une irritation des bronches, vaisseaux respiratoires, elle complique souvent le rhume, et se traite de la même manière ; il y a de ces irritations très sèches et d’autres très humides, celles sèches sont occasionnées par la chaleur des cellules du poumon, qui échauffent le sang qui les traverse, et ce dernier entretient cette irritation; on peut essayer dans ce cas les infusions conseillées dans la deuxième série des rhumes. Observer les sensations qui, si elles doublent l'irritation, exigent de recourir aux infusions de la première série à base chaude et aromatique.

Dans celles humides, on peut arrêter ces émissions glaireuses, en travaillant un peu l’estomac, par une légère purgation à la manne, ou au sel de magnésie, comme il a été enseigné ; puis boire en dernier ressort des infusions de coquelicot, de romarin; et prendre le régime de la graine de moutarde blanche, deux cuillerées par jour, soit avec les infusions conseillées ou avec de l’eau pure. Cette graine se prend toujours une heure avant les repas, on en met une cuillerée à soupe dans sa bouche et on l’avale — sans la mâcher ; — tout doucement à l’aide de gorgées d’eau ou de tisane.

Pleurésie.

La pleurésie complique souvent le rhume,

elle est occasionnée par une inflammation de la plèvre, torte membrane qui tapisse intérieurement la poitrine. L’air chaud ou froid qui occasionne le rhume n’ayant souvent atteint qu’elle, s’y localise, et y produit un trouble qui exige des soins assidus, mais fort souvent on réussit à la vaincre, en posant un vésicatoire volant sur la poitrine. Nous conseillons plutôt d’avoir recours à l’emplâtre du pauvre homme, au papier Fayard et Blany, ou à l’emplâtre d’Algérie, moyens moins actifs, mais beaucoup plus doux; l’emplâtre d’Algérie ne porte pas sur les voies urinaires comme le font ies vésicatoires, le papier Wîinsy, est plus doux mais moins actif, les tisanes à base chaude, que l’on doit déjà connaître, sont employées avec succès, se tenir chaudement comme pour le rhume, puis graisser la poitrine avec de la pommade à la fleur de millepertuis ou du beurre de muscade ou avec de l’huile de camomille non camphrée ou avec de la pommade de laurier. On reconnaît la pleurésie à une forte inhalation d’air qu’on fait, qui permet de sentir une assez vive pression intérieurement sur les côtés de la poitrine ; on reconnaît la bronchite, à la même inhalation d’air qui ne peut être longue sans provoquer une toux vive. On reconnaît lequel lobe du poumon est engorgé dans le rhume, ou dans la fluxion de poitrine par les sensations lancinantes qu’on sent plus d’un côté que de l’autre, par

le lait de cette inhalation d’air forcée.

Catarrhe et asthme.

Le catarrhe et I’athsme sont de la même famille, localisés dans le poumon; ils proviennent ou d’héritage ou de rhumes négligés, les cellules pulmonaires ont pu résister à la décomposition que produit la phthisie, et ont donné asile à une maladie, longue, très pénible, et jusqu’à ce jour peu guérissable, hors dans les temps de sa naissance. Les diverses températures jouent un grand rôle dans ces maladies, et fournissent au poumon un air plus ou moins supportable ; air qui trop froid et trop humide provoque des contractions des bronches, enfante des quintes de toux chargées de crachats visqueux qui ne s’émettent pas facilement, l’air trop chaud n’est pas aussi à craindre; mais il est bon d’étudier celui qui est le plus irritant afin de l’éviter ou de le modifier dansi’intérieur des appartements, en y plaçant un vase contenant un peu de goudron végétal, ou arroser le parquet avec de l’eau phéniquéeà dix grammes d’acide phéniquesur mille d’eau.

L’usage de l’Eau-Bonne le matin, à jeun et le soir une heure avant le dernier repas est excellent, un verre à chaque fois coupé d’un quart de verre de lait bouilli. La graine de moutarde est encore bonne en ce qu’en descendant elle s’enroule des glaires qui tapissent

l’estomac et y produisent un foyer, qui se repercute sur le poumon. En prendre deux cuillerées par jour, une heure avant les repas, à l’aide d’un verre d’infusion de lierre terrestre et d’hysope pour calmer les quintes, boire d’une iufusion de fleur de coquelicot ou de fleur de romarin ou de millepertuis; de camomille ; eau de goudron, eau galvanisée enseignée par mon lucide Ravet, eau qui se fait en déposant une rondelle en zinc de la grandeur d’une pièce de dix centimes percée au milieu pour y passer un fil de fer, ajouter, couvrant la rondelle de zinc, un clou de même poids à peu près, emplir d’eau puis une cuillerée à café de bon vinaigre; taire ressortir du verre, en le pliant en dehors, le fil de fer qui tient le zinc et le clou de manière qu’il trempe dans un autre verre d’eau pure, jusqu’au tiers du verre Laisser ainsi vingt-quatre heures, puis le matin à jeun boire ceverred’eau, qui se trouvera suffisamment galvanisé. Remettez d’autre eau jusqu’au lendemain. Coupez le vin d’eau de Vichy, prendre quelques pastilles de Vichy (voir l’article phthisie.)

Phthisie

Que de remèdes ont été employés; que de régimes ont été suivis ; que de climats ont été recherchés pour, en fin de compte, non pas guérir, mais procurer un faible soulagement aux malades? Notre lucide Adèle, qui a consi

dérablement plus traité de cette terrible maladie que des autres, et à laquelle on s'adresse quand toutes les médications connues sont épuisées, car elle ne reçoit ordinairement que des abandonnés, que des condamnés par le praticien officiel; notre lucide disons-nous, a reconnu généralement que les tisanes à bases chaudes sont préférables à celles à bases froides, aussi elle conseille ordinairement, le matin à jeun, un verre d’infusion de cinq bourgeons de sapin dans du lait bouilli sucré, dans la journée, boire peu à la fois, mais très souvent, tiède, delà tisane suivante :

Faire bouillir pendant dix minutes dans un litre d’eau, 15 grammes raisin de Corinthe, 15 grammes raisin de Malaga, 6 dattes, y faire fondre 60 grammes de sucre candi, puis verser (pour infuser seulement) sur une pincée de fleur de pas-d’âne, ou si la toux est trop irritante, sur une pincée de fleur de coquelicot. Le soir, bien graisser la poitrine avec de l’huile de camomille non camphrée et couvrir de ouate, ou d’un morceau de flanelle. Bien essuyer avant de graisser à nouveau, et mettre d’autre ouate pour la journée. Suivent les infusions qui remplacent la tisane précédente quand on n’en éprouve plus de bien. Infusion de fleurs de bouillon blanc passée a travers un linge fin, et blanchie d’un peu de lait bouilli (sucré) ou de lichen, ne prendre que la deuxième infusion, jeter la première, et blan-

chie de lait également ou de lierre terrestre et d’hisope, une prise de deux doigts de chacune par verre d’eau (sucrer) ou de thym dans du lait, ou de petite sauge, de Heur de romarin, de menthe, de mélisse, également dans du lait. Ces infusions se prennent ordinairement le soir en se mettant au lit, ainsi qu’un lait de poule, comme nous l’avons indiqué, à l’eau, composé d’un jaune d'œuf bien mêlé dans un verre d’eau chaude, sucrer et y ajouter une cuillerée à café d’eau de fleur d’oranger. Elle emploie également différents sirops pris par cuillerée plusieurs fois dans la journée. Sirop de mou de veau, de tolu, pectoral, de gomme.

Couper le vin des repas avec de l’eau de Vichy, source Mesdames, d’eau de goudron, d’eau galvanisée, celle qui précède-, d’eau poncée, laite en laissant séjourner une piere ponce dans un litre d’eau, vingt-quatre heures. Cette eau est excellente, bue àjeun, dans l’asthme et le catarrhe, ou d’une infusion de lierre terrestre, ou de quatre feuilles d’oranger par litre d’eau. Pas de vin pur ni de liqueurs. Café très faible. Cette maladie a trois phases différentes: la première est le rhume, n’offrant aucun danger, quand il est soigné comme nous l’avons enseigné, sans retard. La deuxième est plus inquiétante, en ce que le poumon se couvre de pustules, qui, tant qu’elles ne se joignent pasles unes aux autres, peuvent

être cicatrisées par de grands soins. La troisième offre du danger, en ce que ces pustules (ou boutons) se sont étendus, se sont joints formant par ce fait ce qu'on nomme caverne L’on peut espérer cicatriser les cavernes, mais elles sont la dernière période, en ce que les tissus du poumon fondent vite et amènent la mort.

La science médicale officielle, après tani d’études, desoins pénibles, d’espoirs déçus ne sait en fin de compte, que conseiller l’air de la campagne et le lait d’ânesse au phtisique, elle n’abandonne pas pour cela, l’espoir d’être plus heureuse dans l’avenir, et de guérir cette cruelle maladie ; mais, pour le présent, elle sent à regret son impuissance, le somnambule a comme elle, ses déceptions, il serait injuste de le nier.

Nous ne sommes pas de ceux qui croient que l’homme a la faculté de marquer les heures d’entrée et de sortie de ce monde, le créateur du ciron à l’éléphant, a seul monté les rouages de chaque existence, pour des heures qu’il a comptées. Il est vrai qu’il nous a laissé la faculté de graisser les pignons de ces rouages afin d’en adoucir les frottements; mais là se borne notre puissance ! Chaque maladie est guérissable et mortelle, elle est une mise en scène ou une tin d’acte, son auteur y a ménagé des coups de théâtre imprévus qui eau-

THÉRAPEUTIQUDUE MAGNETISME

sent notre étonnement, et nous forcent de baisser la tête!

Dans la phtisie au premier degré, la traiter comme les rhumes de froid ou de chaleur, étudier l’etïet des remèdes, passer de l’un à l’autre, ou les combiner.

Dans le deuxième degré, qui menace trop d’enfanter le troisième, pour craindre l’emploi de remèdes plus énergiques, et qui, comme le troisième degré, autorise de jouer le tout avec le tout, on peut essayer des moyens suivants, moyens qui, pour nous personnellement, n’ont été que bienfaisants; puisque selon les appréciations de la science officielle, nous avons pu cicatriser le côté gauche de notre poumon au point de n’otfrir maintenant que la moitié de son volume. Nous croyons devoir ce succès plus complètement aux manipulations photographiques qui nous ont permis d’absorber des vapeurs métalliques, d’un effet cicatrisant très énergique. En effet, si nous conseillons l’emploi du sel d’argent (ou la pierre infernale) pour les cicatrisations des ulcérations intérieures et extérieures, l’emploi des poudres de fer, et de la boule d’acier de Nancy, dans le but de cicatriser des déchirures internes, occasionnées par des chutes ou des coups; ou encore pour cicatriser des ulcérations de l’estomac, des intestins et des autres viscères; c’est que ces métaux sont réellement d’une nature astringante et cicatrisante.

Si nous admettons que les pauvres ouvriers qui travaillent la céruse, que ceux qui dorent par le mercure, sont atteints d’espèces d’empoisonnements lents et mortels; c’est que le règne minéral n’est pas moins actif que le règne végétal sur l’économie animale; par conséquent, pourquoi n’admettrions-nous pas qu’en aspirant des vapeurs métalliques, dans des conditions très restreintes, on pourrait cicatriser doucement, et fortifier les cellules du poumon en décomposition?

N’admettons-nous pas que nos papilles tactiles des doigts se durcissent excessivement au contact des acides? Touchons souvent de l’acide sulfurique du bout des doigts, ne paralysons-nous pas la grande sensibilité des houpes nerveuses qui s’y trouvent, au point de pouvoir toucher le feu avec une presque insensibilité? Nous conseillons donc lorsque l’air de la campagne ou le lait d’ànesse conseillés en dernier ressort sont impuissants, de suivre le régime suivant: nourriture tonique, composée de viandes grillées ou rôties, telles que bœuf, mouton, canard, pigeon et vin généreux; tisanes à base aromatique, comme il précède ; exercice selon les forces à un air pur, puis, deux fois par jour, entre les repas, faire trois ou quatre inhallations de l’arôme émané, par un bain composé de 10 grammes de nitrate d’argent fondus dans 100 grammes d’eau distillée, y ajouter quelques gouttes

THERAPEUTIQUE UU MAGNETISME

d’éther, agiter le tout et aspirer doucement tant de la bouche que du nez les vapeurs sortant de ce bain, contenu dans une cuvette en porcelaine ou en verre ; ou dans un flacon à large ouverture, qui ne serve qu’à ce bain, le serrer à l’abri de la lumière, il peut servir indéfiniment en y ajoutant quelques gouttes d’éther, lorsque le premier est évaporé, les personnes qui craindraient les vapeurs de ce bain, peuvent lui en substituer un au sel de fer; mettre fondre à cette intention 10 grammes de proto-sulfate de fer dans 100 grammes d’eau ordinaire, y ajouter 2 grammes d’acide citrique, et 2 grammes d’acide acétique, puis quelques gouttes d’acide sulfurique; en aspirer l’arôme comme du bain d’argent. Il n’y a aucun trouble à attendre de ce remède, qui dans les conditions précitées est inoffensif et qui est cicatrisant à un haut degré ; trois inhalations, pas davantage.

maladies du cœur.

Le cœur comme le système nerveux ne peut guère être malade, mais être simplement entravé dans ses fonctions, par des déformations des artères ou des veines qui le traversent, déformations qui créent des réservoirs de sang nommés anévrisme : ou des réservoirs d’eau, nommés hydropisie. Les troubles

I5T DU SOMNAMBULISME

du cœur se manifestent par des pulsations irrégulières très fortes et très vives parfois, ou très faibles, et même presque insensibles ; la digitale employée jusqu’à ce jour avec confiance, ne produit aucune guérison dans les cas précités, et nous ne supposons pas qu’il soit facile de remédier à ces déformations et à ces créations, autrement que par une régularisation de ia circulation, au moyen du conseil d’Hippocrate, tenir la tête fraîche, le ventre libre, et les pieds chauds, éviter la nourriture des viandes rouges qui fournit du sang, avoir recours aux viandes blanches qui en fournissent peu. Éviter les trop grandes fatigues de corps et de l’esprit, les mouvements pétulants, les sensations morales vives, températures brusques, avoir recours aux infusions à bases douces et froides, et ne pas désespérer de vivre peu, des maladies qui laissent mourir le patient de vieillesse, n’ont de dangereux que les incommodités qu’elles causent.

Maladies du foie et de la rate.

Les troubles du foie sont le plus souvent occasionnés par un excès de bile dans le réservoir qui la contient; ainsi que par la nature du sang qui le traverse et dont il est l’épurateur. Il peut s’en suivre une jaunisse occasionnée par un mélange de la bile et du sang, et ce dernier tourner et en-

gendrer une hydropisie locale ou générale.

Il est donc bon d’avoir recours aux purgations et aux tisanes à bases rafraîchissantes quoique dépuratives, telles que la camomille, la centaurée, la saponaire, la racine de patience, de grande consoude, salsepareille, les alterner cependant avec la limonade, eau gommée, capillaire, orangeade. Les purgations sont, la limonade au citrate de magnésie, l’huile de ricin, la manne, l’élixir toni anti-glaireux. Dans le cas où on ne pourrait se procurer de limonade au citrate de magnésie, on peut la remplacer par trente grammes de sel de magnésie dissous dans trois verres de limonade ordinaire, bien sucrée et filtrée à travers une flanelle, prendre chaque verre à jeun de quinze en quinze minutes. La manne et l’élixir sont plus actifs pris dans une infusion de violette (trente à quarante-cinq grammes de manne), une à deux cuillerées d’élixir.

Dans les troubles de la rate qui se manifestent par des points au côté gauche, comme les troubles du foie en occasionnent au côté droit près des fausses côtes, ainsi que des idées tristes, inquiètes, dégoûtées de la vie; on doit suivre le même traitement que pour le foie; en ce que la rate qui doit toujours être traversée par un air pur et frais, se trouve par le loyer qu’a allumé l’excès de bile dans ce viscère, être

ET DD SOMNAMBULISME

très agitée, par la chaleur de cette liqueur, chaleur qui n’est nullement la sienne.

Dans tous les troubles dont nous venons de nous entretenir, l’on doit pressentir de quelle manière il laut les magnétiser: c’est, avant tout, d’opposer des organes en meilleur état de fonction que ceux malades. Puis en posant les mains toujours en opposition, sur les parties affectées, par exemple pour les bronches, sur le haut de la poitrine, pour la plèvre, sur le milieu de la poitrine, pour le cœur, un peu plus près du creux de l’estomac, au milieu de la poitrine dans une inclinaison de droite à gauche, pour le foie sous le sein droit, plus près des fausses côtes, pour la rate sous le sein gauche, et sur le rein même direction; la main gauche ou droite sur le rein en regard de l’autre, apres cinq minutes de séjour, les descendre lentement jusqu’au bas du buste, secouer les doigts, replacer les mains ainsi deux ou trois fois, et les redescendre de la même manière. Nous recommandons l'usage de l’eau magnétisée intérieurement; puis de bien laver ses mains comme nous l’avons dit précédemment, atin de ne pas s’inoculer quelques germes des maladies qu’on regretterait de posséder.

Maladies de l'estomac et des intestins.

La nomenclature des maladies de l’esto-

mac et des intestins est trop compliquée pour que nous ne la réduisions pas sous deux seuls noms : Gastrite et inflammation des intestins , noms qui les contiennent toutes. L’on doit penser que chacune de ces maladies diverses et que chacune de leurs phases exigerait des détails très étendus qui doivent être considérablement simplifiés, pour ne pas fatiguer le lecteur à nous suivre dans des explications, qui l’inquiéteraient plus qu’elles n’ajouteraient à son instruction. Les mots gastrite,gastralgie, affection du pylore, du pancréas, péritoine, hydropisie, squire, polypes, ulcérations, cancer, convulsions nerveuses de l’estomac et des intestins, coliques néphrétiques,diabète , sont autant decauses différentes qui enfantent tous les troubles remarqués dans ces principaux organes de la vie.

L’engorgement ou l'empâtement des muqueuses et des vrillositées qui tapissent ces organes soit par des glaires, des mucosités de toute composition, excès de bile, d’acide chlorhydrique, acétique, qui sont autant de dissolvants nécessaires à la division des subtances nutritives, ne pourront que produire un foyer qui portera les plus grands ravages dans toute l’économie. Le surabondance de vers de toute nature, de l'helminthe au lombric et au tœniœ sont d’autres causes de ouveaux troubles. Des embarras intestinaux, un arrêt dans la circulation

des matières fécales ou dans celle du sang, comme de tous les liquides et des fluides, trouble et corrompt à leur naissance les subtances qui doivent les fortifier et les remplacer à L’occasion. L’air si utile, comme nous l’avons dit, à la circulation tant dn sang que des subtances nutritives; se trouvant surchauffé par les foyers qu’il rencontre dans ces localités, s’y comprime et, s’y dilate de manière à y produire les plus grands troubles. Les nerfs à son contact se retirent sur eux-mêmes, se nouent et produisent des contractions et des spasmes qui provoquent jusqu’à la syncope, et finissent par sortir sous le nom de vents, qui, quand ils sont sortis par en haut ou par en bas, dégagent les intestins et l’estomac de leur cause de trouble.

L’air qui se trouve séquestré ainsi dans les conditions précitées, devient la cause de la plus grande partie des maladies qui assiègent l’humanité. Qu’il se trouve engagé dans une artère, dans une veine, dans quelques vaisseaux que ce soit, concourant pour une part quelconque au mouvement de tous les constituants de la matière, tout le corps s’en sent, par un effet de contiguïté, de répercussion. Une seule goutte de sang arrêtée dans sa course devient une espèce de batardeau, qui retient l’écoulement de la vie, oserons-nous dire. Ces arrêts dans la

THÉR.AVEUT1QUE DU MAGNÉTISME

circulation peuvent encore être produits par un état sédentaire, des occupations de cabinet, ou des excès de travail, ou de table, ou d’alcôve.

Ce que nous venons de dire enfante les troubles qui doivent résulter de ces mauvaises fonctions, troubles qui sont un arrêt dans le passage des matières nutritives, par conséquent un engorgement général du grand tube digestif portant différents noms, de l’oesophage au rectum.

Qu’on jette un simple coup d’œil sur cet embargo et qu’on admette comme cela, existe, la fermentation des substances que ce long tube contient! s’il arrive que des valvules intestinales aux vrillosités de l’estomac soient dans la plus complète inaction faute de ne pouvoir absorber et distiller des sucs nouveaux, comment pourront fonctionner les innombrables suçoirs intestinaux qui déversent chacun leur gouttelette de la substance qui est la base du sang, dans la veine cave qui est le premier ffeuve sanguin du corps! qu’on suive bien par la pensée, les attentes, et les déceptions de chaque organe et de chaque fibrille, ainsi que les agitations des pensées qui parcourent cette magique machine humaine.

Voyons de même les myriades de vers, d’a> imaux différents qui chacun attendent en vain leur nourriture quotidienne, et qui sont réduits à la plus complète abstinence? N’ad-

mettrons-nous pas que ces nécessités d’absorption enfanteront le trouble, la colère, le combat, une irritation générale jusqu’à satisfaction de leurs besoins ! Hélas ! ne frisons-nous pas par ce tait les ulcérations de tous genres, les engourdissements de toute nature et la décomposition lente et en petit de l’édifice humain? Ne reconnaissons-nous pas qu’Hipocrate avait raison, et qu'une absorption d’un liquide actif par en haut, ou d’un liquide laxatif par en bas seraient du meileur effet?

Nous ne parlons pas des créations incroyables que ces troubles peuvent enfanter, nous en avons déjà trop dit pour ne plus oser penser à de si compliqués germes de troubles.

Ne nous occupons pour le moment qu’à nettoyer, si nous le pouvons, ce grand tleuve de la vie, si nous n’osons le nommer égout de la vie.

Pour connaître mieux ce qui se passe intérieurement, étudions ce que nous émettons extérieurement. Les matières fécales et les urines nous seront d’un grand secours à cette intention. Si ces matières n’ont pas des sorties régulières, nous devons nous inquiéter. Si ces sorties son; à des intervalles de deux, trois jours et plus, nous devons tâcher de les régulariser à un jour. Si elles sont dures, sèches, noires ou d’une couleur vert foncé, elles annoncent un tempérament bilieux électrique.

Si elles sont moins dures, mais vertes, c’est

encore un tempérament bilieux, mais moins chaud. Si elles sont jaune aurore, et même sanguinolentes, elles découlent d’un tempérament sanguin bilieux. Si elles sont d’un jaune plus pâle, entourées de glaires blanchâtres, c’est un tempérament lymphatique glaireux ; si elles sont à l’état de diarrhée verte ou jaune vert, c’est un débordement de bile, jaune, ou de glaires; dans les deux cas, c’est le signe d’un grand foyer causé par l’une de ces substances. Les urines doivent répondre à ces matières, en étant d’un jaune aurore et sablonneuse pour les natures bilio-électriques, d’un jaune moins foncé pour les natures bilo-lymphatiques, et, d'un jaune paille pour les natures glaireuses. Ces urines même prennent en gélatine au fond du vase, dans tous ces cas, que devons-nous faire ? Donner un coup de balai qu’on nous permette cette expression, dans ce cloaque atin d’en chasser au dehors les ordures qui l’encombrent. La graine de moutarde remplit assez bien l’office de balayeuse, en ce que descendant et traversant lentement ce long tube, en roulant surelle-même, elle s’empêtrera dans les matières glaireuses qui paralysent les vrillosités de l’estomac et tapissent les parois des intestins; elle finira par les entraîner avec elle, par un efiet de pesanteur; et produira un véritable ramonnage mécanique qui forcera l’orifice de l’estomac, comme le rectum, de la lais-

ser passer, et avec elle ce qu’elle entraînera.

L’usage de cette graine convient mieux aux tempéraments humides qu’aux tempéraments secs, en ce qu’elle absorbe forcément un peu d’humidité ; aussi, dans l’hydropisie, est-elle d’un effet salutaire ; mais les tempéraments secs s’en trouvent moins bien par le trouble qu’elle produit, à la longue, dans l’anse du gros intestin, il faut recourir aux lavements; puis en suspendre l’usage une semaine sur deux: la prendre en plus avec des infusions à bases froides si l’estomac le permet. C’est encore là où nous prions l’étudiant de fixer son attention. Si l’estomac est le premier dégustateur des substances qui le traversent, il doit en avoir enlevé la quintessence; et si vous avez envie, par exemple, de rafraîchir le bas du corps, votre infusion ne peut y atteindre dans les conditions désirées. 11 peut arriver aussi que cette infusion à base froide soit très contraire à l’estomac ou à la poitrine, et utile aux voies urinaires; c’est donc dans cette circonstance où il faut attaquer le mal des deux bouts. Concilier les remèdes avec les organes auxquels ils s’adressent. Si l’estomac ne peut supporter l’infusion adressée au gros intestin, envoyons-là à ce dernier au moyen de l’irrigateur, et donnons à l’estomac celle qu’il accepte. Cependant n’introduisons pas, comme nous l’avons dit, des remèdes héroïques par en bas. La liste des

lavements les plus usuels se compose à peu près ainsi : Lavements laxatifs ou •purgatifs , gros miel, lait, dans lequel on fera bouillir quelques blancs de poireaux, infusion de feuilles de violette ou de séné, adoucissants , huile d’olive pure, eau de graine de lin, de guimauve, et quelques fleurs de coquelicot; ou un quart de tête de pavot: sont calmants : Sont rafraîchissants : pariétaires, mercuriale, eau de son, de riz.

A la graine de moutarde, on peut substituer la graine de lin et les purgations douces, pour les tempéraments bilieux, en ce que les nerfs sont déjà assez agi tés parla nature de la bile qui les avoisine, sans les agiter davantage par des purgatifs plus ou moins héroïques ; l’aloès même doit être employé avec beaucoup de prudence, et principalement comme anti-vermifuge de premier ordre. Les tempéraments glaireux peuvent, au contraire, faire l’emploi de cette gomme et principalement d’élixir tonianti-glaireux, dont la composition un peu héroïque, est d’une bonne combinaison à cet effet.

La manne et l’huile de ricin conviennent aux bilieux électriques: la limonade au citrate de magnésie, et le sulfate de magnésie, trente grammes dans deux verres, camomille (sucrer) convient aux tempéraments bilio-lympathiques. Pour diminuer la dose d’élixir, et activer lapurgation, mettre une cuillerée à soupe

d’élixir tonianti-glaireux dans un verre d’une décoction d’une cuillerée à soupe de miel de Narbonne, bouilli deux minutes dans l’eau, dans cette décoction on mettra infuser seulement une petite pincée de tumeterre. Trente grammes de manne dans une infusion de douze feuilles de séné, la rendplusactive, deux cuillerées à café de magnésie calcinée dans un bouillon de veau purgent doucement; mettre infuser vingt-cinq grammes de feuilles de séné dans cent grammes huile d'olive pendant quarante-huit heures, en prendre une ou deux cuillerées distancées d’une heure.

Nous ferons observer que si l’on mettait dans un vase, comme une cornue, par exemple, à digérer sur un feu de 40 degrés, un potage aux choux, un morceau de pain, du foie sauté, ou une côtelette, un verre ou deux de vin, une salade, une tasse de café noir et un petit verre d’alcool ; que le vase ne laissât échapper aucune des vapeurs que doivent répauüre ces substances; n’admettrait-on pas que le contact de leur hétérogénéité enfanterait des changements d’état, des vapeurs condensées à un tel excès qu’elles feraient des efforts inouïs pour trouver le moyen de sortir de ce laboratoire, très physiquement chimique. C'est donc ce qui doit arriver dans toute digestion paralysée, et stagnante dans l’estomac; les troubles physiques de l’expérience précitée sont ceux de l’autre. Admettez

aussi que nous analysions chimiquement ces substances après un séjour de quelques heures dans ce foyer de décomposition, nous y trouverons des liquides chargés d’acide acétique, chlorhydrique, sulfurique, tous plus ou moins nécessaires à la nutrition, mais dans des conditions de dosage qu’il ne faut pas mépriser, ce sont de ces dosages que s’engendrent les constituants du sang, de la bile, des glaires, de la lymphe, des liquides et humeurs de toutes espèces; et des substances osseuses, ou cartilagineuses, pileuses, etc.

L’estomac est donc le grand vestiaire de ces peuples divers,qui forment notre domaine, C’est chez lui qu’ils déposent leur vêtement, par trop matériel, pour en revêtir un autre, plus diaphane : c’est dans ce laboratoire où les modifications d’état, des pensées, et des manifestations futures se préparent : il faut donc que ce lieu soit méthodiquement fonctionnant; qu’il ne soit ni surchargé, ni paralysé dans ses opérations; c’est à la raison d’étudier les moyens de direction de cet entretien de la vie. Dans les digestions pénibles, nous avons remarqué que, généralement, une cuillerée d’absinthe marine prise dans un quart de verre d’eau, les précipitait et dégageait l’estomac; c’est bien à tort qu’on prend de cette liqueur avant le repas pour aiguiser l’appétit, tout ce qui n’est pas fait naturellement produit un mauvais résultat. Cette liqueur se fait

en mettant infuser une poignée d’absinthe marine, fraîche, dans un litre de bonne eaude-vie, au soleil pendant quelques jours, ou à une atmosphère chaude.

La magnésie anglaise est encore d’un bon secours contre les embarras de l’estomac et comme annulant des aigreurs, des vapeurs brûlantes qui montent dans la gorge, des pituites et eaux âcres qui inondent souvent la bouche; cette poudre prise à la dose d’une cuillerée à café dans un peu d’eau sucrée, après le repas, aide à la digestion comme l’absinthe, et, en plus, détruit le feu des acides précités, deux pastilles de Vichy sont encore d’un bon effet, ou deux pastilles de menthe poivrée, qui agissent contre les vents. Il est donc bien entendu que nous suivons une hygiène applicable à nos besoins, que nous entretenons un libre parcours dans ces vastes vaisseaux, tel nous l’enseignons et que nous laissons de côté les idées, et leurs noms: gastrite, pylore, convulsions, etc. Ne nous droguons pas par faiblesse ou par inexpérience.

Le moins que nous absorberons de remèdes, mieux ils opéreront: moins nous ferons attention à des troubles passagers, moins nous serons malades.

L’emploi intérieurement de l’eau magnétisée est d’un salutaire effet, dans cette occasion, la sucrer légèrement et la faire tiédir. Le thé est trop connu pour que nous

Je conseillions. L’on peut en plus se magnétiser soi-même par des passes descendantes à partir du milieu de la poitrine, contournant le dessous du sein gauche, revenant en serpentant au creux de l’estomac, puis passant sous les fausses côtes de droite, revenir et séjourner un peu sur l’ombilic, ou nombril, puis terminer en descendant vers l’aîne gauche. Si des gaz font des efforts pour sortir, qu’on les rende à son aise ; qu’on agisse de même envers les personnes qu’on magnétise en les facilitant à sortir: lorsqu’ils sortent, ils sont souvent fort nombreux et si bruyants qu’on ne peut supposer une telle force ni une telle capacité d’étendue que celle qu’ils présentent à l’état de dilatation. A défaut des magnétisations on peut en faciliter la sortie par l’absorption de quelques gouttes d’alcool de menthe sur un morceau de sucre, ou dans un peu d’eau sucrée, ou d’une cuillerée à caté d’eau de fleur d’oranger, d’eau de mélisse des carmes, de brou de noix, d’essence de romarin, de lavande, ou quelques pastilles de menthe poivrée; si on n’a aucune de ces choses, avoir recours à des linges chauds qu’on applique sur les endroits affectés. L^s coliques très aiguës disparaissent souvent au seul contact de la chaleur de ces linges. Les réitérer jusqu’à entier soulagement.

maladies des voies urinaires.

Les maladies des voies urinaires sont excessivement compliquées et nombreuses, surtout celles vénériennes, qui, par chaque phase qu’elles passent, prennent un tel accroissement d’intensité, qu’elles en font autant de maladies diverses et dangereuses.

Celles naturelles, ou accidentelles, sont également très compliquées. Des agitations nerveuses, aux rétrécissements des canaux urétères, il existe des manifestations différentes, qui sont autant de maux exigeant des remèdes appropriés. Des traités spécialement consacrés à ces affections existent, et sont loin d’être complets, pouvant en traiter dans toutes leurs variétés !

Nous disons que la propreté de ces parties chez l’homme et chez la femme, en même temps qu’elle est une marque de distinction entre la brute et l’animal civilisé, se trouve être une sécurité dans les rapports des deux sexes, nous disons en plus, que si la raison, plus que la lascivité présidait à ces rapports, elle écarterait beaucoup de troubles de ce genre.

Nous ajoutons que rapprochement doit être très restreint chez les femmes affectées de

flueurs blanches, ainsi que les premiers jours de la cessation de l’écoulement menstruel, ou des suites d’accouchement. Eviter ces rapports en sortant de prendre ses repas, et en commençant sa journée. Le soir permet à la nuit de reposer ces déperditions, qui, toutes naturelles et nécessaires soientelles, n’en enfantent pas moins un relâchement du système nerveux, se manifestant par une faible lassitude, et une prostration chez certains êtres.

S’il est raisonnable de bien disposer de cet acte, il est très irraisonnable d’en mal disposer. Par conséquent, la nature doit le commander, et non les agitations de l’ivresse, ou de conversations lascives. La répétition, sans intervalles raisonnables, prouve un désordre de la matière et de l’esprit.

S’il vous arrive malheureusement d’avoir affaire à la fille soumise, ou à celle qui se soumet d’elle-même, avec moins de garantie, souvent, de sécurité, et que vous ressentiez quelques désordres dans ces parties, n’attendez quoi que ce soit de plus prononcé pour leur apporter de premiers et utiles soins ; puis, après complétez-ies par les conseils de médecins spéciaux.

Dans les faibles ulcérations, nommées chancres volants, qui ordinairement s’attaquent au gland de la verge, ou aux grandes

lèvres chez la femme, lotionnez souvent à l’eau fraîche ou très faiblement touchée d’alcool camphré, ou de quelques gouttes d’extrait de saturne. En quelques jours il n’y paraîtra plus.

Dans les feux d’urines causés par un écoulement, ayez recours de suite à boire trois verres par jour, d’une décoction de salsepareille, de racine de patience, de racine de fraisier, d’une cuillerée de graine de lin sucrée au bois de réglisse, dix grammes de chacun pour un litre d’eau; avec cette tisane, le mal ne peut pas empirer, il ne peut que s'éteindre. Si après un mois, l’écoulement est aussi fort, vous vous purgerez, et continuerez encore quelque temps de prendre le dépuratif conseillé.

Dans les bubons, dépôts, etc., qui viennent ordinairement dans les aines ou sous les bras, prenez du même dépuratif, et aidez à leur développement par de petits cataplasmes. Lorsqu’ils sont suppurents et taris, purgez-vous et continuez le dépuratif précité. Ne traitez jamais brutalement ces maladies, c’est-à-dire ne croyez pas à la vertu assurée de ces remèdes qui, du jour au lendemain, opèrent une guérison, ils ont enfermé le loup dans la bergerie, gare aux ravages ultérieurs.

Des bains locaux et des bains de siège sont d’un grand secours, qu’ils soient à l’eau de

son, de graine de lin, de pariétaire, de mercuriale ; lavements et injections à l’infusion de cerfeuil, de pariétaire, de fumeterre; privations de liqueurs, de nourriture échauffante, et du rapprochement des sexes, les troubles naturels, manifestés par des raretés d’urine, des urines chaudes, chargées de sel urique, ou de sable rouge ou de glaires, etc. demandent avant toutes choses de bonnes fonctions intestinales, puis le secours d’infusion de capillaire, de guimauve, de queues de cerises, de limonade ou orangeade, d’eau de graine de lin, de peaux de fèves de marais, bains de siège ou locaux, lotions saturées d’essence de citron, d’alcool camphrée, d'eau phéniquée à 5 grammes pour 1000, lavements rafraîchissants, injections adoucissantes, l’eau magnétisée est des plus souveraines contre ces désordres.

La limonade, pour les personnes qui peuvent la bien digérer, comme l’orangeade, sont d’un bon secours pour 'les femmes, huit jours avant leurs règles; elles rafraîchissent le sang et le préparent à évacuer abondamment, fort souvent sans procurer de coliques à celles qui y sont sujettes. Ce régime est également très salutaire aux jeunes tilles non nubiles, qui ont de la peine à être réglées. On peut alterner la limonade avec l’infusion d’armoise, prenant huit jours de l’une et huit jours de l’autre : la rue

est également très active dans ces circonstances ; mais pour certains tempéraments, elle offre quelques désordres qu’il est bon d’éviter. (Infusion d’une très petite prise de safran par verre d’eau le matin à jeun), dans les écoulements de ttueurs blanches ainsi nommées, qui ne sont que l’écoulement du suc gastrique de l’estomac, suivant certains médecins, il est bon de traiter les intestins qui y sont pour quelque chose assurément, aiusi que l’estomac qui s’est trouvé être très affaibli. Nous avons reconnu que les infusions de camomille, de fleur d’herbe à mille feuilles, dite herbe au charpentier, la graine de moutarde, sont très salutaires, nourriture tonique, exercice au grand air, éviter de manger des crudités, et les assaisonnements acides.

Nous ne voulons pas terminer ainsi les quelques appréciations qui précèdent, sans vous donner un conseil sur les pénibles états de la femme dans l’enfantement et dans l’accouchement, états qui se rapportent trop aux organes de la génération pour en être séparés. t e conseil consiste à employer le magnétisme, tant pour calmer les troubles de la grossesse que ceux de l’accouchement ; dans la grossesse, la mère et l’entant se trouvent très bien de l’action magnétique, à passes volantes; comme par l’application des mains sur les reins, contournant les flancs et reve-

nant sur l’abdomen (le ventre) tous les jours ou tous les deux ou trois jours. Chez les femmes susceptibles d’inflammation dans cet état, par conséquent ayant des garde-robes peu régulières, etc., l’absorption continuelle de la graine de moutarde et d’eau magnétisée, sont d’un excellent secours, et donnent un non moins bon résultat, à défaut d’eau magnétisée, de l’infusion de capillaire.

Dans l’accouchement pénible, il est bon de poser les mains du nombril à l’angle des aines, et sur le mont de Vénus même, la pointe des doigts sur le vagin ; et faire force insufflations à chaud, au-dessus de ces parties; on sera d’autant plus encouragé dans celte magnétisation, que la patiente elle-même accusera le plus grand bien de son effet. L’on doit comprendre qu’il doit s’ensuivre une grande détention nerveuse ; par conséquent un relâchement de ce système, qui permet aux muscles plus d’élasticité ; et offre à la malade la force et le courage, si nécessaires dans cetté douloureuse circonstance.

Lui faire prendre un verre de vin chaud et sucré dans lequel on aurait fait infuser une prise de fleur de bleuets des champs, cette infusion est aussi active, et bien moins dangereuse que celle du sel ergoté qu’on emploie ordinairement.

Cancer au sein, ulcères à la matrice, descente de cet organe.

Le cancer au sein est une des plus terribles maladies qu’il existe. Sa cure est difficile, il faut en fin de compte avoir recours à l’opération, qui n’est fort souvent qu’un dérivatif. Le cancer n’attaque pas que la poitrine, il.se remarque dans la bouche, dans l’estomac, et dans d’autres parties du corps, mais celui du sein est beaucoup plus commun surtout en nos temps, soit que le sang ne soit généralement plus dans l'état de pureté qu’il était précédemment, il est plus prêt à entrer en décomposition. C’est lui qui est la première cause, le premier germe du cancer, de ce présumé animal qui dévore la vie à qui lui donne asile. La médecine n’est pas encore à même de définir cette affection mortelle, il suffit dans celui qui naît au sein, qu’un coup quelconque ait atteint cette source de la vie dans la maternité, que les nerfs si nombreux qu’il contient, aient été froissés; que le sang s’y soit fixé pour lentement enfanter une varicocèle, ou une sarcocèle. La varicocèle est formée d’une déformation des veines comme dans les varices, cette déformation est occasionnée par la tension des nerfs autour d’elles, plusieurs veines peuvent ainsi se trouver comme étranglées par les filets nerveux qui les avoisinent et les entourent. Le cours du sang n’ayant plus lieu

fl?*!

librement, il s’enflamme, ce qui enflamme les nerfs eux-mêmes, de là s’en suit une décomposition du sang que contient le sein.

L’humeur demande jour, le scapel le lui donne.

Qu’y avait-il à faire; qu’y avait-il à faire ! il y avait à faire aussitôt le coup reçu, d’appliquer dessus une compresse d’arnica, et selon son étendue d’y poser une ou deux sangsues; l’on fait le contraire, en disant cela ne sera rien, ce qui dans la majeure partie des cas est vrai, mais ce qui ne l’est pas malheureusement dans les autres. On laisse le mal s’implanter, prendre possession et s’étendre dans toute la localité, et lorsqu’on veut le chasser, il n’est plus temps.

La sarcocèle se déclare d’une autre manière, c’est le système nerveux qui s’est trouvé offensé et qui réagit sur le système veineux, en se raidissant, se nouant, formant faisceau et acquérant la dureté d’un corps dur ainsi que, l’insensibilité d’un corps sans vie ; il m’a été donné d’apprécier avec quelque soin, cette terrible création. Une brave femme, veuve, vigneronne de son état, étant âgée d’une cinquantaine d’années, demandait secours à Adèle contre un mal au sein qu’elle avait, mal qui n’était autre qu’une sarcocèle. Après bien des graissages et des soins de toutes sortes, Adele n’avait pu qu’adoucir, mais noii guérir ce mal. Je me trouvai être poursuivi par l’i-

dée d’employer le magnétisme pour voir si je serais plus heureux, je proposai à la malade de me laisser lui magnétiser son sein, ce qu’elle accepta de tout cœur. Lorsque j’eus palpé la grosseur qu’il renfermait, je fus indécis d’entreprendre une telle cure; mais je m’étais trop avancé pour reculer, j’aurais désespéré cette pauvre femme; j’entendais le faire par amour fraternel, et non autrement, car je n’ai jamais voulu recevoir un denier, pour ce genre de service. Je commençai donc un soir, convenant avec la malade que tous les soirs après sa journée, elle viendrait se soumettre à mon action. La création que je tentais d’annuler, pouvait avoir à sa base cinq centimètres de diamètre et deux centimètres et demi d’épaisseur formant un cône. Cette glande, je l’ai dit, était d’une dureté et d’une insensibilité incroyables, le premier soir après une manipulation de vingt minutes, il me sembla avoir un peu amolli ce corps. La malade dormit cette nuit-là d’un sommeil qui ne lui était pas ordinaire. Le lendemain et jours suivants, j’obtins les mêmes résultats. Je continuai ainsi pendant six mois, obtenant des améliorations qui me faisaient présumer que je remporterais un succès complet, j’étais arrivé à ne plus sentir entre mes doigts qu’une grosseur d’une petite noix. Sur les derniers temps cette grosseur reprenait tous les jours son premier volume. Plusieurs de mes amis fu-

THÉRAPEUTIQHE DU MAGNÉTISME

rent à même de la toucher, et de comparer celle qu’elle avait lorsque la magnétisation était terminée avec celle précédemment de cinq centimètres, elle restait à deux à peine à chaque fois, j’avais contre moi que cette femme était une travailleuse de premier ordre, nerveuse extra, bonne et tranche créature, mais comme on le dit, ayant la tête près du bonnet! tous les soirs je laissais son sein à taire croire que le lendemain il serait guéri, mais le lendemain, elle recommençait au jour levant à biner ses terres et tailler ses vignes, ce qui détruisait le bien-être que j’avais obtenu la veille. Il arrivait aussi trop souvent qu’une voisine qui lui en voulait, lui cherchait dispute, ce qui mettait ma malade hors d’elle ! ô ! ces jourslà je retrouvais son pauvre sein comme à la première fois; il me fallait recommencer ce pénible travail : je dis pénible travail en ce que sortant de serrer, de presser cette glande entre mes doigts dans l’intention de la dissoudre, ce dont je pouvais faire sans craindre de lui faire du mal, je me trouvais, des doigts au haut de l’épaule, tellement cramponneux et douloureux que j’étais quelque fois quelques heures avant d’en recouvrer l’usage libre, j’oublie de dire qu’il n’y avait pas quelaglande à dissoudre ; mais qu’il y avait une création nerveuse et sanguine, plus grosse que le pouce, longue de dix à douze centimètres, qui lui était attachée et se perdait sous l'aisselle.

Ce fut cette création que j’attaquai en premier lieu et la fis disparaître à jamais, après un mois de magnétisation. Je demandai à cette femme quinze jours complets de repos absolu et que je répondais d’une guérison parfaite.

Je ne pus l’y faire consentir, la guerre de 70 arriva, qui nous sépara. Elle employa tous les remèdes que l’un et l’autre lui conseillaient, et ne voulut pas avoir recours à l’opération, son mal empira et l’emporta. Je restai convaincu que je serais venu à bout de la guérir, si elle avait voulu m’écouter, je conseille donc dans ces cas d’employer les compresses d’eau magnétisée: des magnétisations heurées; et de tenir le sang dans un état de fraîcheur par des tisanes rafraîchissantes, et de douces purgations réitérées.

Ulcère de la matrice. Nous nous trouvons, par l’ulcère, devant un autre mal qui n’offre pas les mêmes dangers, loin s’en faut, mais qu’il faut conjurer par un traitement approprié, l’ulcère de la matrice peut provenir de differentes causes.

1° L’abus du plaisir vénérien;

2° Erosion du col de la matrice (nommé museau de tanche) par l’engagement de cette dernière dans l’utérus, ou la rencontre plus ou moins brusquement de la verge de l’homme ;

3° Un engagement plus fort la poussant jusqu’à l’orifice de l’utérus, le frottement, dans

la marche, des grandes lèvres sur elle (l’ulcère);

4 e L’emploi des pessaires trop durs, de ballonnets et d’anneaux de même nature, ne tardent pas à produire des excoriations qui suintent un mucus sanguinolant, excoriations qui vont de plus en plus en s’agrandissant et atteignent les petites lèvres même du museau de tanche, les entament de manière à ce qu’elles ne peuvent plus tenir le sang mensuel; de là s’en suivent des pertes et des troubles très graves ;

5° L’introduction sans nécessité du spéculum, et l’abus de cautérisations par le nitrate d’argent. De faibles ulcérations que de simples injections d’une infusion de feuilles de noyer, ou de cerfeuil, ou de petite sauge, d’eau faiblement saiée, ou d’un peu de vin tiède, feraient disparaître en les cicatrisant; quand, au contraire, on les agrandit parles moyens précités. Le rapprochement de l’homme et de la femme doit être supprimé, jusqu’à cautérisation parfaite.

descente de matrice. La descente de cet organe provient également de plusieurs causes. 1° Une grossesse placée très bas tire sur les ligaments suspenseurs de la matrice, et fait que celle-ci, débarrassée de son fardeau, ne peut plus remonter et prendre sa place.

2° Un accouchement laborieux produit les mêmes résultats, si l’enfant sortila sage-femme

ou Je médecin ne repoussent pas intérieurement cet organe ; dans les deux cas que je cite, on doit faire prendre une position à la maiade qui facilite les ligaments à se raidir en la faisant rester couchée sur le dos pendant quelques jours, les jambes plus élevées que le buste, la descente n’aura plus lieu.

3° Lever un fardeau les jambes écartées.

Atteindre quelque objet placé à une hauteur qui force à allonger les bras pour l'atteindre,

Une chute sur le derrière.

L’exercice du gymnase ou de l’escrime sont autant de causes qui produisent la descente.

L’emploi des ceintures fort chères qu’on conseille à cette occasion, ne remplissent pas toujours le but qu’on se propose d’atteindre ; certaines d’entre elles, au contraire, la font descendre encore plus bas. J’ai fait un modèle en ce genre dont j’ai donné l’exécution à une pauvre mère de famille qui en a déjà vendu beaucoup. Car je dois dire que sur vingt femmes mariées, il s’en trouve moitié qui sont dans cette situation, que la matrice est plus ou moins engagée d’un côté ou de l’autre dans l’utérus, et cela par un allongement des rubans suspenseurs de cet organe.

La ceinture dont je parle est plutôt un suspensoir qu’une ceinture, en ce qu’elle passe par dessus les deux épaules, et descend en deux parties, par derrière et par devant, de

façon à passer entre les deux jambes, enveloppant toute la vulve, et se trouvant pouvoir être tendue à volonté, de manière qu’elle soutient le bas-ventre au lieu d’appuyer dessus : puis qu’elle ne coûte que cinq francs quand les autres coûtent trente à quarante francs.

Les seuls remèdes à apporter dans cette blessure, sont d’éviter les pessaires, les ballons et les anneaux qui doublent la gêne plutôt que de l’adoucir. Tenir le vagin et l’utérus dans un bon état de propreté, prendre souvent les injections conseillées plus haut, ainsi que des fumigations sur le vase de nuit, comme il est enseigné à l’article fumigations, puis d’avoir recours au suspensoir du genre dont nous venons de parler. Eviter le plus possible l’acte vénérien, de ne pas lever de fardeaux lourds, serrer toujours les jambes dans tout acte de force, dans les selles rares, éviter les efforts, faciliter la sortie des matières fécales en se posant sur le vase de nuit contenant de l’eau chaude, ne pas laisser les intestins embarrassés.

Péritonite (suite d'accouchement).

Il pourrait arriver, que par un accident, ou une contrariété quelconque, la couche ne marchât pas, et qu’ii se déclarât une péritonite; (envahissement du péritoine par

ie sang); cas très dangereux; il est reconnaissable au gonflement prompt et forcé du ventre, et à l’accusation que porte la malade d’étoutfer; ce cas pouvant devenir mortel, il serait bon, sage-femme ou médecin absents, de poser de suite quelques sangsues de chaque côté des aines, et de toujours tenter par le magnétisme d’ouvrir un libre passage au sang par les voies naturelles. L’infusion d’armoise, ainsi que les cataplasmes, sont nécessaires.

Dans les cas ordinaires, si la malade est disposée à nourrir, elle peut prendre aussitôt, avec prudence, de la nourriture: mais si elle ne nourrit pas, elle doit s’abstenir pendant trois jours, puis travailler à faire passer son lait. Nous voici encore devant un point de départ de trouble-santé, et de grands maux; en effet, une couche heureuse, peut changer en bonne, une santé jusqu’alors chancelante, et d’une faible femme en faire une femme vigoureuse; comme le cas contraire peut se présenter.

Il faut donc se débarrasser, convenablement, du lait que l’enfant n’est pas appelé à absorber, c’est une question à laquelle ou reste trop indifférent souvent. Médecin et sage-femme n’attachent pas assez d’importance à ce travail. Combien de malheureuses, dans la suite, sont troublées de cent manières, couvertes de plaies, ou enfermées

dans une maison de santé, privées qu’elles sont de leur raison.

Il est donc urgent de bien faire passer le lait; et pour cela, il est conseillé de prendre pendant huit jours, trois verres par jour d’une infusion de fleurs de giroflée jaune sans sucre, puis se purger. Continuer alors pendant quinze jours à en boire deux verres par jour et se purger à nouveau. Couper le vin des repas d’une infusion de capilaire de Montpellier.

Dans les engorgements occasionnés par le lait, engorgements qui menacent de produire des glandes, et par la suite des ulcérations et des écoulements, il est bon de graisser les seins deux fois par jour avec la pommade suivante : Mettre sur un feu doux deux cents grammes de saindoux, dix grammes de racine d’orpin et de joubarbe; une pincée de feuilles de pervanche et un oignon de lys. Faire cuire le tout au baininarie ou au feu de cendres, et passer à travers une flanelle. Mettre également sur ces glandes du papier Fayard, et couvrir avec du coton cardé.

Dans le cas d’ulcération (dites crevasses), les laver trois fois par jour avec de bon vin sucré. Graisser le contour avec du cérat saturné, pour rétrécir la plaie

Dans le cas de lait répandu (nom vulgaiment donné à un lait qui n’a pas été^ bien

soigné et qui s’est porté dans un endroit quelconque du corps); suivre le régime suivant afin de faire évacuer ce lait et de rendre le calme aux localités qu’il trouble.

Boire pendant un mois du dépuratif suivant, trois verres par jour, toujours une heure avant les repas. Faire bouillir pendant dix minutes dans un litre d’eau:

15 grammes de salsepareille.

5 — de saponnaire.

5 — racine de patience.

10 — bois de réglisse.

Purger tous les quinze jours, avec trente grammes de sel de magnésie.

Sel urique, SaMe, Gravelle, Pierre.

Nous abordons là une grave maladie que celle enfantée par les créations précitées? Où est la source de ces créations, de quoi sontelles composées? Peut-on les interrompre dans leur enfantement; peut-on s’en débarrasser quand elles sont nées? Nous avons été plus à même que bien d’autres de taire cette étude, en ce que notre bonne lucide, Adèle, fut atteinte de la pierre en 1872, à la suite des émotions pénibles qu’elle éprouva, dans les péripéties de la triste guerre de 1870-1871.

En 1872, elle se trouva rendre du sable en abondance; au sable succéda la gravelle, et à cette dernière de petites pierres. Elle em-

ploya remèdes sur remèdes pendant six années, et n’en éprouva aucun soulagement. Je ne saurais énumérer la quantité de drogues qu’elle a absorbées sans aucun succès. 11 fallait suivre un système avec persévérance, mais la persévérance n’est pas toujours à la disposition de celui qui souffre, surtout quand il n’éprouve aucun soulagement. Elle ne voulait plus se visiter, effrayée qu’elle était de voir l’état du rognon droit surtout qui lui paraissait être presque perforé par les petites pierres qui y séjournaient, et qui étaient assez nombreuses pour en rendre jusqu’à quinze par mois. Ces pierres étaient de toutes formes, mais généralement carrées, portant cinq millièmes sur toutes faces, elle rendit aussi deux pierres à des intervalles assez éloignés; elles étaient grosses comme un fort haricot de Soissons, même forme, portant un fort centimètre en longueur. lime fut facile de voir à l’aide d’une forte loupe, qu’elles étaient formées d’agrégats de petites gravelles de couleur jaune rouille: Ne m’occupant pas de recueillir le sable ni la gravelle, qui, dans ce laps de temps, eussent pu emplir un boisseau, je m’en tins aux pierres précitées, j’en ramassai ainsi plus de quatre cent cinquante de toutes grosseurs, que je possède et garde dans une boîte comme pièces à conviction.

Adèle ne voulut plus se traiter et, par ce fai t, me fit avoir recours à des médecins spécia-

listes, qui ne furent pas plus heureux qu’elle Je priai mon lucide Ravet, un jour qu’il était en sommeil, de m’aider de ses conseils en visitant Adèle, et de demander qu’on l’éclairât à cet effet. Après une étude calme comme il sait en faire, il me dit : « Ce qui cause, ce qui enfante la pierre, est le sang trop chargé de chaux, d’albumine et de glaires, lorsque la circulation le conduit dans le foie, travaillé, enflammé par une hile âcre et chaude, il se trouve être chauffé outre mesure, la chaux qu’il contient à l’état invisible ainsi que les glaires et l’albumine prennent un corps, que ce foyer dessèche et cuit, dirais-je; de là naissent du petit sable rouge ou jaune, et de la gravelle à la pierre ; je vous dirai pour être mieux compris, ce sont des petits pains qui cuisent au four. Il en est de même pour les créations qui se font dans les rognons, où passe l’urine ; les mêmes dépôts s’y font et s’y cuisent comme dans le foie, par les mêmes moyens, et par la chaleur de cette grosse veine (1) qui passe entre eux, dont le sang est inflammé par un surcroît de bile chaude et de glaires recuites, qui sont autant d’aliments pour le foyer général. »

Que faudrait-il faire alors pour anéantir cet incendie ? des rafraîchissants, des rafraîchis-

(I ) Artère, aorte.

sants et des purgations réitérées! il ne m’en fallut pas davantage, pour influencer Adèle par des démonstrations et des encouragements pressants, à la taire suivre exactement ces conseils. J’eus recours alors à revenir aux tisanes rafraîchissantes qu’elle s’etait conseillées; mais qui avaient été absorbées négligemment: puis aux purgations qui avaient été prises incidemment. Ce fut alors un esclavage d’une année, à suivre ponctuellement le régime suivant, qui fut couronué d’un plein succès.

Après avoir bu des infusions et des décoctions des plantes qui suivent, plantes qui ont produit des urines plus ou moins claires ou troubles, et plus ou moins abondantes.

Camomille infusée dans les douleurs néphrétiques, et les frictions à l’huile de camomille non camphrée.

La perce-pierre, débouche les conduits urétères.

Le lierre terrestre cicatrise les plaies des rognons.

La figue est bonne.

La limonade au citron est un fondant des glaires et fait bien.

Les feuilles de vigne oreille d'ourse en infusion sont bonnes.

La fleur de millepertuis infusion.

Capillaire de Montpellier en infusion, en couper le vin des repas.

La décoctiou de stigmate de maïs ou cheveux de lié de Turquie , est excellente.

Eau de bicarbonate de soude.

Eau de Vichy, en couper le vin des repas.

Hysope, infusion.

Parera brava infusion, celles qu’Adèle a prises le plus souvent sont lierre terrestre, capillaire, vigne oreille d'ourse, stigmate de maïs dit cheveux de blé de Turquie, eau de bi-carbcnate à cinq grammes sur un litre d’eau. Lavements tous les deux jours correctement à l’huile pure, à la mauve sauvage, à la pariétaire, à la racine de guimauve et fleur de sureau. Dans les douleurs des reins, et dans les urines puantes, prendre le soir deux capsules de thérébenthine de Venise, continuer une quinzaine de jours. Puis purger tous les mois avec 30 grammes de sel de magnésie fondus dans deux verres d'infusion de trois fleurs de camomille très sucrée, les boire le matin au lit à quinze minutes d’intervalle, et boire après chaque selle du bouillon de veau. Eviter vin pur et liqueurs, café noir très léger. Ne pas toucher à l’oseille, éviter les haricots, les pois, les lentilles, ou en manger avec beaucoup de modération, pas d’excès en toutes choses.

Après une année de ce traitement, Adèle a été guérie complètement, nous le supposons, en ce que voilà deux années qu’elle ne rend plus de sable, de graveile, ni de pierre,

aussi enseignons-nous avec plaisir ce qui précède aux personnes qui se trouveraient dans le même cas.

Hydropisie.

Cette terrible maladie est un des points anguleux que rencontrent la médecine oftieielle comme celle magnétique et somnambulique. Une émotion chez la femme pendant le cours de ses menstrues, de mauvaises suites de couches; un saisissement, une peur chez l’homme, troublent le sang d’une certaine manière et le porte à la décomposition, une mauvaise fonction du foie, un sang appauvri par des excès de lubricité et d’ivrognorie, ou par des privations; ou en en apportant "n naissant le germe, sont autant de causes d’où découle cette maladie. Nous remarquons qu’elle est locale ou générale, elle peut affecter le cerveau chez l’enfant hydrocéphale; comme le cœur et les autres organes du corps. Elle se manifeste par une espèce de séparation des constituants du sang ce qui en trouble la circulation, et entante des créations de substances différentes, et principalement de l’eau en surabondance? l’air que nous aspirons par toutes les parties de notre être, au lieu de s’allier aux composants du sang, s’en sépare au contraire et se condense en vapeurs qui se réduisent en eau. Les fonctions de la

vessie s’arrêtent à leur tour, et offrent une certaine résistance au passage de l’urine qui séjourne clans ses canaux, et empêche l’eau de s’épandre par le canal urétaire. Il faut à tout prix que cette eau sorte naturellement ou par la ponction. L’on évite ce dernier moyen autant qu’on le peut, en tentant de mieux faire fonctionner les voies urinaires. Adèle a eu l’occasion bien des fois de traiter cette pénible affection, et très souvent elle a pu éviter la ponction par l’emploi des diurétiques suivants. Boire d’une infusion de stigmates de maïs, de feuilles de vigne oreille d’ourse, de fleur d’ortie blanche, de capillaire de Montpellier, peaux de fèves de marais ; ces peaux se trouvent assez difficilement chez les droguistes; mais on peut prendre de ces fèves sèches, les mettre tremper dans un peu d’eau tiède, de manière à ce que la peau puisse s’enlever assez facilement. En mettre alois une pincée de trois doigts par verre d’eau, subir un ou deux bouillons. Sucrer et en boire trois verres par jour, dans le cas où une jaunisse s’annonce ou qu’elle existe, boire trois verres par jour d’une infusion de fleurs de petits soucis des champs, dans le crachement de sang, boire d'une décoction de racine de grande consolide; purger avec un verre d’eau hunyadi-janos, pris tous les deux jours, jusqu’à disparition de la jaunisse, boire après chaque selle d’une infusion de fleurs de pen-

sées des champs, poser en plus sur le bas ventre un cataplasme composé de farine de sarrazin délayée avec une infusion de fleurs de camomille.

Rhumatismes; goutte; sciatique; douleurs nerveuses ou sanguines, dartres, liémorrlioïdes.

Si les douleurs morales sont pénibles et nombreuses, celles physiques ne le sont pas moins; ces dernières sont le plus généralement connues sous les noms de rhumatismes, de goutte et de sciatique. Nous nous arrêterons à ces trois seules qui sont les plus répandues.

En médecine, on classe ces affections comme étant de la même nature, saut qim le rhumatisme ordinaire et non le rhumatisme aigu, est plus supportable que la goutte et la sciatique, les causes sont des absorptions cle froid ou d’avoir habité des lieux humides ; comme elles peuvent être héréditaires et provenir de d’autres sources dont le premier et le dernier mot n’est pas dit. Ces douloureuses affections existent, font horriblement souffrir, et paraissent avoir des phases chroniques; comme de dépendre beaucoup des différents états atmosphoriques.

Que de baumes, que d’huiles, de graisses, de remèdes et de tentatives de toutes sortes ont été employés sans d’autres succès que celui d’attendre une nouvelle crise: il n’est

pas jusqu’au galvanisme, l’électricité, des exercices gymnastiques, et les bains qui n’aient été essayés en vain. S’il est vrai comme l'affirme le savant physiologiste M. Flourens, que toutes les parties de notre corps se renouvellent sans cesse; il n’est pas moins vrai que les attections desquelles nous parlons ne sont pas soumises à la même loi.

Nous n’avons donc à conseiller que de veiller à maintenir l’intérieur dans un état de bonnes fonctions, ce qui facilite à la circulation des liquides et des fluides d’être moins dépendante des variations du temps, et des foyers internes qui ne contribuent pas pour peu à alimenter ces souffrances. Nous conseillons en plus les remèdes les plus usuels qui sont employés en frictions ; les choisir entre les pommades camphrée, d’oignon de lys, graisse d’oie, graisse de canard, de vulnéraire ou de pavot; baume de nerval, baume tranquille, beurre de muscade, huiles de laurier, de millepertuis, de camomille, papier Fayard, chimique, d’Algérie, alcool camphré, alcool de menthe, essence de thérébentine, thérébentine de Venise, cataplasmes à la farine de riz, eau de coquelicot et de guimauve, puis une cuillerée de saindoux. Compresses d’eau de mélisse des Carmes, d’infusion d’arnica, d’eau sédative ; enfin d’eau magnétisée, Isoler de l’air la partie affectée (dans les cas ou cela produit du calme) au moyen de bandages

de soie, ou de toile fine cirée. On peut trouver un grand soulagement dans le magnétisme ; mais il y a danger pour le magnétiste s’il ne se débarrasse pas avec beaucoup de soin de ce qu’il aura pu absorber du mal. Ce qu’il ne sentira pas de suite ni dans plusieurs jours, il pourra le sentir dans un an. Nous en parlons avec connaissance de cause. Notre main a fait des prodiges en ce genre et notre corps a fait des acquisitions, qui ont passablement hypothéqué sa santé. Comme préservatif et même comme curatif, on peut faire usage du Maté.

Cette plante est cultivée au Paraguay et s’y boit en infusion comme nous prenons le thé, douze millions d’êtres en font usage depuis plus de trois siècles. Plusieurs ouvrages ont traité de ses vertus et les regardent comme étant supérieures à nos plantes de son ordre. Par son usage suivi, on ne connaît pas dans ces contrées, nos maladies nerveuses, la sciatique, la goutte, les rhumatismes, la gravelle, la pierre, etc. On en fait une panacée. J’ai désiré consulter Adèle sur cette plante en en ayant absorbé, et me faisant visister pour qu’elle en appréciât mieux les effets, elle me répondit ce qui suit :

Cette plante est supérieure aux nôtres de même famille, en ce qu’elle est stimulante, très tonique et rafraîchissante en même temps, vertu double que n’ont pas nos plantes. Son action se soutient au moins vingt-quatre heu-

res. Je ne conseillerais pas d’en prendre après le repas, comme le thé, en ce que sa nature est plus froide et pourrait troubler la digestion chez certains malades, mais elle doit être prise à jeun le matin ou dans le jour, comme on prend le café et le thé en infusion, un gramme pour trois tasses, qu’on fera en versant l’eau bouillante dessus en deux fois (sucrer), la boire chaude, j’entends dire qu’on la laisse au fond d’un vase pour le lendemain faire uDe deuxième infusion, et aiDsi de la troisième sai^s en remettre d’autre.

Cette plante est préférable au thé en ce qu’elle n’agite pas comme lui, et n’en est pas moins active. Fais-en usage, tu t’en trouveras bien, j’eus du mal à m’en procurer, mais un ami m’en fit venir des lieux mêmes, je me trouve bien à chaque fois que j’en prends.

Dartres et hémorrhoïdes.

Il y a des dartres vives et des dartres farineuses, découlant chacune de causes plus ou moins differentes, et conduisant, comme quantité d’autres affections de l’épiderme, à des complications et à des noms séparés. Il est assez admis qu’elles sont enfantées par un sang vicié, qu’il est bon de purifier, par l’absorption de dépuratifs, dans lesquels la saponaire et la salsepareille doivent prendre les premières places ; pour ce qui est de les faire disparaître,

rien n’est plus aisé au moyen de lotions réitérées et de compresses permanentes d’eau magnétisée à cette intention, vous ne tarderez pas à reconnaître la vertu essentielle de cette eau au succès qu’elle obtiendra ; mais là n’est pas terminée la cure ; il faut que le dépuratif nettoie le sang de ces agents de troubles. La graine de moutarde est encore d’un grand secours dans cette occasion, par le cours forcé qu’elle impose à la circulation générale.

Les hémorrhoïdes sont une maladie fort souvent salutaire : hors quelques personnes sédentaires, toujours assises et très échauffées des intestins, ce ne sont guère que celles qui entrent dans le retour d'âge, comme on le dit ordinairement, qui en sont péniblement affectés; les femmes y sont plus sujettes que les hommes; par le fait qu’elles fournissent plus au sang, il n’y a que du soulagement à apporter à cette affection, en ce que supprimer cet écoulement naturel, c’est encourir les dangers, semblables à celui encouru par les femmes qui suppriment leurs règles: aider à vider les cellules qui contiennent ce sang, ou à en adoucir le feu, sont les seules choses à tenter. Quelques sangsues à l’anus, abrègent et soulagent beaucoup, des fumigations sur un vase de nuit, au moyen d’infusions très chaudes de pervenche, ou de cerfeuil, sont d’un bon effet, les graisseravec une pommade

faite de racine d’orpin bien nettoyée, cuite à un feu doux dans du beurre bien frais, est très souverain. Cette racine est composée de petits tubercules agglomérés qui représentent assez la figure des hèmorrhoïdes, ce qui aura sans doute invité d’en user à cette intention. Le populeum passe également pour être très bon, de petits cataplasmes de farine de lin et de feuilles de pervenche pilées, délayées à l’eau de pervenche, soulagent beaucoup. Si on veut en dislancerles appan tions, il faut prendre soin des intestins, et rafraîchir le sang par des infusions à bases froides, si elles ne contrarient pas l’estomac, ou alors les prendre en lavements. Si cependant on avait le sang dans de trop mauvaises conditions, ce dont on peut juger par les troubles qu’il porte, il faudrait avoir recours au dépuratif, et au régime de la graine de moutarde. Si cette graine échauffait trop, on pourrait ne la prendre qu’avec de la limonade, ou de l’orangeade; on n’en prendrait alors qu’une fois le matin, et le reste du jour, l’infusion dépurative, dont nous avons parlé; l’herniole, feuilles et racines sont très recommandées en décoction ou en infusion dans tous les cas où l’on suppose des ulcérations internes. Ainsi que de l’herbe a mille feuilles, déjà citée contre les crachements de sang et les hémorrhagies.

Alaladies mentales, hallucinations possessions, envoûtements, folies.

Cette importante questionne peut être traitées que philosophiquement, non la tête haute, mais au contraire très basse, en ce qu’elle menace le moi, en mettant en doute la permanence de son existence, et ne fait en somme de l'homme qu’un être dépendant du moindre accident, d’une fugacité de la vie.

Regardons ce savant chimiste absorbé par l’étude des agrégats qui composent la matière, qui prend des notes sur ses observations, croit avoir surpris la nature dans ses enfantements, et qui étonne à son tour ses amis par les choses bizarres qu’il leur débite sur ces mêmes agrégats.

Voyons ce savant professeur religieux qui, à force d’entretenir ses auditeurs de ses rapports avec Dieu, se dit être Dieu lui-même et commande en conséquence; voyons cet astronome érudit qui à force de rechercher dans les espaces apres une étoile nouvelle devient cette étoile, et croit tenir la première place parmi ces dernières.

Voyons ce légiste, qui veut dépasser les sages Minos, Lycurgue et autres,et arrive juste à être enfermé comme étant un homme dangereux !

Il en est de même de ce général qui voulant être un César devient un idiot qui fuit devant les menaces d’un enfant !

Voyons ce pauvre homme de peine, qui se c-roit le premier banquier du monde.

Cette cuisinière, qui se fait traiter en comtesse.

Ce fort des halles qui se croit être un hercule, et dit porter la terre sur ses épaules.

Voyons cette vieille dévote, qui se croit être l’épouse du Christ, son Dieu.

Ou ce béat capucin, qui ne veut nourrir son corps, et le met à la torture, pour gagner une plus large part du ciel.

Ou cette jeune et craintive hile, qui fait vœu de résister aux lois de la nature, et qui croit mieux faire en leur obéissant dans les bras de son professeur religieux.

Voyons dans les réputés non fous tous ces rois et seigneurs, vivant à la Louis XV aux dépens des sots qui les encensent...

Ou ces banquiers et commerçants de tout ordre, qui se disent être les soutiens d’une société qu’ils exploitent à leur profit, pour, en ün de compte, rendre à la terre leur corps comme il en est sorti...

Soyons francs en demandant si de l’autel au trône, du barreau au légiste, de l’académicien à l’artiste, du professeur à l’élève en toute science et en tous travaux, la folie n’y tient la meilleure place? L’on parle peu de celle-là, mais de celle où il suffit d’un trouble quelconque apporté dans l’ordre des pensées qui, seules, constituent l’être par sa mémoire,

que cette mémoire ne fonctionne, n’agisse, et ne soit plus ce qu’elle était, le nom autour duquel ces pensées se sont groupées, le corps qu’elles ont habité et conduit ne sont plus eux. C’est un autre nom qui leur est donné par d’autres groupes de pensées pourvues de facultés autres que celles qui habitaient le même local il n’y a qu’un instant.

Ce pauvre Pierre, simple cordonnier, est devenu instantanément Dieu ou empereur ou tel dignitaire du royaume. Uu autre moins heureux poursuivi par la justice pour un crime qu’il n'a pas commis, craint la vue du gendarme et ne vit que de souleurs ! Tel autre, voit des assassins qui en veulent à ses jours ! le plus grand nombre ne voient qu’ennemis qui les troublent, dans leur existence, dans leur fortune, dans leur affection et jusque dans leur sommeil.

Hallucinations, possessions, folies ne sont qu’un même état produit par des pensées qui se sont déplacées, et paraissent se dominer les unes les autres. Le moi, la famille, les amis de Pierre ou de Paul ne sont plus, le moi, la famille les amis de Pierre et de Paul c’est le même corps, mais les pensées qui l’ont habité en ont cédé la propriété à d’autres. Cette demeure même prend un autre aspect, et contient des choses qu’on ne savait qu’elle possédait. C’est tout un atelier différent :

c’est une toute autre mémoire, les rayons de

celle précédente sont occupés maintenant par d’autres laits, par d’autres tableaux qui eüacent les premiers... qu’est alors le moi, l’âme de chaque être dans cette apparition d’un autre moi et d’une autre âme, qui habitent et conduisent à tour de rôle ces corps, ces propriétés qui,par ce fait, n’appartiennent à personne vu qu’elles sont toutes à tous? quel remède apporter à ces troubles de l’existence? des hospices, des douches, des tisanes ; des essais de tous genre, qui doublent les crises et n’apportent aucun soulagement.

Homme qui te dis être fait à l’image de ton créateur: tu es bien non le tout mais le rien , là où tu te crois être le plus sûr de ta personnalité, de la direction de tes pensées, tu n’es plus qu’une idéalité, qu’une erreur!.. A la décomposition du corps qui te loge :

reparaîtras-tu sur la scène d’un autre monde, pour y jouir d’une existence moins soumise à ces désharmonies de la nôtre? Nous osons le croire, et l’espérer ; nous devons le croire et l’espérer, si nous admettons l’équité de la création. Mais nous n’en pleurons pas moins sur ses obscurités !

Sachons que dans ce déplacement du moi, cédant sa demeure à un autre moi, il n’y a autre chose qu’un déménagement de principal locataire et de son personnel, comme cela s’opère dans nos changements de demeures dans l’état matériel !

Sachons que dans ces pensées de grandeur, de divinité, de royauté, de domination sur les hommes et sur les choses de l’état terrestre, il n’y a que cette faculté que nous remarquons chez les somnambules naturels ou artificiels, de jouir de l’objectivité de leur pensées de voir hors eux ce qui est dans eux, de faire agir selon leurs vœux, les créations inexplicables que la nature a déposées en nous pour, oserons-nous le dire, servir de matériaux à l’édification, et à l’entretien de l’édifice humain, matériaux qui sont appelés, comme une matière plastique, à prendre touœsles formes que désire produire l’être qui les a sous sa dépendance.

Nous remarquons cette faculté dans notre exister normal comme dans celui anormal, dans celui normal, nous prenons ces matériaux hors de nous, comme par exemple des pierres dans les carrières pour bâtir nos maisons, du bois dans les forêts pour faire nos meubles, etc,, dans celui anormal, de somnambulisme comme de lèves et de folies, nous fesons le contraire en tirant de nous les matériaux de nos créations, en ce que ces matériaux sont de même nature que nos nropres pensées. Ce travail est une simple transposition de notre optique et de nos autres sens, qui nous fait croire être le créateur des choses que nous voyons dans cet état, quand nous ne sommes que des curieux qui nous

promenons, dirons-nous, dans le domaine de nos pensées, sans nous douter que nous sommes des décalques, des albums d’images de tout ce qui existe hois de nous : que nous sommes un univers en racourci, un vrai microcosme comme l’ont pensé les anciens!

Qu’il y a-t-il à faire dans ces cas? tâcher de donner congé aux locataires qui se sont emparés de la demeure matérielle du possédé, du fou, de l’halluciné, et de le rappeler chez lui par des distractions; par des entraves apportées à la jouissance des dits locataires non autorisés d’habiter'ce domicile, combattre leurs pensées, par des paroles qui n’ont aucun rapport avec les leurs. S’ils parlent en rois, parlez-leur négoce et combinaisons financières, s’ils sont peureux, soyez braves, s’ils sont casaniers et boudeurs, conduisez-les dans des musées, et au théâtre, y voir jouer des pièces gaies -, ne laissez pas de repos à leurs pensées, troublez-les à leur tour, comme elles ont fait.

Les prêtres chinois comme les catholiques ont leurs chapelets et leurs prières continuelles qu’ils recommandent d’utiliser contre les possessions, et les hallucinations. Il est un fait incontestable qui est que, plus vous opposerez de pensées d’un autre ordre à celles qui vous obsèdent, plus vous aurez espoir de les chasser de votre domaine.

Nous venons de traiter d’un genre d’en-

voûte ment et de possession qui ressortent, comme nous l’avons dit, des pensées de l’individu même ; mais il existe un autre genre de possession étrangère à ces mêmes pensées, possession dont les livres religieux relatent les faits étranges et inexplicables pour notre raison, ces possessions sont dues à des êtres désincarnés qui prennent possession du corps dont l’âme néglige la surveillance, ou dont elle consent de le livrer ainsi, pendant un temps quelconque, àla direction de ces esprits qui s’en servent pour opérer des choses extraordinaires qui renversent toutes les lois reçues en physique. Les possédées de Loudun et d’autres lieux; celles nommées convulsionnaires de Saint-Médard, la belle Cadière sous la direction du père Girard, Marie Alacoque sous celle du père Lacolombière, et tant d’autres dont nous avons traité dans la magie magnétique, offrent les mêmes faits que ceux que nous remarquons en nos jours chez nos extatiques magnétiques et chez nos médiums, faits qui méritent une étude très sérieuse et très indépendante des idées reçues, tant en métaphysique qu’en physique; tant en croyance religieuse qu’en croyance philosophique. Devant ces faits, l’étudiant se demande qui prouve que les manifestations des médiums, le savoir des lucides sont plus dus à ces esprits étrangers dont nous venons de parler qu’aux corps eux-mêmes ? qui prouve

qu’un être désincarné c'est-à-dire existant après la mort du corps, puisse, dans son état présent d’invisibilité, dans son étatd’impondérabilité avoir une puissance semblable, sinon supérieure sur la matière que celle qu’il avait lorsqu’il était tout en elle? enfin sommes-nous bien assurés de cette puissance d’agir, tel nous supposons qu’il agit dans ce que nous nommons possessions ?

Voilà des questions fort justes et tort difficiles à résoudre, mais en voici d’autres qui ne le sont pas moins.

Comment les possédées de Loudun pouvaient-elles parler des langues qui leur étaient inconnues ? connaître le passé, le présent et l’avenir ? être suspendjues en l'air sans aucun point d’appui, ou marcher en équilibre sur des moulures appliquées aux murailles sans tomber? tenir des postures qu’aucun gymnaste ne pourrait tenir? porter sur leur corps des stigmates, sans présenter aucuns moyens de les produire ? Comment celles de Saint-Médard se faisaient-elles serrer entre des madriers, jusqu’à ce que leur crâne et leurs côtés tussent aplatis à taire supposer ne pouvoir reprendre leur forme première?

Comment se faisaient-elles crucifier par de bons et forts clous enfoncés dans les mains et dans les pieds, et cela jusqu’à vingt-sept fois dans un certain laps de temps ? Comment pou-

vaient-elles recevoir en pleine poitrine jusqu’à trente coups d’un chenet qui pesait trente livres sans qu’on remarquât sur leur peau aucune ecchymose? Comment pouvaient-elles rester jusqu’à quinze minutes, la tête, les cheveux épars, dans un brasier incandescent, sans avoir un seul de leurs cheveux brûlés ?

Comment un officier sachant que sa femme s’était mêlée à ces convulsionnaires et se donnait comme elles en spectacle, vint la trouver furieux, tira son épée du fourreau et menaça de l’en percer ; sa femme couchée à terre sur le dos, l’en défia en lui disant: Voudrais-tu même me percer un œil que tu ne pourrais le faire; ce qui doubla la colère de son mari qui aussitôt ajusta la pointe de son épée sur son œil et appuya de manière à ce que la lame se recourba jusqu’à sa garde, plutôt que d’entrer dans cet œil ? Comment d’autres se faisaient-elles fendre la langue dans toute sa longueur, et sitôt cicatrisée, reçommençaient à nouveau à satiété? la police fit cesser ce genre de spectacles qui dura bien des années ; mais elle ne put anéantir les procès-verbaux qui relataient ces choses.

Qui expliquera mieux les rapports du père Girard avec la belle Cadière dont le procès célèbre dévoila des choses non moins étranges, surtout en transfusion des corps de ces deux amoureux divins présumés, faits qui furent appréciés à divers points de vue sans

que l’on pût connaître à sa juste valeur ce genre de magnétisme spirituel ?

Il en fut de même de Marie Alacoque et du père Lacolombière, savant jésuite, qui était arrivé, par son action magnétique sur cette pauvre écervelée, au point de lui faire dire et certifier être devenue l’amante du Christ, se livrant avec délire à des caresses amoureuses envers son divin maître dont le père Lacolombière recevait le profit. Ces choses ont existé de tout temps, existent et existeront éternellement. Quelle en est la loi ? Quelle en est l’explication ? Ce qui les prouve ce sont les faits précités. Comment en admettre le plus grand nombre sans recourir à l’intervention d’esprits qui seuls sont capables de les produire? Voilà une pauvre fille illettrée qui parle une langue qu’elle ne connaît pas, où l’emprunte-t-elle? A un membre de la soc été présente, dira-t-on, mais il n’y a pas de société ni de membres quand cette chose se fait à distance ! quand un lucide questionne un décédé étranger, et qu’ils conversent très bien ensemble, comment s’entendent-ils ?

Comment un autre qui n’a jamais touché un violon, un piano, des pinceaux, pourra-t-il jouer sur le violon comme le ferait un excellent violoniste; ou sur le piano comme le ferait un pianiste émérite, ou couvrir une toile d’un paysage admirable? C’est là où nous sommes conduits malgré nous, à admettre

qu’un être désincarné, se réincarne momentanément et conventionnellement dans le corps du lucide pour exécuter au moyen de ses bras et de ses mains ce que ne sait, ce que n’a pas appris, ce que ne peut faire luimême ce lucide ; ce qui se trouve être prouvé lorsqu’il change d’état, en repassant dans son état normal.

Nous avons eu déjà plusieurs petits campagnards âgés de douze à quatorze ans, qui n’avaient aucunes notions de calculs, qui ont été présentés et étudiés par les savants de l’Académie des sciences, qui leur ont soumis des problèmes algébriques, des .calculs astronomiques d’une grande difficulté, qui se sont trouvés résolus en quelques secondes, quand le savant astronome Arago a avoué qu’il lui fallait plusieurs mois pour en vérifier l’exactitude; ce qu’il fit et en reconnut la justesse. Qui faisait ces calculs: qui les expliquait par la bouche de ces enfants? certes qu’il paraît être plus raisonnable d’admettre que c’était quelque esprit astronome désincarné, qui était bien aise de stupéfier ainsi ses ex-collègues par le secours de cet enfant, que d’admettre que c’est un fait de cognition de cet être. Admettre une telle proposition, serait faire de l’homme un être universel pouvant, dans de certaines conditions, être ce qu’il ne peut être dans d’autres? ce serait transposer une question très difficile à résoudre dans

une autre non moins difficile.

Nous ne poursuivons pas cette étude qui pourrait s’étendre jusqu’à nous faire écrire plusieurs volumes sur elle ; pour peut-être ne ne pas mieux l’élucider. Mais pour notre opinion individuelle, nous sommes portés à admettre ces relations d’hommes matériels et d’hommes spirituels? ces liaisons, ces transfusions même des corps et des penséee ; mais dans des cas très restreints, c’est par cette raison que la proposition aussi obscure que celles des envoûtements et des possessions, doit être étudiée avec prudence et surtout avec sagesse. Voici sur ce fait un faible aperçu des croyances existant en nos jours, surtout chez l’habitant des campagnes ; que le lecteur en apprécie la valeur, et combien est grand le secours que peuvent apporter de bons lucides dans les cas qui suivent. Nous copions à cette intention un discours que nous prononçâmes le 26 mars 1882 , devant les étudiants Swendenborgiens, le jour anniversaire de la spiritualisation d’Emmanuel Swedenborg !

F... et S... en études,

Je me retrouve toujours avec plaisir au milieu de vous, non parce que j’ai une année de plus à ajouter à celles qui me sont pénibles à supporter ; mais parce qu’une fois de plus, je vois avec satisfaction votre persévérance à continuer nos études, sous l’é-

gide de notre bon guide Emmanuel Swedenborg, et que vous faites peu de cas des diatribes qui sont encore, en nos jours, débitées contre nous par des savants frappés de cécité sur elles, et de haine sur nous.

Diatribes dans lesquelles ils nous traitent d’idiots et de charlatans qui exploitent la crédulité humaine!... Hélas! si ces hommes avaient passé trente-cinq années à mes côtés, qu’ils eussent vu ce que j’ai vu... qu’ils eussent entendu ce que j’ai entendu ; et qu’ils eusent fait ce que j’ai fait, ils seraient plus éclairés sur la question du magnétisme et ne la couvriraient pas de leur mépris ! Je vais, à cet effet, passer en revue quelques-unes des consultations qui ont été données par notre excellente Adèle, à des hommes plus croyants que nos adversaires et qui en recueillaient une satisfaction qui les rendait heureux; et moi très pensif.

Certes que les faits que je vais vous raconter, prêtent à légitimer les accusations portées contre nous ; mais ils doivent prêter aussi à nous faire mieux apprécier que nous ne le sommes. Je vais les citer sous ce titre:

Le sorcier malgré lui.

premier fait. — Un jour nous vîmes entrer un homme de la campagne; d’une force herculéenne, type franc et croyant du coura-

geux cultivateur! homme qui, d’un air embarrassé, nous dit : Vous 11e savez pas pourquoi j'venons vous voir?

— Quand vous me l’aurez dit je le saurai.

— Yoyez-vous monsieur, nous autres dans la campagne, nous croyons aux sorciers, vous devez savoir ça, vous qu’on dit le plus fort sorcier du monde?

— Qui vous a dit cela?

— Un ami qui a lu un gros livre où vous parlez de ça, puis ça se voit à votre mine.

C’est pourquoi j’sommes venu près de vous pour que vous empêchiez les maléfices qui sont sur not’ maison, nos vaches meurent ou ne donnent pas de lait je n’savons ce qu’a not cheval? ma femme meurt de langueur? mon gendre, qui est un homme de ma force, qui porte neuf cents livres sans se gêner, est mou comme une poule mouillée, ma fille bat la breloque, not’ petit est à moitié fou. Oh! si j’tenais le gars qui nous fait cela je l’écraserais comme un ver de terre. Ainsi voyez si vous pouvez nous tirer de là? Si vous ne le faites pas, not’ maison est f..! J’avons été, il y a quel¬

que temps, trouver un berger, qui passe pour un homme très instruit, il a tout plein de vieux livres chez lui; on le rencontre toujours en tenant un à la main ; il a bien vu tout de suite que j’étions abîmés par un mauvais gars, qu’il n’a pas voulu

m’dire le nom car je l’aurais escrabouillé; mais il m’a fichu du fil à retordre, en me disant de rentrer chez nous calme et de suite faire sortir nos vaches de l’étable., (il était onze heures du soir) mais de les faire sortir à l’opposé qu’elles entrent, ce qui n’était pas facile du tout; aussi mon gendre et moi avons sué sang et eau; lui tirant sur là queue ; moi les poussant avec l’épaule dans la poitrine, les garces ne voulaient pas bouger! enfin nous en sommes venus à bout, non sans peine, comme il l’avait dit. Une fois dehors j’ieur avons fait ce qu’il avait conseillé, et prononcé les paroles qu’il nous avait dites; ^ puis je les avons fait rentrer la tête en avant, ça été tout seul mais ça n’a rien fait; elles sont aussi malades qu’avant et ne donnent presque pas de lait... jusqu’à not cheval qui a l’air embêté... vous qui êtes plus savant, vous sentez-vous de taille à faire mieux? Attendez encore, nos chats no veulent pas toucher aux souris, qui mangent tout notre grain à leur nez et à leur barbe, jusqu’à not’pauvre tourterelle qui ne roucoule plus, tâchez donc de chasser le crapaud qu’on dit qu’il a déposé sous le pas de not’porte du fournil où nous mangeons.

Tout étonné de tant de crédule simplicité, il me fallut tenir mon sérieux pendant qu’il me contait cette histoire; ce qui parut plaire à ce brave homme qui dut se dire:

en voilà un qui rumine not'atfaire et qui va taper dur; je me contentai de lui répondre: je me charge du combat; fiezv-ous à moi!

— Oh ! c’est bien ce qu’on m’a dit de vous, c'est un dur à cuire celui-là.

J’appelai Adèle que je commençai d’endormir; ce que me voyant faire, ce brave homme tout en clignant de l’œil, me dit:

qui que vous faites comme ça à vot’ femme?

— Ce que je dois faire, pour la placer sous la protection des bons Esprits !

— Oh ! j’en avons ben besoin, faites toujours !

Adèle étant en état de répondre, je lui fis connaître le but de la visite du consultant, elle compris de suite, et, sans plus tarder, elle visita la demeure de cet .homme, l’étable, l’écurie, le té à porc, le poulailler, le grenier, le fournil, elle vit que ces lieux étaient dans le pire état possible d’abandon et de malpropreté : elle s’adressa ainsi qu’il suit à ce brave homme : Vous avez deux vaches dans l’étable, une couleur roux et tachée de blanc; l’autre noire, le poitrail et les bas des jambes blanc.

— C’est bien, ça, vous y êtes.

— Votre cheval est tout blanc, et un peu vieux !

— Oui, la pauvre bête a plus de vingt ans.

— Votre porc est tout jeune ?

— Oui, il a à peine quatre mois.

— Vos chats sont passablement gras; j’en vois deux?

— Oui, ils sont comme des loches!

— Votre femme est accroupie devant le feu?

— Elle n’en bouge pas.

— Votre gendre est triste, et abattu?

— C’est vrai, il a l’air d’un imbécile ?

— Votre tille a l’air d’être plus éveillée?

— Pardié, elle jacasse tout le temps.

— Le petit soutire de la tête?

— J’crois bien, ils l’ont empoisonné c’pauvre enfant!., voyez, madame, j’dis pourtant trois messes par jour, tout en étant aux champs; sans cela j’crois bien que j’serions morts?

Je craignis un moment qu’Adèle ne put tenir son sérieux: mais elle sentit comme moi la nécessité de rester impassible !

— Ferez-vous tout ce que je vais vous conseiller de faire?

— Pardié, si j’ie ferons, j’venons ici que pour ça.

Eh! bien, reprit Adèle, nous allons commencer par bien nettoyer, et laver l’étable, en gratter les murailles et les blanchir à la chaux ; puis nous déposerons dans les deux angles d’entrée, deux terrines contenant chacune pour quatre sous de goudron végétal... On mettra une litière fraîche qu’on ohangera souvent, car il nous faut de la propreté.. c’est dans les ordures que se plaisent les mauvais esprits, et par lesquelles agis-

sent les sorciers... Vous supprimerez les veillées dans l’étable cet hiver, et vous prendrez un grand soin des mamelles et des pis des vaches, en les lavant tous les jours avec une décoction de racine de guimauve dans laquelle vous mettrez un peu de lait... vous les sortirez tous les jours de dix heures à midi.

— Dam’ j’n’avons guère le temps.

— Il le faut !

— On le fera.

Vous agirez de même envers l’écurie ; et vous poserez un treillage en fil de fer à mailles un peu serrées à un soupirail que je vois au-dessus de l’auge : soupirail par lequel on peut introduire de mauvaises herbes dans cette auge. Vous étrillerez et vous bouchonnerez votre cheval tous les jours... peu d’avoine, de l’eau blanche pour boire, que vous agiterez pendant quelques minutes avec votre main, elle n’en sera que meilleure... tant qu’au porc et aux poules, de la paille fraîche, et du balai... pour ce qui concerne les chats qui fuient les souris; laissez-les pendant huit jours sans leur donner de nourriture...

— Mais ces pauvres bêtes crèveront la faim?

— Au contraire, ils mangeront les souris.

— Mais la femme ne voudra pas laisser ses bêtes sans manger?

— Dites à votre femme qu’il le faut, ou vous êtes tous perdus !

Passons maintenant à vous autres ; vous

êtes le plus solide, je ne vous conseille que d’avoir foi et de continuer de dire vos messes.

Pour votre femme, votre gendre, votre tille et le petit, qu’ils fassent chacun exactement ce que je vais leur conseiller, suivent quelques conseils médicaux appropriés à l’état de chacun... dites à votre femme que, dans quinze jours, vos vaches vous donneront du lait en abondance; et que tous, auront retrouvé le calme et la santé.

— Que Dieu vous entende!

Un mois après avoir suivi les conseils d’Adèle, la santé, l’espoir, la gaîté étaient rentrés dans la maison., les vaches plus proprement soignées donnaient du lait, le cheval croyait avoir passé par la mue, étant nettoyé des plaques de saleté qui lui donnaient la fièvre... les chats avaient repris leur métier; les souris avaient déménagé et le sort était levé !... si nous avions combattu les idées de ces pauvres gens, ils n’eussent plus cru en notre pouvoir, mais en faisant le sorcier par force, nous faisions une bonne action... j’ai un volume en manuscrit sur nos rapports avec cette famille pendant plusieurs années, contenant des choses très curieuses.

Deuxième fait. Une brave femme vint un jour pour consulter Adèle sur un vol dont elle venait d’être la victime, non sans avoir fait préalablement un signe de croix avant d’entrer!

Lorsque Adèle fut eu sommeil, cette femme lui dit en pleurant : « N’est-ce pas malheureux, madame, d’être volée comme ça? Ça n’est pas le premier malheur qui nous arrive, j’avons dans not’pays un berger qui nous fait tout le mal possible! rien ne marche plus...

jugez-en; not’bourgeois avait déposé dans l’auge de not’cheval douze mille francs qu’il avait reçu de plusieurs ventes de cochons qu’il avait faites. Il ferme la porte et s'en va aux champs, puis, quand il revint, il ne trouva plus sa pauvre argent! pouvez-vous voir où qu’elle est, et comment ça s’est fait?

Adèle répond aussitôt : le voleur n’a pas eu à forcer la porte de votre écurie, la clef était dessus. Il est entré pour prendre une poignée de foin pour son cheval, en ce que vous êtes amis ; voyant le sac, il l’a pris !

— Nous le rendra-t-il?

— Pas de suite, il s’en sert à faire bâtir une maison qui sera plus belle que la vôtre !

— Est-il possible que vous voyez comme ça, comment le voyez-vous?

C’est un homme de tel âge (suit le signalement^, cet homme doit être maçon de son état, car je le vois habillé comme eux!

— Comment, mon Dieu, s’pourrait-il?j’avons eu des soupçons sur un maçon, not’voisin, avec lequel j’sommes amis, qui dans ce moment se bâtit une maison sans qu’on sache où il en prend l’argent pour le faire. J’en

avons parlé au maire de not’pays, mais il nous a dit: Prenez garde, vous manquez de preuves, il pourrait vous poursuivre comme attentant à son honneur, et vous faire arriver de la peine ! Mais not’maire est ami du berger. Hélas ! mon Dieu, not’pauvre argent, elle est perdue comme ça?

— Oui, ma brave femme, répondit Adèle, une autre lois fermez au moins vos portes!

C’est ce que j’ai dit au bourgeois, mais il est si confiant qu’il n’a pas de méfiance pour deux liards.

Cette femme nous quitta, en nous demandant pardon de nous avoir dérangés. Voilà une femme qui met sur le compte du berger, ce qui doit être reporté sur celui de la bêtise de son mari. Ce ne tut pas la seule qu’ils commirent tous !

Un autre jour, elle revînt pour consulter sur la santé d’un jeune homme de dix-sept ans, qu’ils avaient reçu chez eux, abandonné qu’il était des frères de leur pays, qui l’avaient recueilli étant orphelin, et l’occupaient à différents travaux ; mais pris d’attaques d’épilepsie, ils ne purent le garder, et l’introduisirent chez ces braves gens!

C’était pour l’état maladif de ce jeune homme que cette femme désirait une consultation. Lorsque Adèle fut en sommeil, cette femme lui dit : quand ce jeune homme est pris de son mal, il voit comme vous; c’est lui qui

m’a dit devenir vous demander secours: il paraît qu’on lui a jeté un sort, et que c’est ça qui le met dans cet état, il a bien vu ceux qui nous font du mal, et il nous a conseillé de ne pas les brusquer. Que lui, était dirigé par un autre groupe d’hommes qui nous veulent du bien, et auxquels il faut que nous nous soumettions dans ce qu’il nous conseilleront par lui, de faire; parce qu’il faut qu’ils disent des prières, et fassent des aumônes aux pauvres!

Il y a parmi eux, un prêtre, qui a un grand pouvoir sur les mauvais esprits.

Pendant ce récit, je regardais les yêux d’Adèle qui étaient fortement agités sous leurs paupières; son front se plissait, ce quelle voyait, ne lui plaisait pas assurément. Elle dit à cette dame ; oui, votre jeune homme voit, mais ne voit pas juste; méfiez-vous de ce qu’il vous répète; je dis répète, en ce que je n’ai pas foi dans le prêtre dont il vous parle, et qui lui dicte ce qu’il a à vous dire. Avez-vous déjà donné de l’argent?

— Hélas ! oui, ma bonne dame, puisque sans ça on allait mettre le feu à notre maison !

— Veuillez m’amener votre jeune homme, reprit Adèle, pour que j’apprécie mieux son état.

— J’veux bien, madame, j’vas lui en parler.

— Oui, dit Adèle, cela est nécessaire.

Cette femme nous quitta, assurée que nous

THÉRAPEUTIQUE EU MAGNETISME

étions ses protecteurs, et que les troubles de sa maison allaient cesser.

Quinze jours après cette consultation, notre femme revient; mais non accompagnée de son jeune homme, que le groupe qui le dirigeait avait empêché de venir. Adèle en sommeil lui demanda pourquoi elle n’avait pas forcé ce jeune homme de l’accompagner? elle lui répondit : parce qu’il ne doit pas quitter le petit de ma tille qui, sans lui, n’existerait plus aujourd’hui ! Nos ennemis nous menacent de le faire disparaître ! Pensez donc, madame, ils le feraient cuire dans une marmite ce pauvre petit pour faire des maléfices !

— Vous avez donné de l’argent pour lui sauver la vie ?

— Mais oui madame, vous devez le penser.

— Je crains que votre jeune homme soit le jouet inconscient du prêtre dont vous m’avez parlé. Vous devriez en dire un mot à votre confesseur, car je vois que vous êtes religieuse; lui conter toute cette affaire, lui demander des renseignements sur les frères de chez lesquels votre jeune homme est sorti, et sur ce curé dont il vous a parlé. Je vois que vous êtes la victime d’escrocs qu’il nous faut connaître et poursuivre ?

— Hélas ! madame est-ce que vous croyez que ça se pourrait ! Mon jeune homme me parle pourtant de notre Seigneur Jésus-Christ, et de sa sainte mère avec un grand respect.

— Je vous répète, reprit Adèle, que votre jeune homme n’est pour rien dans cette afi'aire, sa maladie l’a rendu à moitié imbécile, il est tombé dans les mains de ce présumé prêtre et de ses accolytes, qui lui content des histoires absurdes qu’il croit et vous répète ; il leur reporte intégralement l’argent qu’ils vous demandent par son intermédiaire, ce qui les lait rire à vos dépens et de votre crédulité.

— Vous croyez, vous croyez ça, madame?En bien ! je vas suivre vos conseils en en parlant à monsieur le curé, et je vous dirai ce qu’il m’aura répondu.

C’est convenui dit Adèle.

Huit jours après cette séance cette brave femme revint ayant l’air d’être bien triste; quand Adèle fut en sommeil, elle lui demanda si elle avait fait ce qu’elle lui avait conseillé de taire, elle répondit en lui disant : oui madame, j’ai tout conté à monsieur le curé qui m’a dit que les frères chez lesquels avait été notre jeune homme, étaient incapables de se prêter à commettre une telle infamie; mais qu’il ne connaissait pas le prêtre en question; que tous ceux qu’il connaissait étaient des honnêtes gens qui ne feraient pas des choses pareilles; il me dit encore que je vous prie de nous faire connaître cet homme ; qu’il voyait bien que vous vous intéressiez à nous et que vous étiez d’honnêtes créatures,

que vous nous renseigneriez mieux que lui sur cette mauvaise affaire.

Adèle, après un moment d’études, lui répondit : cette chose ne m’est pas facile pour l’instant, mais soyez persuadée que sous peu ce prêtre sera pris au piège, vu que les bons esprits le guettent.

Trois semaines après cette séance, nous vîmes revenir cette pauvre femme accompagnée par son gendre et sa tille. Je mis Adèle en sommeil, ce fut la tille qui prit la parole et s’exprima dans ces termes avec beaucoup d’aisance.

« Figurez-vous, madame, qu'il s’est passé bien des choses depuis que maman est venue vous consulter, nos ennemis, je dirai nos exploiteurs qui, depuis si longtemps, nous font abouler de l’argent, pour nous sauver tantôt d’une maladie qui nous attendait, nous ou nos bestiaux ; tantôt pour sauver de la mort quelqu’un de nous, tantôt c’est notre maison qui doit être brûlée, tintôt nos vaches ne devaient plus avoir de lait, on devait nous soutirer le vin de notre cave; nos moutons auraient le piétrin, nos chevaux la morve, que sais-je, mille et une misères ! Comme madame avait dit à ma mère qu’elle ne croyait pas au prêtre qui menait cette affaire, et que monsieur le curé ne le connaissait pas, je me pris à douter que tout ça c’était de la filouterie ; je voulus faire partager mon jugement à mon mari, à

mon père et à ma mère, ils me répondirent tous que j’étais une incrédule ! un de ces jours derniers le prêtre devait faire une cérémonie pour rompre pour toujours le sort qui était jeté sur nous. Il fallait payer à l’avance, je ne voulais pas tomber dans ce panneau, mais ma pauvre mère et mon mari qui sont craintifs comme des enfants, payèrent! Je me dis bon, je vas assister à la cérémonie avec eux. Nous voilà habillés comme si j’allions à une grande messe; nos voisins durent penser en nous voyant ainsi, que nous allions à la noce; je ne sais la course que nous fîmes pour atteindre une barraque de maison à l’entrée d’un bois, isolée et pas mal loin de chez nous, nous étions conduits par notre imbécile de jeune homme! bon, nous voilà entrés dans une petite pièce sans meubles, nous passons dans une autre, c’était la chapelle du prêtre en question; une table était recouverte d’une serviette; un grand Christ sur le milieu; un cierge dans un chandelier de chaque côté, quelques vieilles chaises pour nous asseoir; le tableau de la vierge accroché à la muraille. Après un bon moment d’attente, j’vois un grand diable de prêtre sortir d’une petite porte du fond, il était habillé plutôt comme un juge que comme un prêtre, en ce qu’il n’avait pas de surplis blanc par-dessus sa robe noire; il portait les yeux baissés, une espèce de saint ciboire recouvert d’un linge, ce qui

m’étonna le plus, ce lut de lui voir une grande barbe noire couvrant presque sa poitrine ; il déposa son saint ciboire sur la table et se mit à marmotter quelques mots en latin je crois, j’étais toute pensive et je me disais en moimême, peut être que je me trompe? après avoir marmotté encore quelques mots, il se tourne vers nous en élevant ses deux grands bras et les yeux au ciel, d’un air de componction à commander le respect; j’étais confuse et agitée à la fois; mais malgré moi mes doutes revinrent à nouveau. Dans un mouvement qu’il fit il me sembla voir sa grande barbe glisser sur sa joue: O! alors le courage me revint, je sautai sur sa barbe que j’arrachai en lui disant ; vous vous êtes assez moqué de nous, à notre tour aujourd’hui, le commissaire va être instruit de vos filouteries ! Mon faux prêtre tout penaud ne me reprit pas sa barbe des mains, il rentra bientôt par la petite porte par laquelle il était sorti et ne revint pas : je voulais que mon mari et mon père se missent après ses trousses, mais ma mère s’y opposa en disant que nous allions faire une esclandre qui nous ferait tourner en ridicule dans le pays. Voilà comme nous avons été débarrassés de ces canailles-là.

Adèle dit à la mère : ne vous avais-je pas dit que vous seriez bientôt débarrassée et que ce prêtre serait démasqué? il a dû vous soutirer

non pas quelques centaines; mais quelques milliers de francs?

— Oh ! oui madame !

— Cela se monte bien à dix mille ?

— Mettez-en encore dix mille autres !

— Et vous ne l’avez pas dénoncé au procureur de la République?

— Hélas! non, pensez donc ce qu’on dirait de nous? Ça ne nous rendrait pas notre pauvre argent, nous serions la risée de tout le monde.

— Vous ne gardez pas ce jeune homme ?

— Non madame, il est à l’hospice pour sa maladie.

Enfin, reprit Adèle, vous voilà tous rendus au calme, grâce à l’énergie de madame votre tille qui, dans cette circonstance a fait preuve de courage et d’esprit. Remerciez-en les bons esprits qui vous protègent, et ne soyez pas à l’avenir si prêts à croire à ces sortes de chor ses, je sais que chez vous il y a de méchantes gens, jaloux des autres, des empoisonneurs de bestiaux, et faisant toutes sortes de tour, qui les font redouter de ceux qui en ont frayeur, et qui ne se tiennent pas sur leurs gardes, mais on vient à bout de les connaître et de les paralyser dans leurs projets!

Enfin j’avons voulu vous dire, reprit la fille, ce qui s’était passé et vous remercier de ce que vous avez fait pour nous.

Je restai confondu devant autant d’audace de la part de ce présumé prêtre, et de tant de bêtise de la part de cette pauvre famille, de-

vant celle du mari, principalement jeune, fort, figure intelligente, qui souriait quand sa femme nous contait ce qu’elle avait fait, et paraissait se dire, j’en ai une femme qui n’a pas froid aux yeux! oui, me disai-je, quand toi tu as lroid dans le dos !

troisième fait. Cette fois-ci c’est un jeune homme, cultivateur, au regard inquiet et craintif, il semble n’oser dire le sujet de sa visite : cependant, après m’avoir regardé à deux fois, il me dit: « Excusez monsieur, mais tel vous me voyez, je suis un homme bien malheureux, je suis envoyé auprès de vous, par une personne que vous avez sauvée, si je pouvais avoir le même bonheur, j’en remercierais Dieu et tous les saints du paradis; il s’arrêta.

Continuez, lui dis-je.

— Voyez-vous monsieur, nous avons un berger chez nous qui fait le plus de mal qu’il peut à tout le monde, il est redouté à plus de trois lieues à la ronde, c’est un homme qui marmotte toujours entre ses dents; on ne sait ce qu’il dit, ses moutons marchent tout seuls, ses chiens s’entendent avec eux,jamais il n’en a de malades, il a toujours des herbes sous le bras, quand les nôtres meurent, que toutes nos bêtes sont malades, et nous aussi! Ma pauvre femme a perdu son lait, et notre bique aussi, si bien que not’ petit n’a plus rien à boire! not’ cheval est maigre comme moi, et notre vache a le vertigo, je crois qu’elle veut

le taureau. Mais monsieur, voyez-vous, j’suis marchand degraine d’oignons; c’est-à-dire que je cultive de l’oignon, et que j’en récolte la graine pour la vendre, j’avions le plus beau champs d’oignons qu’on ait vu; mais maintenant que le berger a jeté un sort sur ma terre, je ne récolte presque plus rien.

Voyant que cet homme allait raconter ains i ses malheurs jusqu’à épuisement, je lui dis : Je comprends, vous allez conter ces choses à madame que je vais mettre en état de vous comprendre et de vous conseiller ce que vous avez à faire. Quant à moi, je me charge de votre berger.

— Je sais bien, monsieur, qu’il ne pèsera pas lourd dans vos mains le vieux chenapand.

— J’endors Adèle à laquelle il recommence de conter son histoire, et la continue ainsi,

« Oui, madame, il y a bien longtemps que j’sommes victimes, nous et bien d’autres de ce berger-là. » Nous avons déjà perdu un cheval des tranchées qu’il lui avait données, et une vache qui est morte en vêlant. Nous ne pouvons plus dormir tellement notre chien aboie, et, que nos oies crient. Voyez tout ça, madame, et dites-nous ce que nous devons faire pour sortir de ce mauvais pas-là.

Je vois, lui dit Adèle, que vous ne prenez guère soin de vos bêtes. Votre vache a du fumier pourri jusqu’à mi-jambe.

— Mais, madame, nous n’avons plus de paille !

— Il faut en avoir, cette bête ne peut rester dans un tel bourbier. Votre cheval crève de faim; je ne vois pas un brin de foin dans son râtelier, ni un grain d’avoine dans le coffre, de quoi vit-il donc?

— Dame, de l’herbe des champs.

- Cela n’est pas suffisant, vous le perdrez, comme l’autre, des tranchées. Votre femme fait pitié, elle n’a que la peau sur les os, elle doit manquer de nourriture ! Comment voulezvous qu’elle ait du lait dans cet état?

— Dam, j’vivons pas d’ortolans, depuis que ce gas-là nous a ensorcelés, nous avons toujours été de plus en plus mal.

- Votre chien aboie, et vos oies crient, cela n’est pas étonnant vous êtes rongés par les rats.

— C’est lui qui nous les envoie!

— Vous ne tumez pas souvent votre terre?

— J’avons pas de fumier.

— Celui que je vois de trop dans l’étable, dans l’écurie et dans la cour serait mieux placé sur votre terre que de vous empoisonner vous et vos bestiaux, car cela sent une infection chez vous.

— Que voulez-vous, madame, j’avons pas le courage de travailler; j’voyons que j’sommes perdus? L’propriétaire va nous mettre à la porte, j’ne savons où nous irons?

— Restez chez vous et reprenez courage, nettoyez-moi à fond cette étable et votre cour, vendez votre cheval, etlouez-en un quand vous en aurez besoin; car il ne vous est pas d’un grand secours ; avec l’argent que vous en toucherez , vous achèterez de la paille pour faire de bonnes litières à votre vache, et achetez de la nourriture pour lui redonner du lait; elle n’a pas besoin du taureau, son vertigo [est occasionné par la faim, fournissez-vous de deux bons chats auxquels vous ne donnerez que de l’eau pour toute nourriture, ils vous débarrasseront de la vermine, vos oies et votre chien dormiront en paix, et vous ferez de même; achetez de la farine pour cuire, et un petit porc pour l’élever. Labourez profondément votre terre et fumez-la largement, je vous garantis que vos graines y lèveront bien et vous rapporteront profit.

Suivirent quelques conseils supplémentaires.

— Oh! madame, je ferai tout ce que vous me dites, puisse le bon Dieu venir à.notre secours, mais le propriétaire que fera-t-ii?

— C’est un brave homme qui, vous voyant remettre au travail, ne vous tourmentera pas.

— Et le berger?

— Le berger vaêtre paralysé par les bons esprits que nous allons prier à cette intention. Rentrez chez vous plein de foi et d’espoir ; dites à votre femme ce que vous avez vu et en-

tendu, cela lui remettra du baume dans l’âme, et vous verrez que la vie et le calme rentreront chez vous avec la bonne récolte que vous ferez.

— Oh! mon Dieu, quel bonheur de vous avoir connue, merci, bien merci, je vous ferai goûter de mon oignon !

Ce brave homme nous quitta plein d’espoir, l’année ne se passa pas sans que ce qu’avait prédit Adèle arrivât, le pauvre berger tomba naturellement malade quelques jours après cette consultation, notre jeune homme crut que c’était moi qui l’avais mis au lit!

— Oh ! pauvres frères ! que d’ignorance, que d’innocence, que d’humilité et de faiblesse.

— Que 11’avez-vous des professeurs honnêtes qui vous éclairent avec amour? Vous êtes le fruit du prêtre, c’est lui qui le premier vous inspire ces croyances ; c'est lui qui pétrit votre intelligence, et la tient sous sa férule tyrannique, tant que votre femme le trouvera supérieur à vous, attendez-vous à rester ce que vous êtes !

Les quelques faits que je viens de raconter sont pris dans des centaines d’autres du même ordre ; mais en voici qui sont d’un autre genre, ils sentent les passions, les vices et les crimes des hommes.

quatrième fait. — C’est un homme presque voisin, qui entre l’air effaré, il est sans doute

dans cet état, me dis-je à la suite d’un mauvais rêve ou d’une dispute.

— Je désire des renseignements dit-il, sur ma maison. J’endormis Adèle à laquelle, lorsqu’elle eut à peine les yeux clos, il dit : Ma femme me trompe, voyez voir?

La question était brutale : Comment se nomme votre femme, lui demanda Adèle?

— Rosalie C...

— Elle est petite de taille, trente années environ, brune de cheveux, figure ovale, teint très pâle, regard doux, beaux yeux.

— Oui, la mâtine; c’est cela qui me chiffonne.

— Douce de caractère?

— Oui, la jésuite. ,

— Aimant beaucoup?

— De trop.

— Vous trouvez qu’elle vous aime trop?

— Elle ne m’aime pas du tout au contraire.

— Vous croyez que votre femme vous

trompe?

— Pardié, si je le crois, la gueuse! Oh! elle y passera le pas?

— Pauvre homme que vous êtes, posséder une si douce, une si noble, une si aimante créature, et l’appeler gueuset la vouloir tuer? C’est bien mal de votre part, vous ne la valez pas.

— Et le voisin chez lequel elle va passer tous les soirs?

— Oui, pendant que vous allez chez le marchand de vin dépenser votre argent. Où voulez-vous qu’elle aille? Courir ies rues! C’est là où vous l’accuseriez davantage.

Elle va chez d’honnêtes gens, dont le mari est un modèle de bonté et de sage conduite envers sa femme qui, du reste, le mérite; quand vous, vous maudissez et battez même la vôtre, qui n’a pas moins de mérite que sa voisine !

Pourquoi venez-vous me consulter? Parce que vous avez foi dans moi?

— Oui, madame.

La figure de cet homme était moins contractée en ce moment, une larme mouillait ses paupières.

— En deux mots, reprit-il brusquement, ma femme me trompe-t-elle?

— En deux mots, rentrez chez vous, embrassez votre temme, et dites-lui que vous croyez en sa fidélité, et que vous l’aimez trop, pour la rendre malheureuse dans l’avenir, qu’elle oublie le passé et ne compte plus que sur d’heureux jours !

Vous êtes une brave femme dit cet homme à la lucide, vous venez de m’ôter un fameux poids de dessus la conscience! Vous me faites retrouver celle que j’aimais, et que j’aime tant. Vous me changez! vous me rachetez, j’allais devenir criminel ! Merci , madame , merci, je me souviendrai de vous.

Nous sûmes plus tard que ce pauvre mé-

nage tant troublé, redevint ce qn’il devait être, calme et heureux !

cinquième fait. — Cette fois-ci, c’est une vieille vigneronne marchant avec crainte pour entrer dans notre salle de réception. Elle est accompagnée de son petit-fils, jeune homme de dix-neuf années environ. Elle veut consulter sur un vol qui a été fait à son préjudice. Adèle n’aime pas taire ce genre de recherches vu qu’elle peut se tromper, ce dont nous avertissons la consultante, mais celle-ci dit: Cela 11e fait rien, c’est pour ma satisfaction, j’en prendrai ce.que je trouverai bon.

J’endormis Adèle, à laquelle la vieille femme dit : Cherchez bien, madame, j'avions fait quelques économies, que j’avions placées dans un pot à beurre en grès que j’avions enterré dans not’jardin de crainte des voleurs, j’dois vous le dire (à ces paroles la bonne femme regarda fièrement son peti t-tils, qui parut u’y pas faire attention) que c’était dans le jour, sur le soir, il y avait des maçons pas loin de là qui bâtissaient une maison et qui pouvaient nous voir, enfin quelque temps après, j’avions besoin de not’argent (il y avait douze cents francs dans le pot) ; je n’pûmes le trouver, voyez voir qui l’a volé?

Après un bon moment de recherches, Adèle s’écria : Mais votre pot n’a pas été volé, il est toujours à la même place, vous avez fouillé au moins deux mètres plus foin. Retournez, fouil-

lez deux mètres plus sur votre droite, faisant face à la muraille il y est ; et vous le retrouverez: (à cette assertion, le jeune homme poussa un soupir, comme si quelque chose l’oppressait et qu’il en fût débarrassé).

La vieille dit: Vous êtes sûre ; vous voyez bien?

— Allez de suite vous en assurer, et promettez-moi de me dire si j’ai vu juste.

— Je vous l’dirai, et j’vous donnerai une botte d’asperges.

-J’accepte.

Dès le lendemain, nous sûmes que le pot et son contenu avaient été retrouvés où l’avait indiqué Adèle, le petit-fils en apportant la botte d’asperges nous dit, ma grand mère vous a parlé de maçons c’est vrai, mais elle me soupçonnait. Je suis bien content de la tournure qu’a pris cette aftaire.

sixième fait. Ce n’est pas une vieille femme qui vient faire des recherches après son pot aux écus. C’est une jeune tille ayant son honneur compromis selon la loi des hommes.

Agée à peine de dix-sept années, d’une figure des plus belles, mise aisée, air plein de pudeur, elle demande une consultation secrète à laquelle cependant je suis admis.

Adèle est à peine en sommeil, que cette pauvre enfant lui saisit les deux mains, et lui dit en sanglotant: Oh! madame, sauvez-moi, je

n’ai plus qu’à mourir de honte et de douleur!

— Il est difficile, répond Adèle, de vous tirer de ce mauvais pas. C’est une faute, c’est un oubli, c’est un égarement auxquels toutes les jeunes tilles sont sujettes et où la plupart tombent. -Ne vous désolez pas, l’enfant est bien placé et plein de vie. Il viendra à terme, et les choses tourneront mieux que vous ne Je pensez!

— Mais mon père me tuera avant ce temps là! je ne pourrai jamais avoir le courage d’en instruire ma mère qui, elle aussi me maudira! mon frère que j’aime tant ne voudra plus me voir! oh! non, il me faut mourir, ou que je sois débarrassée de cette marque vivante de mon dés’honneur!

Après une grande pose dans laquelle Adèle la laissa sans réponse, elle reprit en disant : On m’a dit, madame, que vous pourriez m’enseigner un moyen de me débarrasser ?oh! sauvezmoi, sauvez-moi! Adèle lui dit : c’est parce que je veux vous sauver, que je ne peux souscrire à ce que vous me demandez. C’est un crimel je n’en ai pas commis jusqu’à ce jour, je ne commencerai pas maintenant. Je vous engage de chasser cette pensée de votre cœur, et de faire votre devoir de mère, vous en serez récompensée; voilà ce qui vous arrivera, écoutez-moi bien, et suivez mes conseils :

Vous devez avoir une tante qui est veuve,

THÉKAPEUTIQHE DU MAGNÉTISME

et qui vous aime comme sou enfant, elle demeure à quelques lieues de Paris. Vous ferez la malade d’ici trois mois, vous êtes dans votre troisième mois de grossesse, cela fera six mois, vous simulerez avoir eu peur, dès en rentrant chez vous, ce qui occasionnera une prétendue suppression qui existe déjà.

Vous ne serrerez pas votre corset, le gonflement qui se remarquera sera pris, pour avoir été engendré par la peur qui aura causé la suppression. Le médecin vous traitera comme ayant eu le sang tourné, passant à l’hydropisie, il conseillera de vous envoyer à la campagne, et l’on vous enverra chez votre tante. Là, vous serez à même de l’instruire de votre état, elle a le cœur excellent, elle vous plaipdra, et trouvera le moyen d’en instruire doucement sa sœur, votre mère, la première, qui, elle à son tour, en instruira votre père. Il y aura des scènes orageuses, qui vous tueraient si vous y assistiez.

— Je serais bien heureuse, s’écria la pauvre enfant.

— Ne dites pas cela, vous le serez sans cela.

— Mais comment, je suis abandonnée! l’auteur de ma faute rit de moi.

— Il ne rit pas de vous, au contraire, il souffre autant que vous, mais d’une autre manière. De mauvais rapports lui ont été faits sur vous par une de vos amies qui le vou-

drait pour elle. Le temps qui se passera pour la connaissance de votre état par votre père, et le moment où vous accoucherez aura apaisé sa colère. Il vous aime trop, pour ne plus vous revoir. Vous aurez un garçon, ce qui réjouira votre amant et le ramènera près de vous; trois mois après vous vous marierez, et vous vivrez très heureux ensemble. Le temps des ) leurs sera passé.

— Mais celui de la honte restera, dit en pleurant la pauvre petite.

— Il passera comme l’autre, répond Adèle.

— Qui m’affirme qu’il en sera tel vous le dites, madame, et que vous ne faites pas erreur?

— J’ai prié pour n’en pas faire. Vous êtes une entant que je désire sauver. Croyez en ce que je vous dis, ayez le courage défaire ce que je viens de vous conseiller, et vous verrez si vous ne serez pas plus heureuse d’avoir acquis un tel bonheur au prix de quelques douleurs.

— Merci madame, que Dieu ait pitié de moi et permette que vous ayez vu juste!

Tel l’avait prédit Adèle telles les choses se passèrent. Un crime, par ce fait, ne fut pas commis.

Cette jeune fille n’élait pas la première à laquelle Adèle avait empêché de recourir à ce monstrueux moyen, soit par la peur qu’elle leur faisait de ne pas réussir, et de pouvoir

en mourir, ou d’en être blessée, ou accusée; toujours, elle a réussi à porter l’épouvante dans leur cœur et fait que les choses suivissent leur cours. J’arrête là mes citations, et je dis que c’est pour avoir accompli de telles choses que la loi inexorable nous condamnerait à la prison et que nos adversaires nous traiteraient de charlatan. Oh! pauvre civilisation de nos jours, qu’il te reste à faire pour enseigner le vrail pratiquer le bien, et récompenser la vertu! Si j’ai été un peu long, mes frères et sœurs, veuillez ne pas m’en tenir rigueur en faveur du besoin que je ressentais de vous instruire sur des choses que vous ne connaissez que de nom!

Il faut faire la part de la crédulité humaine; et si cette crédulité est plus étendue qu’on ne le suppose, il ne faut pas en déduire qu’elle n’est appuyée que par des contes fantaisistes. Il existe réellement des natures qui ne rêvent que mal faire, qui par jalousie, faux jugement, orgueil de passer pour être ce qu’elles ne sont pas, se livrent tant à l’étude des poisons qu’à celle des puissances ocultes, des esprits dégagés de la matière et à celle d’un magnétisme malfaisant; questions que nous avons traitées dans notre ouvrage, : Magie magnétique, et sur lesquelles il nous reste beaucoup à dire. Nous venons à nouveau d’être mis à même d’apprécier la valeur de l’action occulte de l’homme sur l’homme, tant par des magnéti-

satious occultes, que par des imprécations faites en des termes dits magiques, et qui sont révélées aux hommes sous forme de dessins et de caractère de bizarre compositions; puis de certains talismans dont nous possédons une bonne collection. Le fait suivant dont nous parlons vient de se passer en Algérie, eu voici l’historique :

M. Duparc, habitant de Paris, venait de recevoir une lettre d’une amie d’Alger, qui le priait de nous intéresser à une pauvre famille décimée par la maladie et la mort, et cela par le fait, croit-on, d’un envoûtement dont ces contrées sont tourmentées. Le dernier fils d’un vieillard était dans un état par lequel avait passé ses frères; il était condamné à eu mourir comme eux. Adèle visita ce malade et son entourage, tant au point de vue de la maladie, qu’à celui de l’envoûtement présumé. Elle reconnut l’existence de cet envoûtement, et donna quelques conseils concernant la santé du malade. Monsieur Duparc envoya à son amie le résultat de cette étude et y ajouta quelques conseils.

Voici ce que M. D... m’écrit aujourd’hui, 27 janvier 1883, sur ce sujet.

Mou cher monsieur Cahagnet,

Ci-joint une lettre d’Alger; prière de me la retourner, pour que je puisse y répondre.

Vous savez qu’il y a de cela quelques mois,

vous m’avez parlé d’un paysan de vos environs, qui était venu vous consulter, pour cause de sorcellerie. Vous lui avez prescrit un grand nettoyage chez lui et dans son écurie, etc. En envoyant votre réponse à Alger, l’idée m’est venue de conseiller ce grand nettoyage. C’est donc à vous seul que revient le mérite de la guérison.

Savez-vous que ces ensorcellements sont prodigieusement dangereux. Le mal domine trop sur notre planète ; et c’est parce qu’elle est très inférieure qu’elle a besoin de secours non malfaisants, mais protecteurs. Dans notre lutte pour la vie, n’avons-nous pas assez de combats à soutenir, pour avoir encore à subir les attentats des invisibles? voici la lettre que je reçois. .Tout à vous,

Duparc.

Alger, 24 janvier 1883.

Cher Monsieur,

C’est encore au lieu et place de cette bonne madame Klein, empêchée par ses nombreux travaux, que j’ai le plaisir de prendre ,1a plume et de me faire son interprète, pour vous transmettre ainsi qu’à votre ami, le bon et vénérable M. Cabagnet, tous ses remerciements, pour avoir bien voulu vous intéresser à son malade.

Tout a parfaitement réussi. Nous venons

de recevoir la visite du vieux père, nous annonçant la guérison complète de son fils. Ce pauvre homme ne savait comment témoigner sa profonde reconnaissance, et nous prier de remercier pour lui, vous et monsieur Cahagnet, ce que je suis heureuse de taire! Il est si agréable d’annoncer une bonne nouvelle !

mais la plus grande partie des remerciements doit s’adresser à vous; car c’est en suivant votre conseil, de procéder immédiatement à un nettoyage complet, que ce jeune homme qui avait été condamné par tous les médecins, et même par certains médiums , qui a été plusieurs jours à l’agonie, puisque lorsque son père vint nous prier, il croyait que ce n’était plus qu’une question d'heures : que ce jeune homme, dis-je, a été guéri.

A la réception de votre lettre, on s’est mis mis à l’œuvre : écurie, remise, maison, tout a été lavé et épuré. On a défait oreillers et matelas, dans lesquels on a trouvé, une grande quantité de laine tortillée, tressée et nouée de certaines façons, avec des chiffons pleins de poudre jaune, des plumes placées en croix avec des piquants dehors, et en forme de couronnes, de cœurs traversés de piquants ; enfin toutes sortes de formes étranges et cabalistiques, qui ne s’étaient pas faites seules assurément.

Ou a mis de la nouvelle laine, d’autres plumes, et le malade s’est remis immédiatement,

comme par enchantement. Quoi qu’on dise, les populations mauresques, espagnoles et napolitaines abondant ici, s’adonnent à ces sortes de sortilèges, et font beaucoup de mal.

Dans ce cas, c’est une Espagnole, sœur de la première femme ! Enfin, réjouissons-nous, le bien a vaincu le mal, et nous avons la victoire.

Espérons qu’il en sera de même à l’égard du petit épileptique que soigne madame Klein, c’est une obsession, une vengeance, mais l’esprit obsesseur est démasqué. Il est venu deux fois prendre possession de madame K... entransée, avec une violence inouïe. Il a plusieurs fois essayé de la tuer en la frappant au cœur, au point de la rendre bien malade ; mais on l’a dégagée, et on nous assure que l’entant se ressent peu des restes de ses mauvais fluides, car il ne peut plus entrer chez lui. Il taut avoir vu cela, pour s’en faire une idée exacte.

Votre dévouée, C’"*

P. S. Veuillez communiquer à M. Cahagnet, et le remercier.

Cette communication nous prouve que ce n’est pas seulement dans nos campagnes, que ces croyances et ces faits ont lieu, la Perse , à Ceylan , au Tonqum, fen Chine, au Japon, chez les Hottentots, au Canada, chez les Virginiens, au Pérou, au Mexique, aux îles Caraïbes, au Brésil , au Kamtschatha, en Laponie, en Grèce,

en Abyssinie, dans toute Y Afrique, en Océanie', enfin, presque en tous lieux, ces croyances sont plus ou moins répandues; elles sont la conséquence de celles concernant les esprits, à la puissance des plantes et des hommes dans certaines conditions et dans certains cas. Etudions, mais ni enthousiasme, ni négation.

Maladies épidémiques et contagieuses : Choléra, cholérine, fièvre typhoïde, fièvre jaune, vomito, virus vénérien; galle, petite vérole, rage, morve, etc., etc.

Les maladies épidémiques et contagieuses, relèvent-elles des sphères des globes?

Des globes eux-mêmes ou de ceux qui les habitent?

Sont-elles générales ou locales?

Peut-on les éviter, les paralyser, ou les annuler ?

Nous répondrons à la première de ces questions, que si c'étaient les sphères de ces globes qui fussent susceptibles de changer d'état, pour d’harmoniques qu’elles paraissent être à l’homme, devenir désharmoniques et détruire ce qu’elles semblent conserver avec tant de sagesse, le glone qu’elles enserrent dans leurs flancs, serait influencé alors par elles sur toutes ses surfaces à la lois, et présenterait en tout lieu les mêmes désordres, ce qu’on ne remarque pas, et ce qui apparemment n’est pas.

Est-ce le globe lui-même qui entre dans ce genre de révolte contre les êtres qui l’habitent?

La localisation remarquée dans ce genre de destruction, la pourrait faire supposer, En ce que certaines contrées de l'Amérique, par exemple, ont leur genre d’épidémies comme la fièvre jaune, le vomito, et l’Asie son choléra et ses pestes différentes,

L’Afrique, ses dysentéries, et SCS fièvres typhoïdes,

L’Océanie, ses maladies locales en ce genre.

L’Europe paraît être un réceptacle de tous les genres de contagions connues, du choléra à la cholérine, du mal vénérien à la petite vérole, de la fièvre putride à celle typhoïde, de la gale à l’eczéma, du virus rabique à la morve, etc., etc.

Nous remarquons que ces maladies sont plus locales que générales, et beaucoup moins contagieuses qu’on le suppose, ce qui ferait porter à penser qu’elles pourraient avoir leur siège aussi bien dans l’être que dans la terre, ou dans l’air qu’il respire.

Nous voyons dans ceux qui soignent les malades, qui sont en contact avec leurs déjections, qui lavent leur linge et leurs vêtements, qui les ensevelissent, et portent à l’occasion leur hardes, que la contagion ne les atteint pas!

Nos marins, voyageant dans les pays atteints de ces fléaux, leur paient quelquefois de leur personne un tribut, mais c’est l’accident. Ils reviennent leur navire chargé des récoltes faites dans ces pays, soit en sucre, café, coton, cacao, etc., toutes substances qui, si c’est la terre qui contient les germes de ces maladies, devraient en être infectées, et nous les transmettre nous qui en faisons nos délices. Ce n’est pas une quarantaine de quelques jours qui peut changer la nature de ces germes pestilentiels. Tel voyageur qui aura affronté dix fois ces épidémies et qui en est victime à la onzième fois, ne donne-t-il pas à penser que c’est plutôt une disposition de son corps ou de s.es pensées qui auront aidé à l’éclosion de cës germes?

Un homme sur dix sera atteint du virus vénérien.

Dix entants vaccinés seront atteints de la petite vérole et vingt autres qui ne l’ont pas été ne le seront pas?

Une personne couchera dans le lit d’un galeux, sans attraper la gale. Un autre couchera dans un lit ou on lui dira (à faux) que vient de mourir un cholérique. Cet homme mourra, offrant sur son corps toutes les marques de cette maladie.

Dans la peste de Marseille, où la moitié des habitants périrent autant de peur que

de cette peste, les cadavres, restaient exposés dans les rues ne trouvant personne pour les enterrer; l’on eut recours aux forçats pour faire cette triste besogne; il ne mourut pas un seul de ces hommes insouciants, qui faisaient bombances, entourés de ces chairs en décomposition, et par leur courage, ranimèrent les craintifs, qui rentrèrent en ville et réparèrent les désordres apportés par ce fléau.

La coqueluche chez les enfants est contagieuse; l'on voit souvent dans une maison tous les enfants en être atteints, quand dans la maison voisine où ils vont jouer avec ceux qui l’habitent, l’on ne voit pas que ces derniers en soient atteints!

La morve se gagne également, mais elle rencontre des obstacles dans les dispositions physiques des animaux, qui la bravent impunément.

La phthisie, l 'épilepsie, les cancers, semblent être héréditaires chez certains êtres, mais dans la majeure partie des familles, cela n’a pas lieu. Ce qui prouve qu’il y a certaines conditions par lesquelles ces faits ont lieu, mais qu’ils ne sont pas soumis à une loi sans appel.

Que ces maladies soient inhérentes aux corps; soumise, à des heures d’éclosion; ou qu’elles aient leur siège dans une atmosphère viciée, dans des aliments changés d’é-

fat, elles n’en existent pas moins, et nous invitent, si nous ne pouvons connaître la source d’où elles sortent, de tâcher d’en être les victimes le moins possible.

Le premier et le plus souverain des remèdes à employer, est l’état moral de l’être. Qu’il ne s’en effraie pas; qu’il leur fasse face avec indifférence, et ne se laisse pas dominer par la crainte même en en étant atteint.

L’on a prétendu que la voirie y était pour beaucoup ainsi que la non propreté :

les villes aux rues étroites et boueuses, le manque d’écoulement des eaux, les dépôts de fumiers et d’ordures séjournant dans des lieux mal aérés, sont autant de causes qui déterminent les épidémies et les pestes, croit-on. 11 peut y avoir du vrai dans cette proposition, mais assurément elle ne peut être généralisée, car les lieux les plus aérés, les villes les mieux tenues, les intérieurs les plus confortables en sont atteint comme les lieux les plus négligés. La Bretagne qui certes laisse beaucoup à désirer en fait de propreté, la Normandie, la Picardie, l’Auvergne, et bon nombre d’autres localités n’en sont pas plus victimes que les contrées les mieux soignées. Voyant en cela le pour et le contre, on ne peut donc affirmer plus l’un que l’autre?

Y a-t-il des préservatifs?

Une conduite sobre, une constitution saine, des soins de propreté, une force de caractère assez puissante pour ne s’émouvoir et ne craindre quoi que ce soit, des fonctions régulières des intestins, sont autant de préservatifs désirables, mais qui n’empêchent pas que les droits de la destinée soient sacrés.

L’on s’est beaucoup servi d’aromates en cette occasion comme étant des préservatifs.

Le camphre, le goudron, le chlore, le phénol ou acide phénique ; la sauge, le romarin, la lavande, le safran, le musc, le thym, la mélisse, la menthe poivrée, l’absinthe, le fenouil, lé baume, le citron, etc., etc. ont été employés dans ce but.

Le camphre attaque les nerfs et porte à la folie.

Le goudron ne garantit pas nos marins d’avoir la fièvre jaune, le choléra et d’autres maladies.

Le chlore a été détrôné par l’acide phénique en attendant que celui-ci le soit par un autre.

La sauge que les anciens regardaient comme une panacée universelle, nous laisse mourir comme ses sœurs de la flore terrestre.

Le romarin, base de l’eau de la reine de Hongrie, a perdu la réputation que cette

bonne reine lui avait accordée, il en est de même de tous les préservatifs du règne végétal; les parfumeurs, les pharmaciens, les droguistes qui en sont entourés, ouvrent souvent cette marche funèbre qui nous conduit vers le Styx?

S’ils sont un moyen de force et de foi, qu’on en use.

Restent les moyens de guérison; existent-ils? Quels sont-ils?

Quand le destin le permet, ils existent ; qu’on en essaie.

Choléra.

remèdes. — Dans le choléra, par exemple; il est bon d’employer les remèdes suivants que nous avons employés avec succès dans maintes occasions. Commencer par demander du feu pour chauffer de l’eau ou des briques, qu’on place aux pieds du malade, ainsi qu’à ses côtés aün de chercher à produire une forte sueur, lui donner à boire plusieurs tasses d’infusion de trois fleurs de camomille par tasse, et unecuillerée àsoupe d’eau defleur d’oranger, bien frictionner des épaules, poitrine, reins et cuisses jusqu’aux pieds avec de l’huile tiède de camomille non camphrée. Poser sur le ventre continuellement des linges très chauds. Souffler à une faible distance vers la racine du nez à plusieurs reprises différentes

Ajouter à l’occasion un bon petit verre de rhum dans une tasse d’infusion de thé noir.

Après les linges chauds poser des cataplasmes sur le ventre, qu’ils soient faits à la farine de riz délayée avec une décoction de racine de guimauve et d’une demi-tète de pavot.

Si les crampes continuent, avoir recours à deux cuillerées à soupe d’eau de fleur d’oranger tiède et sucrée. Si elles persévèrent, mettre dans un verre d’eau chaude dix gouttes d’éther, dix gouttes de laudanum et dix gouttes d’alcool de menthe, boire très chaud par cuillerées à soupe distancées, de dix en dix minutes, poser sur le creux de l’estomac et sur le nombril, un linge blanc plié en quatre, et souffler à travers à plusieurs reprises, les lèvres posées dessus avec l’intention de réchauffer et de calmer ces parties. Rassurer le malade, être pénétré soi-même d’obtenir un succès. Plus votre moral sera calme, plus grande sera votre action.

Ce traitement a réussi sur nous-même, et sur un grand nombre de malades pour lesquels nous l’avons conseillé depuis 1847.

Si nous employons la camomille de préférence à toute autre fleur, c’estqu’Adèle, notre lucide, l’a dit être un poison pour les animalcules cholériques qui, selon elle, sont la cause première du choléra. Le reste du traitement rentre dans le cadre de ceux de la science

officielle. Les déjections par le haut et par le bas seront arrêtées par la camomille.

cholérine. — La cholérine se traite simplement par la chaleur, infusion de camomille, mêmes cataplasmes sur le ventre ; et l’emploi de l'huile de camomille pour graisser seulement l’estomac et le ventre, qu’il faut couvrir continuellement de ouate. Lavements à l’huile pure, alternés avec une décoction de racine de guimauve et de fleur de sureau.

Si la diarrhée continuait, ajouter une demitête de pavot au lavement au lieu de fleur de sureau et d’une décoction de riz au lieu de guimauve.

Fièvre typhoïde.

Cette fièvre n’est autre que l’invasion d’une espèce d’animalcules, non de la même famille de ceux cholériques, mais non moins dangereux, qui s’attaquent principalement aux muqueuses des voies digestives, et plus particulièrement aux intestins; paralysent leurs fonctions, en détruisent les tissus et amènent la mort par la décomposition. Cette maladie a quelques rapports avec l’empoisonnement par la trichine. Elle influe sur la circulation du sang, en en chargeant principalement la tête. Le traitement doit viser tout l’ensemble du corps. Pour la tête, mettre des compresses sur le front, principalement d’eau sédative coupée de moitié eau chaude, des

compresses d’infusion d’arnica alternées avec les précédentes. Boire d’une infusion de trois fleurs de camomille par verre, sucrer et y ajouter une cuillerée à café d’eau de fleur d’oranger pour faciliter l’émission de gaz qui se trouvent être contenus dans l’estomac. Alterner avec une infusion de vulnéraire les premiers jours seulement ; puis alterner l’infusion de camomille avec une infusion de capilaire de Montpellier, qui contrebalancera ce que la camomille a d’échauffant, poser sur le ventre force cataplasmes à la farine de iin, eau de racine de guimauve et de fleurs de coquelicot, lavements réitérés, c’està-dire tous les jours à l’huile pure, alternés avec une décoction de guimauve et fleur de sureau, un jour l’un, un jour l’autre. Purger tous les deux jours avec dix grammes de sel de magnésie fondus dans un verre d’infusion de deux fleurs de camomille très sucrée, et boire après chaque selle, de l’infusion de pensée des champs. Cette fièvre dure ordinairement vingt et un jours. Eviter toute nourriture solide, hors les bouillons de bœuf et de poulet. Lorsque la convalescence se déclare, l’appétit devient ardent, c’est là où reparaît le danger, il faut ménager la nourriture, éviter les substances dures, difficiles à digérer, car les intestins ne sont plus composés que d’une faible pellicule, que le moindre corps dur, perforerait et amènerait ce qu’on voulait évi-

ter, la mort\ La convalescence demande plus de soins dans son traitement, que la maladie même. Là, l'infusion de capillaire seule, suffit; en couper le vin du repas ; pas de vaillance, de la prudence.

la fièvre jaune et le vomito sont des maladies locales, rétives à tous remèdes connus; brutales et sans pitié, elles emportent ceux qu’elles touchent en si peu de temps, qu’elles sont presque sans traitement. Cependant, dans les contrées qu’elles habitent, il y a quelques remèdes du domaine des lieux, mais qui n’ont le plus souvent que des effets et des résultats insignifiants.

Virus vénérien.

Ce virus a-t-il un préservatif et des remèdes appropriés ?

Il a l’un et l’autre, le préservatif est dans la sagesse et dans la prudence, connaître les êtres avec lesquels on lie des rapports amoureux, éviter ceux des lieux de prostitution; et des filles trop complaisantes. Quand on s’égare dans ces lieux, ne pas oublier de se couvrir de la capote anglaise; ne point baiser aux lèvres et essuyer préalablement les verres dans lesquels on boit.

les remèdes. — Nous en avons déjà traité dans des maladies des voies urinaires, ces remèdes consistent dans les dépuratifs, n’importe de quelle nature ces maux soient. A partir du

simple chancre, à réchauffement la chaudepisse simple et celle cordée, des bubons aux aines ou sous les bras ; des ulcérations taibles ou compliquées, il faut épurer le sang qui se trouve être vicié par ce virus. Dans la chaude-pisse ordinaire, produisant un écoulement permanent, on s’empresse, en nos jours, de le tarir au moyen de capsules de copahu ou autres, sans s’inquiéter qu’on renferme le loup dans la bergerie ; ce qui fait que le mal reparaît à la prochaine occasion ; il faut au contraire couper ce mal lentement, en buvant une heure avant chaque repas un verre delà tisane dépurative qui suit :

Faire bouillir pendant dix minutes dans un litre d’eau.

15 grammes de salsepareille.

5 — de racine de patience.

5 — de racine de saponnaire.

5 — de racine de fraisier.

10 — de bois de réglisse.

Une cuillerée à café, graine de lin.

Lotionner les parties avec de l’eau phéniquée composée de cinq grammes d’acide phénique dans un litre d’eau, si elles sont ulcérées, ou avec de l’eau citronée. Un citron coupé par tranches pour un litre d’eau bouillante.

Après trois semaines de ce traitement, prendre deux capsules de copahu matin et soir, pendant tout le temps que l’écoulement aurait encore lieu. S’il avait cessé par le seul se-

cours du dépuratif, ne pas prendre de ces capsules.

L’ordre rétabli, purger avec quarante-cinq grammes d’huile de ricin ou soixante grammes de manne commune dans une infusion de camomille, ou avec une bouteille de limonade au citrate de magnésie. S’il paraissait encore un peu d’écoulement reprendre le dépuratif précédent, et quelques capsules; dans les bubons, avoir recours aux cataplasmes réitérés, à la farine de lin, eau de racine de guimauve; ou peut activer, par ceux à la mie de pain bouillie dans du lait; ajouter un peu de jaune d’oeuf cru en dhors du cataplasme sur Je linge même. Purger de la même manière quand il a abouti, pendant tout le temps boire du dépuratif qui précède, éviter de boire du vin pur, liqueurs et alcools; comme la cohabitation, pas de lascivités avec les femmes ayant des tlueurs blanches ; ou à peine leur époques passées. Nous n’osons penser que l’action du coïtaitlieu pendant leur course ; il s’en suivrait une grossesse malsaine, et un enfant scrofuleux et rachitique.

Gale.

La gale est une maladie de la peau, ou pour dire plus juste, cette dernière devient le siège d’animalcules qui s’y incrustent, mais qu’on détruit en nos jours très facilement au moyen

de bains au sulfure de potasse, et par le graissage à la pommade soufrée. Mais il est toujours bon de boire, pendant une quinzaine de jours, du dépuratif précité, et de se purger après.

Petite vérole.

Cette maladie exige une atmosphère chaude, et des tisanes sudorifiques, afin de faciliter la sortie des boutons qui, s’ils étaient au contact d’un air frais, rentreraient et occasionneraient la mort, ou en cas contraire, laisseraient des marques plus profondes sur la peau. Bouteille d'eau chaude aux pieds, être bien couvert, boire d’une infusion de bourrache, ou de fleur de sureau sucrée.

Eponger le pus que rendent les boutons surtout de la figure, avec une éponge fine imbibée d’une décoction de racine de guimauve, ou d’une infusion de fleur de sureau chaude.

Moins il restera de cette matière dans les trous que présentent l°s boutons, moins ils laisseront de trous. Une légère purgation la période passée. Eviter le contact avec d’autres enfants, et soi-même se laver les mains et la figure avec de l’eau phénique à 5 grammes sur 1000 d’eau. La nature agit mieux que le médecin dans ces cas, surtout quand on l’aide par les soins précités.

Rage et morve.

La rage exige la cautérisation en premier

lieu, ou ne pouvant la faire, si la morsure est aux membres, faire une forte ligature audessus d’elle en attendant secours. Les avis sont très divisés sur la guérison de cette terrible maladie.

Chacun a loi dans l'efficacité des remèdes prônés dans beaucoup de localités; on y a recours, et l’on meurt l’heure étant sonnée.

L’on sent que dans ce cas, on doit soutenir le moral du malade par des assertions vraies ou mensongères, qui ont le mérite de lui aider à attendre plus courageusement le moment fatal. Adèle conseille de sucer la plaie en premier lieu, puis de la cautériser avec de l’acide phénique pur.

Voici un remède qui m’a été communiqué dans lequel Adèle a foi, je le transcris ici tel qu’il m’a été enseigné par M. Ory, comptable à Cholet, me disant le tenir d’un médecin de l’hôpital, qui le tient lui-même d’un simple paysan qui en avait le secret.

Ce médecin en avait fait l’expérience luimême sans aucun insuccès sur cent-quarante-deux personnes ayant été mordues par des chiens enragés, et parfaitement guéries.

Ce remède consiste à mettre infuser, après être bien pilées, dans un litre devin blanc, pendant vingt-quatre heures, les substances suivantes, une poignée de chacune.

Feuilles de petites marguerites dites pâquerettes.

Feuilles de sauge.

Feuilles de rue.

Ail en gousse.

Seconde écorce d’églantier.

Sel de cuisine. En boire pendant trois jours le matin à jeun un verre et ne manger que deux heures après.

Toutes les plantes citées ont une vertu stimulante très active, nous croyons que si on y ajoutait un exercice gymnastique qui poussât à la sueur, comme par exemple une forte course, qui, en accélérant la circulation ferait mieux pénétrer le suc de ces plantes dans le sang et toute l’économie animale, qu’on obtiendrait un succès plus assuré.

Dans cette maladie, les pensées y jouent un grand rôle en jetant l’effroi dans tout l’organisme ; les personnes en plus qui vous entourent prennent des airs de circonstance, vous encourageant de leur mieux, mais ne combattent pas avec fermeté vos craintes.

Elles ne font pas assez entrer en vous la conviction que le chien n’était pas enragé, qu’il vit, qu’on Ta retrouvé et d’en présenter un au malade qui ressemblerait à celui qui Ta mordu, ce qui opérerait sur lui une contre-révolution qui pourrait au moins lui faire attendre avec plus d’assu-

rance le moment fatal, s’il n’y avait pas de remède.

Les journaux ont parlé ces temps-ci d’un homme qui avait un chat qu’il affectionnait beaucoup. Un jour, en le flattant, son chai le mordit au sang et s’échappa pendant quelque temps, son maître crut qu’il était enragé, et par ce fait se crut être également atteint de rage, il en eut tous les symptômes, et s’attendait de jour en jour à mourir, lorsqu’un jour où il était absorbé par ses tristes pensées, son chat entra dans sa chambre et lui marque toute sa satisfaction de le revoir, son maître se trouva être à l’instant débarrassé de son idée lixe et ne pensa plus à la rage.

Combien d’êtres se trouvent être dans ces conditions, ayant été mordus par des chiens, plus efl'rayés qu'enragés, morsure qui trouble ainsi l’esprit de ces personnes et les conduit à une mort, qui pourrait être évitée, en ne perdant pas ce clnen de vue, le saisissant à l’occasion et l’enchaînant pour s’assurer de son état. Tant que la personne mordue le verrait vivre elle donnerait moins cours à ses craintes, et les deux seraient sauvés en même temps.

La morve exige de grands soins de propreté dans les écuries, et'de séparer les animaux qui en sont atteints de ceux qui ne le sont pas: ne pas mêler les harnais,

prendre soi-même des précautions, avoir ' recours à l’eau phéniquée ou à l’eau acidulée de quelques grammes d’acide acétique cristallisé pour se laver les mains. Blanchir les murailles à la chaux, dans laquelle on mettra un peu de fleur de soufre. Déposer un vase contenant un peu de goudron végétal, dans un angle de l’écurie, bien laver le pavé et ne pas épargner la paille fraîche pour litière, sont des précautions qui éloignent le virus contagieux de la morve.

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