‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 375 sur 517 · ACTE IV, SCENE IL 5i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IL 5i

SULZER

Tu n'es pas confondu?

OCTA.VE.

Non; l'horreur qui t'aigrit De leur perversité n'est que le cligne fruit. Dans l'étourdissement de leurs plaisirs frivoles, Leur asservissement à de fausses idoles, L'exemple dangereux, le langage, les mœurs, Tout les livre aux excès de leurs goûts corrupteurs. Eh! qui ne céderait a l'heureuse morale * Des plaisirs qu'établit la honte et le scandale? Ils vendent tout, ami; le frère vend sa sœur, L'époux de son épouse est le vil suborneur, Et l'amitié flatteuse en trompeuses délices N'est pas chez les humains moins pleine d'artifices,

SULZER

Et tu les servirais! et tu pourrais encor

D'un sublime génie humilier l'essor,

Pour étayer l'amas de meurtres, de rapines,

Dont l'appui chancelant te cache les ruines.

O toi! sans la vertu, pour tout inaccessible,

Dont l'ame n'aima qu'elle en sa course paisihle;

Hélas! par tes efforts nous espérions finir

Le joug dont il est dur de craindre et de rougir.

Tu pouvais a nos cœurs rendre la renaissance

De ces jours regrettés de paix et d'innocence.

Crois-moi, de l'univers les pouvoirs éhranlés,

Le doute des esprits incertains et troublés,

Annoncent les langueurs d'un corps dont la faiblesse

Ploie accablé du poids de sa longue vieillesse.

Ce corps inanimé veut un autre ressort

Et vers de nouveaux jours va prendre un autre essor.

Crois-moi, le inonde est vieux, ose frapper, tout tombe;

Dans ses gouffres ouverts creusons-nous une tombe,

Ou, régénérateurs, rejetons-le au creuset.

Le malheur t'a changé.

OCTAVE

Vois nos amis ; sois prêt.

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