C. — Il est des cas intermédiaires
où le traitement organo-soufré permet une diminution des signes fonctionnels et du trismus et rend Pinlervention plus aisée.
Cilons ces observations de KAMRAT :
1° Péricoronarile de g° :
M. G., malade âgé de 25 ans, le 22 juin 1938, présente un trismus important et des névralgies dentaires datant de cinq jours. L’examen difficile montre gÿ recouverte d’un capuchon muqueux qui laisse sourdre du pus; on note une adénopathie sous-maxillaire douloureuse.
On prescrit 10 comprimés de 109 M par jour el :
Le 24 juin, extraction de gÿ;
Le 25, amélioration; on ramène la dose de 109 M à 8 comprimés;
Le 27, extraction de g*, rapidement suivie de guérison.
2° Accident d'évolution de df compliqué d’ostéophlegmon :
M. R..., 25 ans, le 19 juillet 1938, présente une fluxion douloureuse de la joue droite et du trismus. L’examen monire d recouverte d’un capuchon muqueux d’où sourd du pus au moindre contact d’un instrument. On note également une adénopathie douloureuse sousangulo-maxillaire.
On prescrit du 109 M et l’on applique de l'acide chromique sur le capuchon muqueux.
Le 21 juillet, la douleur a disparu, le trismus a cédé, la tuméfaction est devenue fluctuante; on enlève df; le pus se draine par l’alvéole, et le 23 juillet on obüent la guérison.
3° Citons enfin lPobservation d’un ostéo-phlegmon . . À 02 . 27 A .
basilaire siégeant au niveau de d? et où le traitement
; Din
sulfamidé seul a permis la guérison, après l'échec ou l'insuffisance du traitement local :
M. E.., 54 ans; présente un ostéo-phlegmon basilaire au niveau de d’; du 17 mai 1938 au 22 juin, malgré le traitement local et injection quotidienne d’électrargol, l’aggravation des symptômes se poursuit. La guérison est obtenue avec 10 comprimés de 109 M par jour. \
Terminons cet exposé d'observations typiques avec cellés-ci :
Abcès gingival au niveau de d :
M"°S. F...,.22 ans, présente le 19 juin 1938 un trismus important datant de cinq jours. Le 22 juin, on pratique l’extraction de la dent de sagesse inférieure en cause, sans amélioration. Le 27 juin, l’aggravation des phénomènes conduit à pratiquer une injection de propidon sans résultat.
On administre alors 10 comprimés par jour de 109 M et le 30 la guérison est complète.
Ostéo-phlegmon au niveau de g° :
MACNF 26ans, (présente le 22 janvier ‘1939 un trismus important, une dent de sagesse gauche inférieure cariée, un signe de Vincent positif. On pratique une injection d’électrargol. Le 23 janvier, Pétat reste stationnaire.
On injecte alors 10 ce. de solution 109 en I. V. (sol. FRAC
Le 24, diminution du trismus, extraction de g.
Le 25, grande amélioration,
ART ae
Le 30, guérison.
Signalons lés avantages qu'ont pu tirer de l’emploi systématique des sulfamides et les conclusions qu’en tirent. les différents auteurs :
1° LanIErR, de Washington, en 1937 et en 1938, a utilisé les sulfamides dans les infections de la bouche à l'exclusion de la stomatite de Vincent — en 6 mois, 100 cas d’extraction dentaire avec pyorrhée grave, ont été traités en introduisant dans lalvéole une particule de 0 gr. 05 à 0 gr. 30 de sulfamide.
De même, traitement de 250 cas d'infections chroniques périapicales. En l’espace de 2 à 3 jours, il a noté la disparition des cocci et l’atténuation des douleurs consécutives aux extractions.
2° FurLauum, de Washington (Revue de stomatologie, août 1939), utilise les sulfamides dans le traitement de l’angine de Ludwig.
3° M. S. MARTIN a employé le 1162F dans une stomatite à fuso spirilles provoquée par les accidents de la dent de sagesse. En moins de 2 jours il a observé la cicatrisation des lésions, jusqu'alors rebelles à tout‘ traitement local.
4° M" P. KreTrER (Thèse 1938), étudie le traitement des ostéiles mandibulaires chez l’enfant par la carboxy sulfamidochrysoïdine et conclut que l’utilisation de ce dérivé organo soufré permet d’écourter la durée des ostéites réduite à quelques semaines, enrave l’extension dés lésions, limite les dégâts osseux, provoque une mobilisation des séquestres et, dans
serres
be
certains cas, limite les interventions chirurgicales si mutilantes chez l'enfant. L'intérêt de cette thérapeutique est d'autant plus grand que le pronostic fonctionnel de ces ostéites est relativement grave, étant donné la possibilité de perte de substance importante pouvant entrainer la perte des germes des dents permanentes.
9° En 1939, LEBOURG et KaAMRAT étudient l’action de la Novamide 109M dans le traitement de 36 ostéophlegmons, dans une polvarthrite dentaire, un abcès gingival, un abcès dentaire avec poly alvéolyse, des abecès de la table interne du palatin, une monarthrite aiguë suppurée, deux péricoronarites, une ostéite avec cellulite jugale et indiquent dans leurs conclusions que la durée des infections est notablement écourtée, et qu’en raison de labsence de toxicité du 109 M il n'existe pas de contre-indications de son emploi qui n’a donné, en 1938-1939, sur 200 malades, aucun acci-
dent d’intolérance même à doses massives.
6° En mars 1939, Paur (Antonio) fait une communication à la Faculté de Porto. Il a emplové le 1162F, le 46 R.P., le 40 R.P. et a pu observer les cas de guérison suivants :
1° Une ostéomyélite mandibulaire au cours de la orossesse, provoquée par le staphvlocoque aureus — guérison rapide par le 1162F et le 46 R.P.
2° Une ostéite mandibulaire guérie par le 46 R.P. que le malade introduisait dans le trou provoqué par Pélimination d’une grande partie des séquestres,
3° Une ostéomyélite atteignant toute la mandibule, guérie en 7 jours, par le 46 R.P. associé au 40 R.P.
En résumé, les indications des sulfamideis en stomatologie sont très étendues. Ce sont :
Les accidents de la dent de sagesse :
—— Péricoronarilte suppurée et ses complications,
-—— Stomatite,
Cellulite, — Abcès du plancher de la bouche, — Phlegmon, ‘
- Adénite et adénophlegmon.
Angine de Ludwig.
Les accidents infectieux osseux : — L’ostéophlegmon, Ostéite, - Ostéomyélile.
Les abcès dentaires en général, La pyorrhée alvéolaire, Prophylaxie des accidents infectieux post-opéraloires
(extractions difficiles).
L'intérêt des sulfamides au point de vue prophylactique est incontestable. On pourra en poser l’indication quand on rentontrera les différentes circonslances étiologiques que nous avons signalées plus haut.
Au point de vue curatif, le rôle que jouent les organo soufrés est toujours important, soit qu’ils constituent l'élément essentiel de la thérapeutique anti-infectieuse, soit qu'ils se présentent Comme un adjuvant
capital de la chirurgie en améliorant les signes fonctionnels et en facilitant l'intervention, où en garan- Lissant les résultats opératoires.
En effet, si la médication sulfamidée semble avoir arrêté l’évolution des graves complications infectieuses, elle est sans action sur les suppurations et complications déjà survenues et elle doit être combinée au traitement chirurgical.
en. CONCLUSIONS
de
tieuse, grâce aux sulfamides, trouvent leur place
Les progrès de la thérapeutique anti-infec-
et leur application en pathologie bucco-pharyngée.
a) Application de poudre de sulfamide après les interventions, dans les stomatites, dans la pyorrhée alvéolo dentaire.
b) Per os. Comme traitement préventif des accidents de la dent de sagesse.
-— Comme traitement curalif des accidents infectieux de la dent de sagesse dus à une carie dentaire el des abcès dentaires en général.
— Au cours des accidents infectieux graves géncraux d’origine dentaire.
2. — Les accidents dus aux sulfamides sont les mêmes en stomatologie qu’en pratique courante.
3. — Malgré la bénignité des accidents dus aux sulfamides dans les cas où il s'agira d’un malade présentant des antécédents indiquant une sensibilité spéciale de l'organisme, on réservera la sulfamidothérapie aux cas graves.
—. HS =:
4, —— Bien que les mesures prophylactiques de ces accidents soient assez illusoires, on veillera aux contre-indications formelles : tarés rénaux ou hépatiques. On vérifiera l’état sanguin, les fonctions rénales. Chez un malade fragile, la reprise du traitement sera faite à des doses progressives par voies buccale et rectale seulement.
Vue : Aie Le Président, Le Doyen, M. E. OLIVIER. M. A. BAUDONx.
Vu et permis d'imprimer :
Le Doyen de la Faculté des Sciences chargé des fonctions de Recteur de l'Académie de Paris MaAURAIN.
nes . En “ASS