‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 337 sur 517 · ACTE III , SCENE XII · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE XII

PHOENIX

Lui!

FON VILLE, à Phœnix.

Vous vous êtes mis dedans, (a Deschamps.) Ah cà, qui vous l'a tant loué pour vous le faire choisir?

DESCHAMPS

Vos mépris , votre haine. Il est temps qu'il en soit vengé. Venez, Saint- Albain ; présentez Deschamps à ces Messieurs.

(Il lui prend la main, en reculant de quelques pas.) FONVILLE.

Deschamps !

DESCHAMPS

Oui ; il est arrivé : c'est moi qui suis Deschamps.

FONVILLE.

Dieu!

BASSET à Phœnix.

Et vous qui disiez que vous l'aviez vu à Paris?

DESCHAMPS, à Phœnix.

Eh bien ! me reconnaissez - vous? Vous avez fait beaucoup de fables sur mon compte; mais que tout soit oublié. J'ai eu mes torts aussi. J'avais la présomption de croire obtenir vos applaudissements : vous m'avez appris que cela était impossible. J'oublie la leçon en reconnaissant mon erreur. Je n'en serai pas moins votre concitoyen , votre ami , et peut-être un magistrat utile, malgré la prévention à laquelle je me suis

68 LES PREVENTIONS.

exposé. Fonville , voulez-vous unir votre fille à Saint- Albâin?

FONVILLE.

Ah! je ne suis pas digne d'en disposer! Soyez son père : faites ce que vous voudrez. Je vais cacher ma honte, (a Basset.) Vous m'avez fait faire une grande sottise, (n sort.)

TÊTU

Vous mollissez tous; vous changez d'opinion; mais moi , je persiste : Deschamps n'est pas digne de sa place! (iisort.)

DESCHAMPS

Monsieur Basset, vous ne vous opposez pas à leur union?

BASSET

Je n'aime pas à contrarier, (il sort.)

Le désir de paraître lié avec vous m'a fait faire une petite supposition, que vous excuserez : le motif était louable.

LE HOC, à Phœnix.

É, é, est-ce bien lui?

( Phœiiix le regarde avec mépris , et sort sans lui répondre. Le Hoc et Coqnelin le suivent. )

DESCHAMPS, unissant Saint- Albain et Emilie.

Venez : jouissez de votre bonheur; mais n'en croyez ni ses illusions, ni les flatteries. Les gens heureux sont enviés, jamais aimés.

FIN

LE

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