IV. Couleur
On doit distinguer dans les granulations méningiennes une coloration normale et une coloration accidentelle. La couleur blanche paraît être la couleur normale ; elle fait partie de cet ensemble de caractères qui distinguent si nettement les nombreux corpuscules implantés sur le feuillet de l’arachnoïde , et offrent une remarquable persistance.
Dans l’intérieur du sinus, et entre les lames de la dure-mère , les granulations méningiennes ont aussi une couleur blanchâtre ; mais souvent les couleurs rouge , jaune ou grise, se substituent à la teinte commune. Ces colorations sont artificielles ; les unes sont dues à l’imbibition sanguine , et se sont formées dans l’économie avant ou après la mort ; d’autres se sont formées hors de l’économie , dans les divers liquides dont on s’est servi pour conserver ou examiner les tissus.
Le sang peut colorer en rouge les corpuscules; c’est un cas commun dans les congestions encéphaliques, et toutes les fois que le sinus présente de nombreux caillots. Cette coloration était trèsmarquée dans les corpuscules méningiens d’une femme de soixantecinq ans, aliénée mélancolique, morte d’une pneumonie double; chez une autre femme du même âge, également morte d’une pneumonie, et dans plusieurs cas de lièvre typhoïde ataxique.
La coloration jaune ou grise est une conséquence de l’imbibition sanguine ; elle ressemble à cette teinte jaune qui succède , dans les foyers apoplectiques, aux épanchements sanguins. Chez une jeune fille de quinze ans, morte d’un typhus grave, avec symptômes trèsprononcés du côté du cerveau , d’énormes caillots remplissant le sinus coïncidaient avec la coloration en jaune foncé des rares corpuscules qui y faisaient saillie.
Certaines colorations accidentelles se passent, avons-nous dit, hors de l’économie ; ainsi les granulations prennent une teinte jaune foncé, en se desséchant, par un séjour un peu trop prolongé dans l’eau, par l’action de l’alcool et de l’acide azotique; l’acide acétique leur communique , au contraire , une teinte grisâtre , qui tranche nettement sur la coloration d’un blanc nacré que prend alors le tissu fibreux de la dure-mère.
Les corpuscules, à l’état crétacé, offrent une coloration grisâtre.