ACTE IV, SCÈNE VIII
DORIMONT
En riche villageoise, Bien plutôt! et l'habit presque (Tune bourgeoise. Je Fai pris près Cambrai y des femmes du Cateau , Où je la fais fermière.
Ah ! voici du nouveau !
Votre femme fermière?
DORIMONT
Oui. Sage ménagère , Voilà Thabillement qu'elle a pris pour me plaire. Elle est bien mieux ainsi qu'en dame de château.
Le marquis D'ORCÉ.
îVhabit est bien mesquin !
Madame de RAIN VILLE, à part.
Il est encor trop beau.
D'HAUTEFARD.
Elle n'en est pas moins fort bien sous ce costume.
Madame de RAINViLLE.
Oui ; plus impertinente encor que de coutume. Le marquis D'ORCÉ.
Quoique peu fait pour elle , il lui sied à ravir !
g8 L'ORIGINAL ,
ÉLIANTE
Autant qu'il vous plaira, monsieur, pour vousservir. Sous ce déguisement , joûrai-je bien mon rôle?
Le marquis D'ORCÉ.
On ne peut mieux jouer.
DOR1MONT
Elle est tout-à-fait drôle !
Le marquis D'ORCÉ.
Une femme pourtant à la sévérité,
Qui la veut voir vêtue avec simplicité ,
Un peu trop emportée aux erreurs de la mode ,
Peut préférer de suivre une loi plus commode :
En choses de son goût elle aime à s'habiller,
Sans dédaigner par-là le moyen de briller :
Et, si d'un tel succès vous vous trouviez bien aise,
Je doute , à l'éprouver, qu'un tel habit vous plaise ?
ÉLÏANTE.
Tel qu'il soit , il suffit qu'il plaise à mon époux.
LE MARQUIS D'ORCÉ.
Mais s'il vous paraissait trop indigne de vous?
ÉLIANTE
En ce cas , j'aurais tort. Quel droit à sa toilette Aurait donc, je vous prie, une femme coquette? D'elle, jusqu'à l'époux qu'elle se doit choisir,