‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 179 sur 517 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

IDA

Compagne des ennuis où ma douleur succombe, Quel est le triste objet que cache cette tombe ? Est-ce le corps d'un fils, de ses gouffres amers, Sur ce funeste bord rejeté par les mers ? Hécube a tant pleuré sa perte et sa misère ! Est-ce cet autre objet d'une douleur amère, Ce fils qu'en sa fureur trop prompte à s'aveugler Ici , presqu'à nos yeux elle vient d'immoler ? Parlez, éclaircissez le trouble qui me presse.

UNE TROYENNE

Qu'importe à vos regrets d'en percer la tristesse? Dans la funeste fin de deux princes amis Tous deux également à notre espoir ravis , Pour nos cœurs désolés la douleur est la même, Et la reine deux fois doit perdre un fils qu'elle aime. Venez , rendez aux morts les funèbres tributs A leur dernier moment en ces lieux attendus. Ou, d'un plus grand revers déplorant la disgrâce, Que devient Polyxène, et quel sort nous menace?

IDA

Hélas ! avec le sien notre espoir est détruit ; D'un malheur si constant quel peut être le fruit ?

UNE TROYENNE

Quelle est sa destinée?

IDA

Horrible ! encor cachée ; Seulement des vaisseaux la voile est détachée ;

64 HECUBE.

Et bientôt de son sang ses vainqueurs altérés Déserteront ces bords à la mort consacrés. Désormais sans appui qu'en pourrait -elle attendre? Quel bras peut la sauver?. . . et qui peut nous défendre ? A la tombe avec elle il nous faudra courir.

UNE TROYENNE

Du souffle qui nous reste allons la secourir.

UNE AUTRE TROYENNE

Je veux aller moi-même...

IDA

Affronter son supplice?

Vous verrez assez tôt ce cruel sacrifice. Elle approche. Ah! grands dieux! craignez de la revoir, Et cachez -lui l'objet d'un nouveau désespoir.

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