ACTE II, SCÈNE VI. 4i
qui j'ai dû donner bien des coups de poing ; car je n'étais pas tendre!
PHOENIX
Ah çà , je viens d'apprendre de jolies choses de sa jeunesse : on dit que c'était un petit libertin.
DESCHAMPS
Ah! lorsqu'il était ici, jeune.
FONV1LLE.
Voilà comme la fortune de l'homme qui s'élève fait rechercher ses torts !
PHOENIX
Oui. 11 s'enfuit d'ici pour éviter les suites d'une mauvaise affaire : il s'agissait de séduction.... C'était un séducteur.
DESCHAMPS
Voyez-vous!. . (à pan) la supposition!
Et moi qui le croyais un Caton!... Mais vous, qui l'avez vu de fraîche date à Paris, vous pouvez nous en donner des nouvelles. Quel homme est-ce ? S'est-il un peu dégourdi ?
DESCHAMPS
Ah ! vous qui le connaissez , il faut le dépeindre à ces Messieurs.
PHOENIX
Mais c'est Un homme... là... (regardant Descha-mps)
assez ordinaire.
DESCHAMPS
Oui.
fa LES PRÉVENTIONS.
PHOENIX
Pas trop grand... Un peu moins grand que vous.
MADAME DES OISONS
Ce n'est donc pas un bel homme, monsieur Phœnix?... Moi qui m'en faisais déjà un portrait enchanteur!
PHOENIX
Ah ! vous méditiez sa défaite , belle dame.
FONVILLE.
Un moment ! Ne vous détournez donc pas ; achevez de le peindre.
MADAME DES OISONS
Aime-t-il le sexe ?
fonville.
Oui : quel parti en pourra-t-on tirer? Aimet-il les bons morceaux? Est-il gourmand?
phoenix. ^
Oh! gourmand, je vous en réponds!
MADAME DES OISONS
Et le sexe?
PHOENIX
Oh ! le sexe A en juger par ce qu'il m'a
fait voir, il est vivement porté pour les dames. (A Deschamps.) N'est-ce pas , Monsieur ?
DESCHAMPS
je n'ai pas été de vos bonnes fortunes.
FONVILLE.
Allons, il aime le sexe; il dînera chez moi, mais j'y serai.