ACTE NI, SCÈNE VII
FINETTE
Oh ! quelle différence!
Si de monsieur Ciiton il peut vous souvenir, C'est lui qui, pour ëpoux, devait vous convenir!
ÉLIANTE
Pourquoi me rappeler ce qu'il faut que j'oublie?
FINETTE
Il me faut donc encor passer cette folie. Que voulez-vous? j1ai cru deviner vos secrets: Mais à présent je vois combien je m'égarais. En effet dans Ciiton , s'il faut que j'en convienne, J'aperçois des défauts digne de votre haine.
ÉLIANTE
Mais non ! Ciiton toujours sut se faire estimer; Je ne vois pas en lui ce que tu peux blâmer.
FINETTE
Il était bien timide.
ÉLIANTE
Oui; mais sa modestie Source de ce défaut en cache une partie. Quoi! peux-tu le blâmer d'un excès de vertu Qu'il faudrait applaudir s'il était mieux connu?
FINETTE
De plus, vous le savez bizarre, méthodique; Au monde il se dérobe, à l'étude il s'applique , Et je le crois un peu du beau sexe ennemi.
64 l'original,
ÉLIANTE
Va, d'un fiel dangereux ne îe crois pas rempli.
De l'éducation ce fruit âpre et sauvage,
Sa singularité passerait avec Page.
Et Cliton , tôt ou tard, du monde de'siré ,
L'estimant à son tour en serait admiré.
FINETTE
Ainsi n'éprouvant pas pour lui l'antipathie, Que près de son rival vous avez ressentie, Vous regretteriez peu , le fait est très-certain , De le voir en époux rechercher voire main ?
ÉLIANTE
Àb ! je crois que mon cœur expirerait de joie, D'échapper au bourru dont je serai la proie.'
FINETTE
Eh bien ! si vous avez pour lui tant de regrets ,
(A part.) Sachez... Sa tante! non, je ne pourrai jamais Lui parler à loisir. Que vient-elle nous dire?