‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 398 sur 517 · D'OSMOND, VALCOUR · texte numérisé non relu

D'OSMOND, VALCOUR

d'osmond.

Arrêtez, homme trop dangereux!

Vous cherchez-vous ici de nouvelles victimes ?

Au fond du précipice, environné d'abîmes, On ne peut plus tomber. Me rendrez-vous les jours Dont votre ambition précipite le cours; Le fils?... Retirez-vous.

VALCOUJR.

Quel aveugle délire!

Quand je viens vous sauver, quand l'espoir qui m'inspire Est d'arracher ce fils aux horreurs du trépas, Sur le bord de l'abîme est d'arrêter ses pas.

d'osmond.

L'arrêter! et pourquoi? d'une cruelle offense, Dont je ressens l'affront, lui ravir la vengeance; D'un opprobre éternel moi-même me couvrir, En repoussant le bras qui vient me secourir. Non, je l'approuve enfin : rang, naissance, ni lustre Ne me font point rougir d'une faiblesse illustre; Frappe, frappe, mon fils! achève et venge-nous, Ton père ici pour lui t'implore à deux genoux; Tu n'entendras de moi ni plaintes ni murmure, Satisfais ton devoir et venge mon injure. Tout est épouvantable en ton adversité; Mais, quel que soit le crime, il est trop mérité. Malheureux cependant qui prendra ta défense? Qu'avez-vous fait, monsieur ?quelle est votre imprudence?

VALCOUR

Oui, j'ai bravé pour vous, amour, vengeance, éclats, Et tenté d'arracher votre fille à vos bras; Mais j'atteste le ciel, témoin de ma constance, Des efforts de mon zèle et de ma résistance, Et que le seul désir de votre avancement

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