LE GRAND-PRÊTRE
De l'urne des destins, vous, Grecs, approchez-vous. Leur voix , qui vous condamne , est égale pour tous. Hellénie , avancez.
( De jeunes Athéniens s'approchent de l'urne, et tirent au sort en passant de l'autre côté de l'autel. )
THÉSÉE, au moment où Hellénie monte à l'autel.
Non, je prends sa défense, Et des Grecs dans sa cause embrasse l'innocence : Je les affranchis tous. Hellénie, arrêtez ! Vous, ministre de mort, cessez vos cruautés -, 11 est temps de ses fers que le peuple respire : Il n'est plus de tribut , d'esclavage ou d'empire ; Ce culte est inutile , et leur sceptre est brisé.
MÉDÉE
Ah ! que viens-je d'entendre ?
TAURUS
A ce point méprisé !...
26 THÉSÉE
Qu'avez- vous prétendu ?
THÉSÉE
Je le ferai connaître.
Peuple, séparez-vous.
TAURUS
Vous qui parlez en maître, En avez-vous le droit ?
THÉSÉE
Plus tard vous le saurez.
TAURUS
En présence du roi ?
THÉSÉE
Mes droits sont plus sacrés.
Au roi, si vous voulez, vous pouvez vous en plaindre-, Maisc'estmoi, soussonnom, qu'ici vous devezcraindre.
TAURUS
Un sujet près du roi peut ainsi s'ignorer?
THÉSÉE
Un sujet tel que moi croit ainsi l'honorer.
iEGÉE , à Thésée.
Ah ! seigneur , ménagez un allié fidèle ,
Et devant ses bienfaits déployez moins de zèle.