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MESURE DES TEMPÉRATURES

Si l’une des soudures du circuit bi-métallique est maintenue à température constante et qu'au moyen d’un galvanomètre ou d’un potentiomètre, on mesure la force électromotrice créée dans le circuit en fonction de la température de la seconde soudure, on réalise un dispositif thermométrique utilisable depuis des températures les plus basses jusqu’à la température de fusion de l’un des éléments du couple bi-métallique ou de l’un de leurs alliages.

Il faut, pour cela, que cinq conditions soient réalisées :

1° L'effet Bénédicks doit être négligeable ; circuit de section régulière.

2° Le transport de chaleur par effet Thomson doit être sans importance ; condition pratiquement

réalisée pour les très faibles courants dont le circuit est le siège.

3° Les métaux ou alliages utilisés comme fils de couple doivent être dépourvus d’hystérésis thermique.

4° La force thermo-électromotrice doit, dans le domaine d'utilisation du couple, varier toujours dans le même sens, quand la température varie dans un sens déterminé.

5° Il faut étalonner l'appareil, c’est-à-dire déterminer, au moyen d'un certain nombre de points fixes, à quelle force électromotrice correspond une température donnée de la soudure chaude.

L'idée conçue par Pouillet, d'utiliser le couple thermo-électrique pour la mesure des températures, n’est entrée en pratique qu’au jour où M. H. Le

Ro

Chatelier a imaginé d'utiliser des circuits constitués par des fils de platine et de platine rhodié ou iridié, dont les points neutres sont rejetés à infini.

Pratiquement, le couple thermo-électrique est employé de deux façons, soit en plaçant la soudure chaude au point dont on veut mesurer la température, soit en concentrant sur la soudure chaude, au moyen d’une lentille ou d’un miroir, les radiations calorifiques émises par le corps chaud.

Dans le premier cas, si les fils des couples sont soumis à des températures élevées, ils sont passibles d’altérations qui modifient la f. é. m. correspondant à une température donnée : altérations physiques (grossissement du grain et surchauffe) ou chimiques (réactions entre les gaz et les corps solides entourant le couple et le métal du couple). Ces altérations accompagnées de variations de la f. 6. m.

signalées par Callendar, au point de vue de la résistivité des fils, ont été étudiées par Holbom, Henning et Austin, par Hougen et Miller, et récemment, par M. Sourdillon (expériences inédites). Il résulte de ces essais que, pour éviter complètement le déréglage des couples dans les fours mdustriels, il suffit de placer les fils des couples dans une canne de silice fermée.

On conçoit qu’une variation de l’état physique ou chimique des couples ait pour effet de faire varier la f. é. m. pour une température déterminée, puisqu’elle modifie, en chaque point, la valeur de la fonction de chacun des deux métaux du couple. Un réétalonnage du couple ne peut corriger l’erreur que si toute la partie altérée est chauffée à température uniforme, en cours d'étalonnage et en cours d'emploi.

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