‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 105 sur 517 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

CICÉRON

C'est le crime des temps , De nos jours de discorde et de troubles sang] ans , D'inspirer parmi nous aux héros qu'il divise La crainte et les soupçons que le vice autorise. Vous pardonnez , Caton , ce transport égaré. César , votre valeur m'a toujours rassuré ; Et quand Rome empioîrale secours de nos armes, C'est vous que je destine à venger ses alarmes. Mais autant que de force elle a besoin d'avis , Aux bords du précipice où nous sommes conduits ; Comment , sans l'exposer au comble de l'injure , De l'auteur de ses maux accuser l'imposture ? Puis-je , parmi les chefs d'un parti soudoyé , Nommer Catiliria de sa brigue appuyé , Qui , ne ménageant plus l'ennemi qu'il doit craindre , Va rallumer les feux que je voudrais éteindre ?

caton.

L'état de nos lenteurs ne peut que s'offenser ;

En face du sénat il le faut accuser,

L'absoudre, ou qu'en coupable on le traîne au supplice.

CÉSAR

Oui , s'il est convaincu , l'état veut qu'il périsse ; Mais pour son intérêt n'allons pas hasarder Tous les ménagemens qu'il prescrit de garder 5 Et craignez, si déjà votre esprit s'en défie , De menacer sans preuve un dangereux génie : Il est puissant , aimé.

44 CATILINA

CICÉRON

César , il me suffit.

J'ignore à l'excuser quel motif vous conduit ; Mais je m'étonne au moins, sans trop de défiance . De vous voir d'un coupable embrasser la défense, Et nous montrer pour lui ce zèle immodéré. " Caton , c'est votre avis ici que je suivrai. Le sénat vient.

( A un licteur. )

Allez , que l'on cherche Tullie.

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