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OBSERVATION XIX

Policlinique universitaire pour les maladies de la peau

et des organes génitaux à Berlin

Directeur : M. le professeur E. Lesser

Diagnostic. du chancre syphilitique du cuir chevelu

par le D' Léonhard Weiss assistant à la policlinique

- J'ai observé le cas suivant qui a été présenté à la Société de Dermatologie de Berlin, le 14 février rorr. D s’agit d’un enfant de neuf semaines qui présentait des chancres syphilitiques multiples du cuir chevelu. Histoire de la maladie. — La mère de l'enfant a remarqué, trois semaines avant de venir à la policlinique, des petits boutons tout près l’un de l’autre sur la partie postérieure du cuir chevelu. L'enfant avait l’habitude de gratter ces boutons et de se frotter la tête contre le drap de son lit, Les boutons s’étendaient en surface et finissaient par. former une plaie unique indurée. A part cela,

la mère n'avait rien remarqué d'anormal au sujet de

l'enfant qui lui paraissait bien portant. La mère affirme qu’elle-même n’a jamais eu de plaie de la peau et n’avoir jamais gratté l’enfant. Les recherches qui ont été faites ont montré que pendant les couches. ni la mère ni l'enfant ne présentaient aucun signe permettant de soupçonner la syphilis.

Quand la mère s’est présentée pour la première fois à la policlinique, on ne pouvait déceler chez elle, cliniquement, aucun symptôme de syphilis; la réaction de Wassermann était faiblement positive, son mari est bien portant.

Examen de l'enfant. — L'enfant présente sur le cuir chevelu, à la limite des régions du vertex et de l’occiput, à droite, à la hauteur de l’hélix du pavillon de l'oreille, un infiltrat de forme ovalaire incliné obliquement, paraissant douloureux, de la grandeur d'une pièce de un marck qui s'élève de quelques millimètres : en ce point, les cheveux sont tombés. À la surface,on voit deux érosions très limitées formant un 8 de chiffre avec un bord brun jaunâtre. La périphérie de tout l'infiltrat est formée par une paroi rougeàtre enflammée, le centre de l’érosion présente une surface brillante, on fait sourdre par la pression un liquide séro sanguinolent.

Sous l’apophyse mastoïde du côté droit on remarque une bosse plus grosse qu'une cerise couverte de cuir chevelu normal. À la pression, on sent nettement deux ganglions durs mobiles dont l’un a la grosseur d'un haricot, l’autre celle d’une noisette. Sur le reste du corps, on ne trouve rien d’anormal ni sur la peau ni sur les muqueuses, on ne trouve aucune lésion viscérale. Dans

la sérosité obtenue par la pression de ces érosions, on

voit à l’ultra-microscope beaucoup de spirochetæ pallidæ vivants ei en mouvement. La réaction de Wassermann était négative. Il était possible, d’après les signes cliniques, de poser le diagnostic de chancre induré extra-génital, et on peut confirmer ce diagnostic après avoir trouvé les spirochetæ pallidæ. Que la réaction de Wassermann fut négative, cela n'était pas en désaccord avec les autres signes, puisque l'infection ne datait que de six semaines. Toutefois, on estime que dans les cas de chancre syphililique extra-génital avec forte réaction ganglionnaire, le sérum donne la déviation du complément d’une façon plus précoce que dans les cas de chancre induré des organes génitaux.

Il faut, de plus, considérer qu'on arrive rarement à déterminer avec sûreté la date d’une infection extragénitale, c'est ce qui se produit pour le cas qui nous occupe : huit semaines après le chancre initial qui intéressait le cuir chevelu, est apparu sur le visage un exanthème formé de papules plates, sur le tronc un exanthème maculeux et sur les membres des papules isolées.

Le chancre présenta une cicatrisation notable après le début du traitement par le sublimé au millième, la roséole disparut complètement après une semaine de

traitement.

sm de

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