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IV. — LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA CONJONCTIVE

Corps étrangers.

De petits fragments de charbon ou des grains de sable s'introduisent parfois dans le sac conjonctival et provoquent des troubles subjectifs excessivement marqués : l'œil s'injecte, larmoie, devient douloureux,et bien souvent on prend ces phénomènes d'irritation pour une maladie oculaire grave. Le plus souvent le corps étranger siège au niveau de la paupière supérieure qu'il faut toujours avoir soin de renverser si l'on a des raisons de soupçonner un corps étranger. L'instillation d'une goutte de solution de chlorhydrate de cocaïne au 1/20 facilitera le renversement. Le corps étranger sera enlevé à l'aide d'un peu de coton ; s'il est adhérent, on se servira

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

d'une aiguille à corps étranger ou d'une petite curette.

Parfois de petits éclats métalliques pénètrent dans l'épaisseur de la conjonctive bulbaire, et il est assez difficile de les extraire. Le procédé le plus pratique consiste à aneslhésier la conjonctive à la cocaïne, à pincer avec une petite pince le point de la conjonctive dans laquelle le corps étranger est fixé, puis à l'exciser d'un coup de ciseaux.

On prescrira des lotions boriquées et des instillations de cocaïne si l'œil restait un peu sensible.

I*laîes et brûlures de la conjonctive.

Les plaies de la conjonctive produites par les instruments coupants ou piquants se cicatrisent très rapidement, et ne seront traités par l'occlusion de l'œil que si la blessure a quelque étendue.

Les brûlures sont assez fréquentes. Elles déterminent de vives douleurs qui seront atténuées par l'instillation de collyre au chlorhydrate de cocaïne.

Etendues à la conjonctive bulbaire et tarsienne, elles peuvent entraîner une soudure du globe à la paupière. Si on ne peut l'éviter par l'application de petits fragments d'ouate, ou par l'instillation quotidienne de deux à trois gouttes d'huile d'olive stérilisée, on aura recours, lorsque la cicatrisation sera complète, à la greffe conjonctivale par le procédé de de Thiersch.

De petits lambeaux seront empruntés à la peau de la face dorsale du pavillon de l'oreille ou à la face interne de la lèvre inférieure et appliqués sans suture sur la plaie après incision du symblépharon.

HÉMORRHAGIES — ECCHYMOSES CONJONCTIVALES 169

Pansement occlusif. Après quarante-huit heures, les greffes se sont déjà soudées.

Lorsque la brûlure résulte de l'introduction dans le sac conjonctival d'une substance caustique (acide ou base), le premier soin sera d'éliminer aussi rapidement que possible l'agent caustique. S'il s'agit de chaux vive, on se servira d'huile, de lait, ou d'une solution sucrée, pour nettoyer les culs-de-sac. S'il s'agit de bases caustiques, on se servira d'eau acidulée avec de l'acide acétique (une cuillerée à café de vinaigre pour un verre d'eau). Enfin si la substance caustique est un acide, on aura recours soit à l'eau de chaux étendue, soit à une solution de bicarbonate de soude (une cuillerée à café pour un verre d'eau).

Hémorrhagîes. Ecchymoses conjonctîvales.

Les hémorrhagies conjonctivales ont été observées chez certains hémophiles à la suite de petites lésions superficielles. La cocaïne en instillation les arrête facilement.

Les ecchymoses sous-conjonctivales résultent habituellement d'un traumatisme direct ou indirect. Elles peuvent aussi se produire spontanément (dans la coqueluche, l'artério-sclérose ou même en dehors de tout état général morbide). Le traitement consiste en des applications de compresses trempées dans de l'eau blanche.

MALADIES DE LA CORNÉE

Nous nous occuperons tout d'abord des lésions traumatiques de la cornée en raison de leur plus grande fréquence. Nous envisagerons ensuite les lésions ulcératives résultant d'une infection externe : ulcérations au cours des conjonctivites aiguës, ulcère serpigineux, kératite àliypopion; kératomalacie. Le troisième groupe comprendra des affections d'origine éruptive : kératite phlycténulaire, herpétique. Le quatrième groupe comprendra les affections d'origines diverses : l'ulcus rodens; la kératite filamenteuse; la kératite neuroparalytique; la kératite interstitielle ; la tuberculose cornéenne ; et les lésions cicatricielles : leucomes, staphylomes.

Le traitement des tumeurs de la cornée terminera ce chapitre.

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