ACTE V, SCÈNE IV
ARIANE
Il ne m'a point trahie, il était mon vainqueur. J'ai porté librement des fers que je regrette -, Il a brisé sans honte une chaîne indiscrète. , Respectez ses vertus.
Vous en parlez beaucoup Pour n'être pas sensible aux affronts d'un tel coup. Que d'un œil différent je verrais l'imposture! Jamais, sans la punir, je n'ai souffert l'injure; Et Médée, à s'armer contre la trahison De son habileté se vante avec raison.
Je puis en attester et Creuse et Pélie, Les fils qui de Jason vengeaient la perfidie; Et même de Thésée éprouvant les affronts, Je m'offre à vous vengerpar des moyens plusprompts. Depuis que son retour m'ôte le cœur d'un père, Que suis-je en ce palais? qu'une esclave étrangère : ./Egée, autant que lui déclaré contre moi, A mes vœux repoussés n'offre plus que l'effroi. Plus d'accord, plus de paix; épouse qu'on délaisse^ Il faut avec ses fils partager sa tendresse. -/Egée enfin , lassé d'inutiles désirs , M'a fait d'un autre hymen entrevoir les plaisirs : Pour sortir des mépris où sa froideur me range, Voici comment Médée et punit et se venge. Le roi, que j'ai mandé, sera bientôt ici, Et vous lui remettrez le poison que voici.
(Elle prend la coupe , qu'elle remet en sortant à Ariane. }
74 THÉSÉE
ARIANE
J'en ferai bon usage.