‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 320 sur 517 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

FONVILLE, BASSET.

FONVILLE.

Vous sentez-vous toujours arrêté par votre timidité ?

BASSET

Ecoutez donc !

FONVILLE.

Scrupule exagéré, Monsieur Basset; où voyezvous la prévention? Qui a jamais refusé de croire au mérite reconnu, et quelle cabale s'est élevée pour le détruire? Eh bien ! cela ira-t-il?

J'ai ce qu'il vous faut. Comme il était nécessaire de vous composer une petite assemblée de gens tout disposés pour vous , j'ai ramassé tout ce qu'il y a ici de plus inepte. J'ai engagé M. Coquelin , ce juge hébété de surdité, qui ne dit pas un mot, et qui rend des arrêts. 11 viendra

5o LES PRÉVENTIONS.

avec M. Le Hoc, cet avocat bègue, qui ne peut parler et qui ne laisse pas de perdre toutes ses causes.

FONVILLE.

Et vous les avez engagés à parler pour moi?

BASSET

Cela eut été dangereux ; mais, comme l'un ne peut entendre et que l'autre ne peut parler, vous voyez bien qu'ils ne pourront parler contre vous : quand on ne peut éloigner les témoins , on les choisit.

FONVILLE.

Sans doute. A présent je vous dirai que Phœnix et Têtu , dont nous n'avons pu nous débarrasser tout-à-fait , sont dans de bonnes dispositions ; ils m'ont promis leur voix. Quand on sera à délibérer, je n'aurai qu'à sortir pour les laisser libres. Si ce moyen ne réussit pas , quel est l'autre dont vous m'avez parlé ? vous en aviez deux.

BASSET

Voici l'autre. Si vous voyez qu'il ne tourne pas de vous, tâchez de faire tomber le choix sur l'ami de Deschamps ; vous vous l'attacherez. Cet homme est puissant; on peut avec lui intriguer, faire destituer Deschamps : la première place est vacante , et vous avez au moins une faible espérance de l'obtenir.

FONVILLE.

Oui, tant faible soit-elle, c'est toujours une chance qu'une place vacante.

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