VI. — INSTILLATIONS
Indications. — L’instillation consisie à porter en un point déterminé du canal urétral, ou de la vessie, une petite quanlilé de solution d’une subslance médicamenteuse.
Pour l’urètre, l’instil lalion a pour but, d’une pari, de localise
TECHNIQUE. — URÈTRE. — INSTILLATIONS.
l’efTel de la substance employée et, d’autre paî t, d’user de cette substance en solution très concentrée.
Pour la vessie, elle a surtout pour but d’agir sans mettre l’organe
Kig. 65. — Sonde à boule pour inslillalion.
en tension, comme le font les injections.
Les instillations urétrales se pratiquent pour certaines urétrites chroniques; les instillations vésicales, pour les cystites aiguës, ou bien les cystites bacillaires.
lusti-uineuts. — Une sonde à boule, une seringue à instillations. La sonde à boule représente assez bien une bougie exploratrice
Fig. 66. — Seringue à instillation de Guyon.
par sa forme, mais il s’agit d’un instrument creux, au lieu d’un instrument plein (fig. 65).
Pour la vessie, la sonde à boule peut être remplacée par une sonde quelconque.
On emploiera une sonde à boule n“® 14 à 18.
La seringue à instillation est une seringue à embout conique pouvant s’adapter bien exactement sur l’extrémité de la sonde. D autre part, sur la tige filetée du piston existe un écrou qui se fixe au corps de la seringue, si bien que le piston à ce moment ne peut plus avancer que par rotation, et chaque tour de rotation fait qu’une goutte du liquide contenu dans la seringue s’échappe.
.Manuel opératoire. — A. Instillations urétrales. — La boule a été montée sur la seringue chargée de liquide, et le piston a été poussé jus(|u à ce (|ue le liquide ressorte à l’extrémité de la boule. A ce moment, 1 écrou est tixé sur le corps de la seringue, la sonde est amorcée.
On introduit la sonde au niveau du point où l’on veut faire l’instillation : urètre postérieur ou bulbe, et lorsqu’on y est parvenu, on lait tourner le piston d’autant de tours que l’on veut déposer de gouttes. Généralement, k mesure que l’on retire la sonde, on fait écouler quelques gouttes de liquide.
Ces inslillaüons peuvent être pratiquées chez la femme comme chez l’homme. Pour elle, il faudra conduire la boule jusque dans la vessie et necommencer l’instillation que lorsqu’on aura eu la sensation de franchir le col vésical, en retirant l’instrument.
R. Instillations vésicales. — Pour les instillations de liquide très fluide, on peut employer la sonde à boule, et l’on procédera de la même façon, sauf que l’on pourra se dispenser de procéder par tours de piston, la quantité à instiller pouvant se compter par centimètres cubes (2 à 5 centimètres cubes), au lieu de se compter par gouttes.
Pour les solutions huileuses qui passeraient difficilement dans la sonde à boule, on emploiera une sonde ordinaire de petit calibre à un seul œil.
C’est au niveau du col que doit être faite l’instillation ; car c’est, en général, à ce niveau que prédominent les lésions, et de là le liquide s’écoule au bas fond; c’est donc au moment où la boule est arrêtée
pai- le col, ou à 1 centimètre en arrière du point où l’urine a cesse de couler par la sonde, (pie l’on pratiquera l’instillation.
Soins eonséeuUfs. - Certaines instillations étant particulh-rement douloureuses, on calmera cette douleur par de grands bains, les applications humides chaudes, laudanisées, les suppositoires calmants.
L’instillation urétrale postérieure est beaucoup plus douloureuse que l’instillation vésicale; aussi, lorsiiu’on agira pour cystite, on se gardera de mettre du licpiidc dans 1 urètre postéiieui.