‹ Thérèse: opéra comique en deux actesChapitre 16 sur 53 · ACTE I, SCÈNE vr · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE vr

ROBIS , c.iclié.

Olil quelle effronterie !

PATF.n.SON.

Ah ! c'est moi qui ?...

TIIKOKSi;.

Vous-même.

PATEnSON.

Mille lemcrciements de In conitnunitation.

Tnr.isÈSE.

On dirait ([ue vous êtes surpris ?

l'ATEP.SOX.

Il n'y a pas de quoi peut-être?

Est-re que votre amour se serait un peu refroidi depuis vin.^t ans? Oh! qu'à cela no tienne! Amour, amitié , déférence , respect si vous voulez: cela m'est égal ; mais je veux être votre femme. Mes ordres sont donnés : le chapelain nous attend ; tout le villajje va venir nous prendre en cérémonie, et on apprête le souper de noce , où j'ai invité , pour vous faire honneur, les commissaires du Parlement.

P.\TERSOX.

Mais voilà une vitesse qui ne me laisse pas "le temps de respirer !

TnÉRÈSE.

Tout est dit sur ce point.

PATEnSOS, s'impalientant.

Ah çà ! mais permettez!...

Silence!... voici une autre affaire.

PATERsO>'.

Encore un mariage?

Non. On va à l'instant même adjuger le château avec toutes ses terres, rentes et dépendances.

PATERSOK.

Oui , à l'instant.

Fort bien. Vous allez l'acheter et le paver comptant.

ROBI> , caché.

Est-il possible !

PATERSON , à Thérèse.

Plaît-il ?

C'est un marché d'or. J'ai pris mes mesures ; point de concurrents ; un pot-de-vin au commissaire du Parlement, et mui , ce soir encore la gouvernante du château, demain j'en suis la dame.

PATERSOS, s'emportant.

Mais vous êtes donc folle !... Tous mes biens ne pourraient payer le quart de cette acquisition !

N'importe : on vous croit riche bien plus que vous ne l'êtes , et j'ai besoin de vous , de votre patriotisme pour éviter les soupçons et les recherches qui me poursuivraient.

PATERSON, effrayé.

Des soupçons, des recherches?...

sMo

Suffit : obéissez; allez vite à celte vente.

PATF.RSON.

Vous m'impatientez!... mais l'argent, encore un coup! l'argent?...

THÉRÈSE, baissant la voix.

Je vous en donnerai.

PATERSON

Comment î...

Le tré.sor de milord !...

PATERSON

Eh bien?...

ITIÉIIÈSE.

Il est à moi.

PATERSON

Pas possible !

Si fait.

ROIÎIN, caché.

Nous v voilà!... l'infâme!

PATERSON, frisonnant.

Doucement, tendre amie!... vous me faites frissonner !... Oubliez-vous que le Parlement réclame jusqu'au dernier schelling de la confiscation? le commissaire fouille partout, dans les caves, les murs, les tourelles...

Je le sais : au.ssi , depuis trois jours j'ai placé hors du château la cassette que jai sauvée...

PATERSON

Et cet or est à vous ?

Et à qui donc? Voulez-vous que je l'envoie à Londres suivant lordoimance ? A coté de tous les revenus de l'Angleterre, Cromwel a-til besoin de ce chétif présent?

P.ATERSON.

Au fait!., s'il en avait besoin, ce cher ami!., mon dévoùment serait un peu endjarrassé ; mais e crois comme vous...

THÉI'.ÈSE.

Et, d'un autre côté, faut-il que nos guinées soient envovées au jeune lord pour alimenter encore la guerre ?

PATERSON , vivement.

Envoyer des fonds à l'étranger! des subsides en France ! oh! ciel ! la loi est terrible ! on nous ferait pendre tous deux!... Allons, allons, je me résigne : la noce, !e trésor, le château !... Vous faites de moi tout ce que vous voulez ! Vite, vite, vovons cette infortunée cassette.

Oui, oui... mais prenons garde!... n'y a-t-il personne qui puisse nous apercevoir, même de l<jin ?

(En cherchant, elle s'approche du fcuillajje où est caché Robin et le force de fuir.)

ROBIN , en fuyant.

Ah! mon pauvre maître ! je vais le désespérer!..

(Le joui liaissc peu a peu.)

THI-RfiSE.

scÈNi: vn.

THKRÈSE, PATEHSON.

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