‹ Thermométrie clinique de la grippe envisagée comme maladie spécifiqueChapitre 27 sur 41 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

Grippe abdominale.

Emile P..., 25 ans, employé, entré à l’hôpital de St- Etienne, le 15 février 1890, service de M. Cénas.

Bonne santé habituelle. À 18 ans, fièvre typhoïde légère.

L'affection actuelle remonte au 2 février, elle a débuté par des frissons, de la céphalalgie avec irradiations à la nuque ; courbature générale, brisement des membres. Il dut cesser son travail. Il y a 5 jours, légère épistaxis.

Actuellement, état général peu satisfaisant. Appétit nul, amaigrissement, visage pâle et décoloré. Langue noirâtre, sèche. Pas de vomissements, constipation. Ventre non ballonné, souple. Légère douleur au niveau des hypocondres : léger gargouillement dans la fosse iliaque droite. Foie et rate normaux. Sonorité thoracique et respiration normales. Toux sèche sans expectoration. Rien au cœur ; pas d’albuminurie.

5 mars. — Toujours rien aux poumons mais la fièvre persiste ; on redoute la tuberculose.

REMARQUES. — Forme de grippe grave, à stade pyrétique de début très prolongé; la défervescence s’est péniblement effectuée en 5 jours au milieu de grandes

Et oscillations. 36 heures après, rechute aboutissant en 3 Jours à une température maxima de 40°,2, qui, ainsi que l’observation écrite le note, a été suivie d’une assez longue période d’hyperthermie accusée.

Les trois observations qui suivent nous ont été gracieusement communiquées par M. le professeur Mayet.

Il s’agit de malades hospitalisés à l’Hôtel-Dieu, avec le diagnostic de « fièvre catarrhale. » On peut facilement se rendre compte, par la lecture des tracés thermiques qui ont marqué l’évolution de leur affection, de la très grande ressemblance que certaines parties des courbes thermométriques affectent avec le cycle fébrile de la grippe tel que nous le concevons dans ces pages.

Il nous a paru intéressant de rapprocher ces notes cliniques, antérieures de plusicurs années à Pépidémie de grippe de 1889, des observations toutes récentes que nous avons jusqu'ici exposées.

Elles sont bien faites pour démontrer une fois encore, qu'en donnant aux manifestations morbides qui nous occupent les noms de fièvre herpétique, catarrhale, etc., les cliniciens n’avaient fait œuvre que de polémistes : la grippe, entité morbide, aujourd'hui replacée au rang de maladie spécifique, n’en continuait pas moins à contresigner de ses particularités thermiques propres les oscillations plus ou moins régulières du tracé lié au catarrhe lui-même.

HR

OBSERATION XXX

Etat catarrhal fébrile à localisations multiples. — Catarrhe gastroentérique. — Névralgies multiples, rhumatisme musculaire. —

Fièvre à forme intermittente.

Louis G..., 39 äns, gardien de la paix, entré le 13 octobre 1885 dans le service de M. le professeur Mayet.

Rien au côté des collatéraux, lui-même s’est toujours très bien porté jusqu'à ces dernières années. [1 y a trois ans, il fit un séjour à l'Hôtel-Dieu pour un rhumatisme. Il y a 15 jours, après un léger refroidissement, torticolis. Quelques douleurs dans les régions scapulaires. Perte complète des forces, fièvre intense, céphalalgie intense. Disparition de l'appétit ; un peu de diarrhée. Le malade a des accès de fièvre intenses, la langue est saburrale. Névralgie lombo-abdominale ; rien aux poumons, expectoration muqüeuse. Douleurs thoraciques.

Ls 19, rougeur de la gorge, un peu de douleur à la déglutition. Petites élevures de la muqueuse buccale qui ne revétent l’aspect de l'herpès que sous la langue. La fièvre continue le soir avec malaise et sueurs assez abondantes.

Le 26, amélioration. Il ne reste plus qu'un peu de gène de la déglutition.

Le 28, la fièvre a repris; on redonne la quinine.

Le 3 novembre, névralgie dentaire, avulsion d’une dent et aconitine.

Le 7, la névralgie est calmée, mais la faiblesse est grande; un peu de diarrhée et des nausées. L'auscultation ne donne rien. Toux sèche, sensation de cuisson trachéale.

Le 17, notable amélioration. La fièvre a disparu.

Le 5, léger accès fébrile, sueurs.

Le 3 décembre, le malade sort en assez bon état.

le

REMARQUES. — Nous appelons l'attention sur la marche qu'a suivie la température de ce malade, du 2 au 14 novembre.

Lafièvre, qui après deux semaines environ d’oscillations régulières était complètement tombée le 2, à subi en deux jours une ascension de près de 2 degrés. D jours après, l’apyrexie était revenue; au bout de 48 heures, rechute (38,9), qui n’a pas duré, du reste.

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