ACTE III, SCENE IV
D'un mot, sur un soupçon , je le fais condamner.
TAURUS
Lui ! vous croyez le roi prêt à l'abandonner ? C'est Thésée.
MÉDÉE
Ah! Thésée !... horrible certitude !
Et voilà donc le fruit de tant d'inquiétude, D'efforts , de soins perdus à prévenir ses pas ! Quand je l'assassinais si loin de ses états, Au milieu de son peuple il paraît , il respire. Repos , gloire , avenir, sceptre , famille , empire , Un jour m'enlève tout , un jour a tout détruit I Ah ! quand par mes soupçons mon cœur était instruit , Que n'en croyais-je, hélas ! cet orgueilleux silence Où d'un tyran caché respirait l'insolence ? N'importe, si le Ciel a voulu l'épargner, Du juge que je crains je saurai l'éloigner. Otons à l'accusé son appui tutélaire :
Le prince est reconnu si le roi voit son père.