SCÈNE IL ÀLADIN, ISMEN, SOFHRONIE
SOPHRONIE
Seigneur, je viens pour vous l'apprendre ! Aux cris de ces chrétiens que vous chargez de fers, Qu'à vos ordres humains leurs cachots soient rouverts. Vous recherchez l'auteur du vol de la statue, Qu'à ses premiers autels il faut qu'on restitue. Le coupable est connu : je viens le découvrir.
Je le nomme, et c'est moi que vous devez punir.
ALADIN
Vous î l'attrait d'un tel crime aurait pu vous surprendre? Mais, d'un piège odieux, non, je dois me défendre. Votre âge, vos beautés, calment un vain débat: Vous n'avez point commis cet horrible attentat.
SOPHRONIE
Doutes-tu de ma force à braver tes supplices ?
ALADIN
Pour montrer tant d'audace, où sontdonc tes complices?
SOPHRONIE
Je n'en ai point.
ALADIN
L'emblème à tes mains arraché,
Où le dérobes-tu?
SOPHRONIE
Je ne l'ai point caché.
Afin de le soustraire à votre indigne outrage, Aux feux qui l'ont détruit j'en ai livré l'image. Elle a péri.
ALADIN
Tu mens! Voudrais-tu m'abuser?
Et du sort de l'idole oses-tu m'imposer? Parle.
SOPHRONIE
De mes discours ma foi doit vous répondre, Et mon courage ici suffit pour vous confondre. Mais quel besoin enfin d'excuser mes discours ? Et pourquoi recourir à d'indignes détours ? Tu veux .avoir l'image à ta rage enlevée ; Ou connaître la main par qui je l'ai sauvée? La main , tu la connais ; je te la viens livrer. Frappe, et de mes desseins cesse de murmurer. L'image, elle n'est plus ; je ne puis te la rendre, Si même justement tu pouvais y prétendre ; Et de tes attentats, tyran, j'ai dû sauver Ce que ton injustice a pu nous enlever.