SCÈNE IV
TAURUS, MÉDÉE, £GÉE, HELLÉNIE , THÉSÉE LE GRAND-PRETRE, choeur de jeunes athéniens.
JEGÉE.
Des dieux accomplissant l'oracle, Oui , j'accorde à leurs vœux le barbare spectacle
24 THESEE.
De nos fils gémissans arrachés de mes bras. Que n'ai-je pu mourant les soustraire au trépas ? Que n'a pu ma douleur plaintive et suppliante De ce deuil déchirant vous dérober l'attente? Mais enfin leur respect parle plus haut que moi Dans mon cœur paternel à l'oreille d'un roi. Appelez donc, nommez celles de ces victimes Qui vont porter la peine et le poids de nos crimes; Et vous, de cet état héros libérateur, Présidez de nos lois la sévère rigueur , Des jugemens du sort surveillez la justice , Et qu'au devoir lui seul la faiblesse obéisse.
THESEE.
0 roi! de cet état arbitre souverain, Père de vos sujets . il vous faut être humain : C'est le premier devoir avant que d'être juste ; N'abusez point ici de votre empire auguste En consacrant des lois dont la sévérité, Contraire à vos devoirs, en blesse l'équité.
H ELLE NIE, à JEçèe.
Proscrite par la loi moins que par votre haine, Je livre à ses rigueurs votre race et la mienne. Peut-être votre sang , dont j'aimais à sortir , Contre un malheur commun devait me garantir; Mais de tous les revers de qui je suis sujette , Le moindre est le péril qui menace ma tête. Du poids de votre haine accablée en naissant , Le destin me condamne en nous désunissant :