‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 175 sur 517 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Tout l'or qu'à notre espoir la fortune abandonne S'offre à te couronner de l'éclat qu'il te donne ? Le sceptre , le bandeau d'un monarque orphelin , A sa sœur échappés , succèdent en ta main ; De vingt rois disparus le fortuné partage A mon sceptre ajouté devient ton héritage : De ses nombreux trésors prête à se dessaisir, Hécube ne m'attend que pour t'en enrichir.

HÉLÉNTJS.

Ah ! que m'apprenez-vous ?

POLYMNESTOR

Ton bonheur. Va, demeure.

HÉLÉNUS

Dieux ! quelle horreur pour vous me saisit à cette heure !

Hécube de ses dons semble vous attirer.

Mon père , est-ce en vos mains qu'elle les peut livrer ?

Son fils n'est plus; la nuit qui couvre ce mystère

Cache encor sa fortune aux regards de sa mère 5

Et pourtant, soupçonnant ce qu'on peut déguiser,

C'est vous que de sa mort elle vient accuser?

Craignez qu'un piège affreux, quelqu'horreur plus sanglante,

Ne soient les nouveaux dons que sa main vous présente;

Vers elle, à sa colère avant de vous offrir,

Laissez-moi la calmer par votre repentir,

Et courez, de sa fille embrassant la vengeance,

Mériter votre grâce en prenant sa défense.

C'est pour vous un devoir.

58 HECUBE.

POLYMNESTOR

Que me demandes-lu ?

HÉLÉNUS

De fuir, sur votre front, le glaive suspendu.

POLYMNESTOR

Tu le crois?

HÉLÉNUS

Pourriez-vous blâmer sa barbarie ?

( À part. )

Polyxène, je sens que j'expose ta vie,

Mais j'arrache mon père au trépas qui l'attend.

( A Potymnestor. )

Seigneur, de vos soldats la moitié la défend , Et déjà soulevée, à ma voix qui l'anime, S'avance à son secours, d'une ardeur unanime. Allons les armer tous ; mourons en combattant Plutôt qu'abandonner la victoire.

POLYMNESTOR

Imprudent.

Oui , je vais à leur tête encourager leur zèle j Je fais ce que tu veux pour toi plus que pour elle. Va toi-même assembler ces trésors précieux Que sa mère a déjà fait briller à mes yeux.

HÉLÉNUS

Je la vais assurer de ce zèle propice A sa fdle.

POLYMNESTOR à part.

Courons en hâter le supplice, Et surtout contenir ces rebelles soldats.

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