TEMPÉRATURE
PRESSION 27,02 atm.
Le liquide obtenu est incolore, transparent, extrêmement mobile, avec un ménisque apparent, mais beaucoup plus plat que celui de l’acide carbonique. Lorsqu’on diminue progressivement la pression, il écume et s’évapore à la surface, puis se met à bouillir dans toute la masse.
L’azote et l’oxyde de carbone n’ont pu être liquéfiés à — 136° par simple compression, même à 150 atmosphères. Par une détente brusque, on vit l’azote bouillonner vivement, comme le fait l’acide carbonique dans un tube de Natterer qu’on plonge dans l’eau chaude. Pour l’oxyde de carbone, l’ébullition n’est pas aussi forte. En laissant au contraire la pression descendre lentement jusqu’audessous de 50 atmosphères, les deux gaz se transfor-
maient complètement en liquides présentant un ménisque bien net et s’évaporant très vite. Ces liquides étaient incolores et transparents. L’azote et l’oxyde de carbone ne purent donc être maintenus que quelques secondes à l’état de liquides statiques.
Dans une nouvelle série d’expériences (1885), Wroblewskia pu obtenir des températures plus basses en se servant de doubles enveloppes : la vapeur dégagée par le liquide réfrégérant circule autour du vase qui le contient et le protège contre les causes extérieures de réchauffement. L’appareil comprend trois tubes concentriques : le tube central, de 15 mm de diamètre intérieur, est en cristal et peut communiquer avec le récipient contenant le gaz à liquéfier et avec un manomètre. Le second tube reçoit l’éthylène liquide, préalablement refroidi par son passage dans un mélange d’acide carbonique solide et d’éther ; les vapeurs de ce corps, aspirées par des pompes, s’échappent à la partie supérieure et redescendent dans l'espace annulaire, très étroit, compris entre ce tube et le troisième. On a pu ainsi abaisser la pression jusqu’à 1 cm et la température à — 152° . Les températures étaient mesurées à l’aide d’un couple thermo-éléctrique maillechort et cuivre galvanique; les indications avaient été comparées avec celles d’un thermomètre à hydrogène pour diverses températures comprises entre -f- ioo° et — 193° .
L'auteur a obtenu les résultats suivants, les températures d’ébullition correspondant à la pression de 74 cm.
Gaz
Temp, critique
Pression critique
PointdVbull.
Azote . .
Ox.decarb. — 141°
Oxygène.
L'azote et l’oxyde de carbone se sont solidifiés vers — 200 0 sous une pression de 4 cm.
Nouvelles recherches de M. Cailletet. — De son côté, M. Cailletet 11’était pas resté inactif: il avait fait connaître, dès 1883, une pompe destinée à liquéfier en grande masse le gaz carbonique, le protoxyde d’azote, l’éthylène, etc.,
en évitant les inconvénients des appareils ordinaires : espace nuisible, aspiration d’air,qui se mélange au gaz, échauffement, fonctionnement défectueux des soupapes. Il observa de plus qu’on obtient de meilleurs effets en
Fig. 7. — Appareil Cailletet pour liquéfier l’oxygène par l’éthylène.
projetant le gaz liquéfié sur le corps à refroidir, afin de profiter en outre du froid produit par la détente du gaz non liquéfié.
M. Cailletet utilisa aussitôt l’éthylène liquéfié au moyen de cette nouvelle pompe pour étudier la conden-
sation de l’oxygène. Le tube de l’appareil précédemment décrit était recourbé en U renversé, et son extrémité plongeait dans l’éthylène en ébullition tranquille, à — 1050. L’oxygène étant comprimé à 150 atmosphères, on n’observa aucune apparence de liquéfaction tant que la pression fut maintenue constante. Mais, au moment de la détente, M. Cailletet vit se produire nettement une ébullition tumulteuse, persistant pendant un temps appréciable et analogue à la projection d’un liquide dans la partie du tube refroidie. Cette ébullition se forme à une certaine distance du fond du tube. Le phénomène diffère de celui qu’on obtient en refroidissant l’oxygène à l’aide du protoxyde d’azote, qui ne donne qu’un léger brouillard disparaissant au moment de la détente. M. Cailletet n’a d’ailleurs pas pu reconnaître si le liquide préexiste ou s’il se forme pendant l’abaissement de pression, car il n'a pu voir la surface de séparation du gaz et du liquide.
Quelque temps après (1885), il arrivait, en même temps que MM. Wroblewski et Olszewski, à des résultats semblables, mais par des procédés un peu différents. Désirant éviter les inconvénients et les complications qui résultent de l’obligation d’opérer dans le vide, il employa d’abord le méthane, dont la température d’ébullition est bien inférieure à celle de l’éthylène : ce gaz, légèrement comprimé et refroidi dans l’éthylène bouillant sous la pression atmosphérique, se résout en un liquide incolore extrêmement mobile qui, en repassant à l’état gazeux, donne un froid suffisant pour liquéfier immédiatement l’oxygène. M. Cailletet revint ensuite à l’éthylène, mais, au lieu d’employer une machine pneumatique, il préféra activer l’évaporation par un courant de gaz refroidi.
L’éthylène, préparé avec un mélange d’alcool et d’acide sulfurique, additionné d’un peu de vaseline, est préalablement desséché par son passage dans un flacon d’acide sulfurique et liquéfié dans des bouteilles d’acier telles que E (fig. 7). Au sortir de ce récipient, l’éthylène liquide passe dans un serpentin de cuivre SS, fermé à la partie inférieure par un robinet à vis V’. Ce serpentin
est placé dans un bain R de chlorure de méthyle, que fait évaporer rapidement un courant d’air froid desséché en C par du chlorure de calcium et amené par les tubes H et a. L’éthylène, ainsi refroidi à— 70°, s’écoule,dès qu’on ouvre V’, dans l’éprouvette L, où son évaporation est activée par uu courant d’air sec venant de C H et qui a traversé un second serpentin S’, placé, comme le premier, dans le bain R. La température de l’éth3 r lène liquide, qui était mesurée par un thermomètre à hydrogène, a pu être ainsi abaissée jusqu’à — 123 e .
Le courant d’air peut être remplacé par un courant d’hydrogène. Le tube L est entouré d’un vase dont l’air est desséché par la ponce sulfurique G’.
En B se voit le bloc d’acier de l’appareil décrit plus haut (fig. 4 )\ le tube T est rempli d’oxygène et son extrémité, deux fois recourbée, plonge dans le bain d’éthylène liquide L. La température de ce bain étant inférieure au point critique de l’oxygène, on a pu, en comprimant suffi-
samment ce gaz, le transformer facilement en un liquide incolore, séparé de sa vapeur par un ménisque absolument net.
Expériences de M. Déwar. — Enfin, M. Dewar a commencé, en 1884, des recherches sur les gaz permanents qu’il a continuées sans interruption et qui ont donné des résultats remarquables. A l’origine, il utilisa, comme Wroblewski, pour liquéfier l’oxygène, l’évaporation de l’éthylène dans le vide avec une enveloppe de vapeur. Le réservoir d’oxygène comprimé C communiquait avec un tube de verre F placé dans le bain d’éthylène G ( fig. 8 ). Les vapeurs de cette substance, aspirées par une pompe à vide en H, s’échappaient, au haut du tube G, par les orifices E, et descendaient par un troisième tube K plus large, enveloppant les deux premiers. Le robinet A permettait de régler la pression du gaz en F suivant les indications du manomètre D;J est un indicateur de vide. En réduisant la pression à 2,5 cm, la température de l’éthylène s’abaissait à — 140° environ et l’oxygène se liquéfiait sous une pression de 20 à 30 atmosphères.
En juin 1886, M. Dewar modifia ce premier appareil: « L’éthylène, dit-il, est liquéfié dans un tube de cuivre entouré d’acide carbonique solide et d’éther, puis envoyé dans le récipient qui communique avec la pompe à vide. L’oxygène passe dans un tube de cuivre long de 13,70 m, dans lequel il est refroidi d’abord par l’éther et l’acide carbonique, puis par l’éthylène évaporé dans le vide : il se liquéfie alors par quantité (jusqu’à 22 litres à la fois),» Enfin, depuis 1894, M. Dewar a pu encore perfectionner son appareil, de sorte qu’il est parvenu, suivant son expression, à produire l’oxygène liquide par pintes.
La figure 9 représente le nouvel appareil de M. Dewar, tel qu’il a été présenté à la Société Chimique de Londres, en 1895. L’oxygène à liquéfier est refroidi à — 79 0 par la détente de l’acide carbonique, qui pénètre en a, circule dans le serpentin dont les sections sont figurées en noir et se détend en franchissant le robinet à pointeau R. L’oxygène, comprimé d’abord à 100 ou 150 atmosphères
dans un récipient en acier, entre en b et passe dans le second serpentin ; ainsi refroidi, il se détend dans le robinet à pointeau c. En sont les orifices de sortie communs aux deux gaz. L’oxygène liquéfié se réunit dans le vase d à double enveloppe vide d’air. Avec cet appareil, on obtient rapidement 100 cm- 3 d’oxygèneliquide.
Nous ajouterons encore que, dans ses expériences sur l’ozone, M.Troost s’est servi d’oxygène liquide, obtenu au moyen d’un appareil construit par MM. Lennox, Reynolds et Fife, sur les indications de M. Dewar, et qui présente une certaine analogie avec le dispositif employé par ce dernier savant pour la liquéfaction du même gaz. b Cet appareil permet d’utiliser l’oxygène comprimé du commerce: le gaz traverse un long tube, qui s’enroule en trois serpentins parallèles, et qui est maintenu à — 79 0 par un mélange d’anhydride carbonique solide et d’alcool, et arrive à un robinet de déten- Fig. 9. — Autre appâte oùseproduitlaliquéfaction. Onpeut reil Dewar se procurer ainsi environ un demi litre d’oxygène liquide en moins d’une heure, sans pompe de compression et sans force motrice.
Liquéfaction de l’air. — En liquéfiant l'oxygène et l’azote, M. Cailletet et Wroblewski ont bien mis en évidence la possibilité de liquéfier aussi l’air atmosphérique.
La question méritait cependant une vérification directe, qui a été: faite, il y a quelques années, par M. Dewar. Ce savant a employé, pour cet usage, l’appareil (fig. ç), qui lui a servi également pour l’oxygène. Mais, pour liquéfier l’air, on fait le vide dans; le serpentin où circule l’acide carbonique jusqu’à 2,5 cm de mercure environ, de manière à abaisser la température de l’air à — 115° avant sa détente.
M. Dewar a également étudié, en collaboration avec
M. Liveing et avec M. Fleming, les propriétés physiques de l’oxygène et de l’air liquides : réfraction, spectre d’absorption, perméabilité magnétique et constante diélectrique.
I/air contenant des traces d’hydrocarbure fournit un liquide trouble, où l’on peut concentrer le carbure par évaporation. Si l’air contient un gaz moins condensable que lui et qui ne s’y dissolve pas en trop grande proportion, le gaz étranger se concentre au-dessus de l’air liquide et se dégage le premier pendant l’évaporation. M. Dewar a pu ainsi mettre en évidence un millième d’hydrogène dans l’air et recueillir les traces d’hélium que contient l’air dégagé par la source de Bath.
M. H. Kamerling Onnes, de Leyde, est arrivé aussi à liquéfier l’air en prenant successivement comme réfrigérants le chlorure de méthyle et l’éthylène.
Enfin, la liquéfaction de l’air a été, dans ces dernières années, l’objet d’expériences faites dans un but industriel, que nous résumerons plus loin.
Liquéfaction de l’hydrogène. — Parmi les gaz appelés autrefois permanents, l’hydrogène seul avait résisté aux tentatives que nous venons de décrire.
M. Cailletet l’avait seulement aperçu sous la forme d’un « brouillard excessivement fin et subtil ». En 1884, Wrobleswski, en le refroidissant dans un tube capillaire à la température d’ébullition de l’oxygène et le détendant rapidement de 100 à x atmosphère, vit la même apparence d’ébullition soudaine que M. Cailletet avait observée avec l’oxygène.
Il fallait donc évidemment, pour transformer ce gaz en un liquide statique, perfectionner les méthodes de refroidissement alors en usage, et d’ailleurs M. Olszewski fut amené, dès 1884, à penser que la température critique de ce gaz est inférieure à — 220°. En 1891, le même physicien, reprenant ses premières expériences, obtint une ébullition plus nette et de plus longue durée, mais n’aperçut « aucun ménisque d’hydrogène liquide ». Il en conclut qu’il faudrait, pour liquéfier ce gaz, pouvoir
employer comme réfrigérant un autre gaz dont le point d’ébullition fût intermédiaire entre ceux de l’hydrogène et de l’azote.
En même temps, il proposa d’évaluer la pression critique de l’hydrogène en le détendant lentement. Ses mesures ont été complétées en 1895. Le gaz, refroidi à — 2U° au moyen de l’oxygène bouillant dans le vide, est détendu progressivement jusqu’à l’apparition d’un léger brouillard. Lorsque la pression initiale est de 50, 60 ou 70 atmosphères, le phénomène se produit sous des pressions de 14, 16 et 18 atmosphères. Mais, à partir d’une pression de 80 atmosphères, la liquéfaction a toujours lieu pour une même pression, 20 atmosphères. M. Olszewski en conclut que ce dernier nombre représente à peu près la pression critique. Par conséquent, l’hydrogène, partant de — 211 6 sous la pression de 80 atmosphères, ai-rive, par détente adiabatique, à la température critique inconnue et à la pression critique de 20 atmosphères.
En partant de ce résultat, M. Natanson a pu calculer la température critique de l’hydrogène.
Si l’on appelle p et T la pression et la température initiales, p' et T’la pression et la température critiques, les températures étant comptées à partir du zéro absolu, la thermodynamique donne la relation
D’où
Le point critique est donc à — 231° C- En faisant le calcul par une autre méthode, fondée sur la loi des états correspondants, M. Natanson a trouvé — 232 0 C.
D’ailleurs, M. Olszewski a soumis ces résultats au contrôle de l’expérience. Il a cherché à obtenir la température critique en mesurant la température intérieure dé l’appareil au moment où le brouillard se produit sous la pression de 20 atmosphères ; le point d’ébullition s’ob-
tient de même lorsque la liquéfaction a lieu sous la pression atmosphérique. Une seule méthode thermométrique paraît convenir à ces températures extrêmement basses, c’est celle des résistances électriques, proposée par MM. Cailletet et Colardeau, et perfectionnée par M.Withowski. M. Olszewski s’est servi d’un fil de platine fin ( fig. 10 ), enroulé sur un cadre isolant, et dont les deux extrémités s’attachent, l’une à un tube métallique donnant issue au gaz, l’autre à un fil bien isolé placé dans l’axe de ce tube ; deux bornes, qu’on voit à la partie supérieure de la figure, établissent la communication avec un pont de Wheatstone. Le fil employé avait0,025 mm de diamètre et environ 60 cm de longueur; il pesait 11 mg et avait une résistance d’environ 100 ohms à o°.
L’appareil est entouré d’un flacon de verre à triple paroi, non représenté, qui contient l’oxygène liquide. On voit à part le détail du fil de platine (fig. 11).
Le seul reproche qu’on puisse faire à cette méthode, c’est que, les températures à mesurer étant inférieures à celles où l’on a pu graduer l’appareil, il faut calculer par extrapolation ; mais la valeur de l’objection est bien atté- Ap P are * 1 de nuée par ce fait que la loi de
M. Olszewski pour mesurer . f , , , . . , , ,
la température critique de variation de la résistance est très l’hydrogène (Revue gêné- sensiblement linéaire pour les raie des Sciences). spirales employées et que les
températures mesurées sont peu inférieures à la plus basse ( — 208°,5) des températures connues employées pour la graduation.
M. Olszewski a trouvé ainsi — 234°,5 pour la température critique de l’hydrogène et— 243°,5 pour le point d’é-
bullition de ce gaz. Comme vérification, il a appliqué la même méthode à l’oxygène et a retrouvé, à i° près, les températures d’ébullition sous différentes pressions qu’il avait déjà obtenues à l’aide du thermomètre à hydrogène.
Enfin, tout récemment (1898), M. Dewar, après d’importantes recherches sur l'air liquide, décrites plus haut, a pu également liquéfier l’hydrogène. Ce gaz, comprimé à 180 atmosphères dans un récipient d’acier A, qui peut en fournir 300 à 400 litres par minute, traverse successivement deux serpentins placés dans des récipients B et C à
Fig. ia. — Appareil de M. Dewar pour la liquéfaction de l’hydrogène.
double paroi qui contiennent, le premier de l’acide carbonique solide bien tassé, le second de l’air liquide (fig. 12). Ainsi refroidi à — 205 0 , il passe enfin dans le serpentin D où se produit la détente, et qui est lui-même contenu dans un tube à double paroi plongeant dans l’air liquide. Au bout de quelques minutes, l’hydrogène coule en gouttelettes qui se rassemblent au fond du vase. Dans une première expérience, on put recueillir, en cinq minutes environ,20 cm 3 d’un liquide clair et incolore, dont le ménis-
que est aussi bien défini que celui de l’air liquéfié. Le rendement en liquide fut environ de i o/o du gaz.
L’hydrogène liquide est très réfringent et très dispersif, et ne montre aucun spectre d’absorption ; sa densité est voisine de 0,07. La température d’ébullition n’a pu être déterminée, mais elle est certainement très basse. Il n’y a pas lieu, dit M. Ch.-Ed. Guillaume, d’être surpris qu’il ne possède pas l’éclat métallique. « Depuis que nous connaissons mieux le spectre hors de sa partie visible, nous savons que rien n’est plus variable que l’éclat d’un corps, sa transparence ou son pouvoir réfléchissant, suivant les radiations auxquelles ces qualités sont rapportées. Dans une certaine région de l’infrarouge. le quartz,le sel gemme, et beaucoup d'autres cristaux, possèdent un pouvoir réfléchisssant qui leur donne un éclat comparable à celui des métaux, au point de vue spécial de ces radiations. L’absence de cet aspect particulier dans l’hydrogène examiné dans le spectre visible 11e diminue donc en rien la qualité de métal que lui attribuent les chimistes.»
L’hydrogène liquide est à une température assez basse pour permettre de liquéfier l’hélium et de solidifier l’air. Un tampon de coton, imbibé de ce corps, se montre assez fortement magnétique ; cet effet n’est pas dû à l’hydrogène, comme l’on pourrait le croire, mais à l’oxygène qui se congèle à la surface du coton.
Lorsqu’on fait évaporer de l’hydrogène liquide, on voit se produire au milieu du vase, pendant toute la durée de la vaporisation, « un nuage d’air solide, qui s’accumule dans le fond sous forme d’un dépôt blanc ; lorsque tout l’hydrogène s’est évaporé, ce précipité blanc, cet air solide, devient liquide, puis disparaît à son tour.»