OBSERVATION VI
Grippe thoracique.
Louise E..., 15 ans, tisseuse. — Entrée le 20 juin 1891, 3° Femmes n° 19.
Père aliéné, mère vivante, une sœur hystérique. Bonne santé habituelle ; n’est pas encore réglée. Depuis longtemps présente une teinte pâle anémique. Pas d'excès de fatigue.
Début il y a trois semaines, par mal de tête, inaptitude au travail, nausées pendand le jour, pas d'épistaxis. Elle a été souffrante pendant une quinzaine et il y a trois jours enfin s’est alitée.
Actuellement, facies pâleun peu rosé aux joues. Peu d’abattement, langue humide, soif peu prononcée. Violent mal de tête. Dyspnée nocturne, toux modérée ; pas d’expectoration. Anoréxie ; diarrhée ; selles fétides et noirâtres ; transpiration abondante.
Aux poumons, des deux côtés et dans toute la hauteur, râles sibilants et ronflants. Rien au cœur ni aux vaisseaux.
Ventre souple et indolore même dans la fosse iliaque droite. Pas de gargouillement ni de taches rosées. Rate normale, pas d’albumine dans les urines.
Le 26 juin, l'état général est bon ; l'appétit a repris.
REMARQUES. — La courbe thermique qui accompagne cette observation est des plus typiques. Le troisième jour de l’entrée est notamment marqué par une encoche de trois degrés (37°,4. 400,6). La défervescence n’est survenue par oscillations successives d’un degré et demi environ, que 9 jours après le degré maxima. 36 heures après, rechute marquée par une réascension thermique de deux degrés trois dixièmes.
OR
OBSERVATION VII Grippe. — Pneumonie droite.
V..., 27 ans, domestique, entrée le 30 avril 1891, 3° Femmes n° 20.
Pas de tuberculose dans la famille. La malade, bien que sujette a des rhumes, n'avait pas maigri et jouissait d’une excellente santé jusqu'au début de la maladie actuelle.
Rougeole il y a deux ans, grippe l’année dernière.
Début brusque de l'affection actuelle, le 27 avril au soir : frisson intense prolongé, suivi d’un point de côté à droite, dyspnée, agitation, soif vive. La malade n’a plus quitté son lit depuis son entrée.
Point de côté, moins violent maintenant, situé sous le mamelon droit, toux quinteuse fréquente. Expectoration épaisse, visqueuse, adhérente, ambrée.
Matité dans les deux tiers inférieurs du poumon droit; pas d'exagération des vibrations. Souffle tubaire, aux deux temps, sur le bord externe de l’omoplate et dans l’aisselle, accompagné de quelques bouffées de râles. En ce point bronchophonie, pectoriloquie aphone. A la base on n'entend pas le murmure vésiculaire.
Pas de douleurs abdominales, de diarrhée ni d’épistaxis. — Rate volumineuse (20 centimètres).
6 mai. --- La rate est toujours volumineuse.
30 mai. — Guérison complète.
REMARQUES. — Dépression très accentuée, occupant le centre de l’aemé pyrétique des trois premiers jours; défervescence au troisième jour (372); suivie d’une réascension très nette au bout de 36 heures, mas l’état général restant excellent, on a cessé de prendre
la température.
Et |
OBSERVATION VIII Grippe. — Pleurésie hémorragique.
Thérèse G..., 30 ans, entrée le 26 mars, salle Montazet.
Rien du côté des antécédents héréditaires. Rougeole étantenfant. Il y a cinq ans, métrite. Jamais de grossesses.
Malade depuis le 25. Début brusque par frissons, point de côté, toux expectoration ambrée. Le lendemain, perte des forces et de l'appétit. La malade ne peut quitter son lit.
Elle entre à l'hôpital le lendemain. Céphalée violente, oppression et toux, crachats adhérents ambrés. Fièvre peu intense. Langue saburrale, sèche, non rôtie; pas de diarrhée. Aux poumons : & droile, râles de bronchite à grosses bulles; à gauche, matité à la base; abolition du murmure vésiculaire et des vibrations vocales ; bronchophonie, égophonie et pectoriloquie aphone, souffle intense et aigu ; submatité dans la fosse sous-épineuse, râles de bronchite de différents calibres. À gauche et en avant, tympanisme sous-claviculaire. Rien au cœur. Température 39°,5.
Le 28, ponction exploratrice donnant un liquide contenant des globules sanguins.
Le 30, le souffle se perçoit au sommet et les râles à la base.
Le 31, la température tombe à 37°. Le souffle n'existe qu'au premier foyer; tout autour, on perçoit de gros râles. La langue est humide et dépourvue de son enduit saburral.
Matité à la base et pectoriloquie.
REMARQUES. — Le 27, jour de l’entrée, on note 38°,5 le matin, 39,8 le soir ; l’accentuation des symptômes pulmonaires et l’abattement de la malade, tout porte à croire que le lendemain, en tenant compte même d’une légère rémission matinale, la température se