‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 343 sur 517 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

madame D'OSMOND, D'OSMOND, ÉTHELVINA.

d'osmond.

Ma chère ! et toi, ma pauvre enfant!

Bonjour! Grâces au ciel, me voilà triomphant Dans nos bois.

MADAME D'OSMOND

Par malheur, un peu loin de la ville.

d'osmond.

Trop près!... De ce château jamais je ne m'exile Sans regretter la paix de son heureux séjour. C'est qu'aussi franchement, et depuis plus d'un jour, La manière et le ton qu'ailleurs il me faut suivre Ne sont pas de mon goût. Me convient-il de vivre Avec le caractère et les goûts éprouvés

io LE ROMANTIQUE.

De l'homme respectable, ainsi que vous vivez? Vos grands dîners à jeun, vos mortelles soirées , De punch, de politique et d'ennui saturées, Vos cabales, vos clubs, et ces vastes projets, D'une existence à part ces frivoles objets, Ces penchants forcenés, ces besoins qu'on appelle Ceux des sociétés de l'époque nouvelle, Me donnent pour ma part assez à regretter Les plaisirs innocents qu'il m'a fallu quitter, Le calme et le bonheur du foyer domestique Vers lequel me ramène un charme sympathique.

MADAME D'OSMOND

Et moi, non! le plaisir est mon unique loi , Le monde m'enlève.

d'osmond.

Oui. Je sais que je vous doi Tout ce que de plaisirs de tumulte et de joie L'ivresse de votre âge en ma maison déploie. Depuis que par l'attrait d'un charme, hélas! trop doux Par un second hymen je devins votre époux, L'excès de ma faiblesse, il faut que j'en convienne, De vos légèretés m'a fait subir la chaîne. Je vous dois les dangers des folles liaisons Qui m'ont avec Valcour compromis sans raisons. Votre frère, il est vrai, jamais son imprudence, Son intrigue, ses airs, sa folle confiance, Je ne le cache pas, sans vous ne m'auraient plu. A regret j'ai cédé quand vous avez voulu De nos liens d'époux resserrer l'origine ; A mon Éthelvina c'est lui que je destine.

Page 1