SUICIDE PAR LES BLESSURES
ARMES TRANCHANTES, PIQUANŸES, Eg' CONTON-
NA +: DANTES. | rx Ji he DIAGNOST'IQUE. , : A :
Eur VO | Ici encore, de mêmkque pour la suspension et la sub- L ee mersion, les mêmes problèmes se présentent avec les mêmes embarras et avec les mêmes difficultés. Il faut, avant tout, : : déterminer si les blessures ont. été infligées durant la vie ou d “après la mort. Car on conçoit facilement qu'après un . empoisonnement, un. étranglement, le coupable peut bien : infliger à sa victimé un certain nombre de blessures pour donner le change, et faire croire à um autre genre de a mort; de même encore, un cadavre, soumis à des violences à ll accidentelles, peut bien offrir des lésions qui n’ont aucune fl ( - Connexion avec la cause de la mort ; dans l’un et l’autre cas, # || * si l’on parvient une fois à découvrir que les blessures n'ont % été infligées qu'après la mort, on ala preuve certaine qu’elles ER j ne sont pas l’effet du suicide. | ne Ce probléme ne présente de difficultés que quand les bles- - l’: | : sures Ont été faites immédiatement . avant la mort, ou ra {i immédiatement après. Si .elles ont été infligées longpl . t6mps avant la mort, ou longtemps après, alors la ques- ;.. ro ::. tion est facile à résoudre, puisque le temps aura donné de . Jieu, dans le premier cas, à des phénomènes vitaux qni pa | Mmanqueront complètement: dans le second. Je commen- év cerai par établir la diagnostique entre ces dernières, les au. — ‘qu
tres seront plus facilement comprises ensuite.
ES
: 85. oi
, He
19. Une plaie, faite avéc un instrument tranchant ou iquant, sur le corps d’'nn individu vivant, produit d’abord q , P it, pro
un écartement assez cousidérable' des bords de cette plaie;
écartément qui est dû à la tension ct à l'élasticité des tissus. Il y a, en même temps, écoulement plus ou moins considérable de sang, et ce sang, encore doué de ses propriétés vi-
tales, ne tarde pas À se coaguler et à former des caillots, :
soit aux bords de’ la plaic elle-même, soit à l'endroit où il tomhe ; ily a, en outre, infiltration: de sang dans le tissu cellulaire environnant. S'iks’écoulc quelques heures avant que la mort survienne, ainsi que je le suppose dans .l’hypothèse actuelle, les symptômes d'inffammätion se manifesteront, tels que gonflement, suppuration etc.
Si les mêmes blessures ont été infligées sur un cadavre, longtemps, v. g. plusieurs heures après la mort, alors la plaie n'offre plus de rétraction, và que l’élasticité des tissus, ainsi que leur contractilité a cessé ; il n'ya ni écoulement de säng, ‘hi infiltration dans le tissu cellutaire environnant ; les lèvres de la plaie sont pâles, sans gonflement, sans aucüré ‘trace de caillot ou de coagulation du sang. Ces deux cas, ainsi posés, ne peuvent donc,pas être. confoudus. Il est bon de remarquer, en passant, que si l’in-
dividu avait été précipité à l’eau, immédiatement après l’in-.
fliction de fi blessure, qu’alors, la plaie, au lieu d’être rouge et saignante, comme dans le premier cas, serait au contraire remarquable ‘par sa pâleur, et on pourrait Var Jà s'en laisser imposer. Mais dans ces cas, la sétraction des parties vient à notre aide ; de plus, après quelques temps d'exposition. À
l'air, la blessure ne tarde pas à reprendre tout son aspect ca
ractémistique d’une blessure faitespendant la vie.
” Si la mort est le réultat immédiat de la blessure, qu’aurons-nous ? De même que dans le premier cas, rétraction
des bords de la plaie, et écoulement de sang, qui ne tardera- |
-pas à se coaguler, et à former des caillots. Mais ici, il est évident qu'il n’y aura ni gonflement ni suppuration, puis-
‘que la rapidité de’ la mort n'aura pas donné le temps aux
phénomènes vitaux de lMnflammation de se développer.
Pl
Si les blessures ét été faites sur le cadavre d'un indi-
vidu, immédiatement, v. g. dans les quelques minutes qui a | suivent la mort; quels seront les phénomènes prédominants ? . le + ," On peut avoir rétraction plus ou moins “considérable des :
bords de la plaie, comme dans le cas précédent, effusion ir
plus ou moins grande de sang, aveë une coagulation plus où st {moins parfaite de ce liquide ; c’est-à-dire qu'on aura, dans la
__: les deux cas, le même genre de phénomènes, qui #6 diftè- ; OUT reront entre eux que du plus au moins, suivant que les plaies c«
“auront été faites plus ou moins ‘longtemps après la mort. . ri
En effet, il est prouvé, par un grand nombre d'expériences, q
que la rétraction et l’élasticité des tissus, de même que la re
: circulation du sang dans les capillaires, se prolonge pendant Pt
quelques temps après la mort,
Si la blessure a été faite avec une arme contondanté, iln’ Fu le
a également aucune difficulté à établir le “diagnostique, si m
les coups ont été infligés longtemps avant, ou longtemps ‘ch
après la mort. Dans le premier cas, on a d'abord ecchymose, - 3 É
ou épanchementde sang dans letissu ceHulaire, par la rupture "Dé
des capillaires ; puis, les phénomènes de l'inflammation, tel. ch
que le gonflement, ne tardent pas à se manifester. A
Dans le second cas, ‘al contraire, iln é a ni ecchymose, du
‘ni gonflement ; mais cette partie des tissus qui a été sou” Ja
… mise à la pression de-l’arme, se desséchant plus Les w ns
“ que les autres, se durcit, et prend une apparence jaune par- L pa cheminée, qui, par la dissection, ne laisse voir aucun sang. br d’épanché. ù : - L. , : ca:
Si la mort a suivi immédiatement /l'infliction du coupé à» . ini ou sf ce dernier. a été porté mont après la mort, . tu
* ;#ors le plus souvent, on ne peut pag établir de différences ne de d'après l'exar n de la blessure. Dans l’un et l’autre cas, il. ali «AT aura abse ce de gonflement, mais présence d’ecchymose , tre nu ‘par-la. pe istancè de la circulation M is durant or
je te) ps après la. mort. tra 4 dE re 9e Question. La blessure est elle le résultat d'un sui- - de se CE K. d' un a pren Où d un açcident ; ee ba.
Pour décider. cette - 2. il faut ge raider d'après ‘19, La situation des blessures, . leur direction, 8°. . leur nature et:leur étendue, 49, preuves circonstantielles.
1°. Situation. Dans le suicide, la plaie faite parun :
‘instrument trapchant ou piquant, se trouve ordinairement
sur une partie du corps qui peut être atteinte facilement par
la main de l'individu; et le choix tombe le plus souvent sur ji
les parties latérales ou antérieure du tronc. Néanmoins, de *.
ce que la: plaie a été faite en un autre endroit, v. g. par der- | -rière, il ne faut pas en conclure à priori à l'homicide, puis-" : HR
qu’on a vu des suicides de cette espèce ; et comme le'.fait,
remarquer Orfila, il n’est a artie du corps que l'on ne puisse atteindre soi-même avec l’une ou l’ autre main. ‘
Quoiqu'il en soit, dans une tentative réelle” de suicide; rte les coups sont portés däns’dès parties du corps telles, ‘qu’une .:. mort prompte doit survenir; ainsi le cou est ordinairement
… <hoist pour les armes tranchantes,—ct la poitrine, surtout !a : + | pégion dû. cœur, pour les armes pituantes-” “Rien, n'em- 1, pêche pourtant “ue ces Inémes endroits soient également . choisis pour ‘commettre homicide; ainsi, on a vu “un ex-. ‘”
us = emple, : il y ‘a quelques aÿnées, en cette. ville, où l'arme
du eurtrier ‘(un ciseaft de menuisier) avait prete entre Ja 5e et'la Gecôte, et coupé l'aorte. : ot
La présence d’un certain nombre dé blessures sur dei moe parties du corps péü vitales, telles que les mains, les membres etc., est-une forte présomption en faveur de l’ homicide ; he car il est peu probable qu’ütm individu se mutilera de cette ‘
. inanière, avant de se porter le coup fatal. Ces plaies, où con-‘
- tusions,: peuvent.se rencontrer pourtant dans quelques cas
de suicides véritables, Miriout, È lorsque : l'individu était . aliéné ou en proie à une antiété rès vivé : elles se rencon- ..trentencere dans les exemples d’homicides simulés.
29. Direction. Dans les cas de suicides par instruments tra dhatts ou pi l'arme, étant fgnue ordinairement. de la main droite, it les bléssures | se diriger de haut en : bas, et de droite à che pour des Anstruments perforans $ ae
: +} ji £ SE à er £t degauche à droite, de haut en bas, ou do is en. Jiaut, transversalement, où @bliquoment,- pour les instruments
tranchants, Le contraire pourrait avoir lieu dans les deux | cas, si l'individ&;: pour une raison Où pour une autre, s'était servi de la man gauche. ‘Ajoutons encore que quand l'indi- :: vidu s’est scrvi de sa main ‘droite, le coup porte générale- ment sur le côté gauche du cou ; et sur Le côté droit quand il s’est dervi de sa main gauche. ne | Ces détails pourtant, en ce qui concérne In direction des blessures, n’ont rien d'absoln, ct cette direction pourrait être la même dæns un cas d'homicide, suivant la position des deux individus." °° a : . Quant aux instruments perforants, une dissection atten- + five pourra indiquer la direction que l'instrument à suivie; et d’après les angles de la plaie, dans le cas des instruments , tranchants, on pourra reconnaître le-point où la blessure u*
commencé, et-celui où elle à fini.
Les aliénés, en se suicidant, s'écartent bien souvent des règles que je viens de mentionner. Voici'un exemple, rapb:\ porté par M. Etoc-Demazy, Lien propre à faire voir qu'on nef,
tion des blessures. Ne
doit pas attribuer plus qu'il ne faut de confiance à là direc. * | "
“ M.'R. présentait depuis un mois, des signes d’aliétion mentale, lorsqu'un jour, il monte dans sa chs: bre, où - ‘était dépos8 le sabre de son fils. Quelques instants après; Mne R.' veut entrer dans cette chambre, et trouv là porte fermée; elle appelle; son mari vient lui ouvrir en disant : - .“ Je suis un homme perdu, je viens de me tuer avec le sabre” de mon fil !...”” M: le docteur Harivel appelé immedia-
4 ‘tement, apperçoit en entrant M. R. debout dre la porte,
. la figüre pâle, les yeux hagards et poussant de profonds gé- : missements.” : PORT ; 1 ‘ On s’empresse de leforter sur son lit. M. Hadvél re. connaît alors l'existence de deux plaies de quatre centimètres. environ de largeur, l’une à deux millimètreg sh arrière de ‘
6 ÿ La