‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 199 sur 517 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DORIMONT, Madame de RAINVILLE.

DORIMONT

Madame de Rainville!

Soyez la bienvenue.

Madame de RAINVILLE.

Enfin , je suis tranquille !

Me voilà donc chez vous au bout de mes travaux : De Paris jusqu'ici comptez donc les cabots ! J'ai cru ne voir jamais le bout de mon voyage. Et puis, pour parvenir jusqu'en ce lieu sauvage , Car vous semblez , si loin , logé dans un couvent , Que de bois ! de détours à voir auparavant! Vous aviez en Bretagne une terre excellente, De plus facile accès, et je crois plus vivante; Pour fuir tant d'agrémens, dans ce séjour offerts, Vous vous êtes ici logé dans les déserts Bien solitairement.

Oui , sans doute ! et pour cause.

Dans les longs entretiens qu'ici je me propose , Vous saurez quels motifs me font aimer les bois, Et des plus éloignés les préférer par fois. Mais où donc est d'abord votre jeune pupille? Ne puis-je enfin la voir?

Madame de RAINVILLE.

Soyez donc bien tranquille !

Elle est avec Finette en son appartement , A prendre, pour paraître , un autre ajustement; Bientôt vous la verrez. Enfin je vous l'amène ; Enfin de votre hymen je viens serrer la chaîne f Puisque votre amitié constante , en son ardeur, Semble dans cet hymen avoir mis son bonheur. Mais du sort d'Eliante éclairant votre ivresse , Je ne puis , de ses biens vous cacher la détresse. Par son père, autrefois , remise à mon époux ; Sa misère hérita d'un accueil assez doux , Et des faibles secours d'une main inconnue, Sa fortune depuis n'est pas beaucoup accrue : Pour moi , je ne vois rien dans ses destins gênés , Pour briller dans l'éclat du rang que vous tenez.

DORIMONT

Et loin des préjugés que le monde apprécie, Pour moi, j'y vois de biens une source infinie. Dans le nouveau projet que je veux mettre à boul De former un hymen qui me convienne en tout. Eliante est vraiment la femme qu'il faut être Pour se plier au train où je prétends la mettre ; Et j'en prétends tirer plus de parti cent fois Que d'une autre plus riche en bons écus tournois ; Mais dont j'échangerais, sans beaucoup de scrupules. Tous les présens de noce en nombreux ridicules.

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