‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 304 sur 517 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

l'air aussi radieux que si vous veniez d'apprendre une bonne nouvelle.

DESCHAMPS

Aussi, l'allez-vous savoir. Vous aimez Deschamps ; eh bien...

FONVILLE.

Eh bien?

DESCHAMPS

11 est nommé préfet de ce département.

FONVILLE.

Eh? Qu'est-ce que vous me dites?

DESCHAMPS

Vous m'avez entendu.

FONVILLE.

Oh! trop bien.

DESCHAMPS

Ce que je vous ai dit, vous donne un air !...

FONVILLE.

C'est bien fait pour cela : mais je me remets ; je reviens, en songeant que vous voulez plaisanter. D'où tenez-vous cette nouvelle?

DESCHAMPS

Oh! la nouvelle est sûre; mais j'en suis moi sur votre air.

Et j'en suis moi sur la nouvelle.

DESCHAMPS

Vous oubliez donc qui je suis.... que je viens de Paris; mais, c'est vous qui avez l'air étonné...!

FOJTVILLE.

On l'aurait à moins; il est de ces choses

Deschamps, préfet de ce département ! est-il fait

pour cela? Un génie étroit, un esprit N'ètes-

vous pas surpris?

DESCHAMPS

Je le suis autant que vous. Comme vous dites, il est de ces choses auxquelles on ne s'attend pas. Vous m'en faisiez tout à l'heure un éloge si différent !

FOJVVILLE.

J'en faisais l'éloge! il y a vingt ans que je ne l'ai pas vu. Vous m'avouerez cependant que c'est un génie assez mince. On n'y regarde pas de près pour donner un éloge insignifiant; mais quand il s'agit de confirmer une injustice ! une erreur! Vous m'avez l'air aussi embarrassé que moi?

DESCHAMPS

Presque autant.

FONVILLE.

Vous ne savez pas trop que dire. Cependant vous m'avouerez que c'est une usurpation?

DESCHAMPS

Une usurpation !

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