SCÈNE II
CATILINA, CÉTHÉGUS, conjurés.
CATILINA
Eh bien! vous l'avez vu, l'orateur insolent, Qui préside au conseil d'un sénat turbulent ; Qui veut perpétuer entre ses mains funestes De son pouvoir usé les déplorables restes ? Je triomphais : ce bras , qui se levait sur lui , Du rang dont il descend l'accablait aujourd'hui. Il mande le sénat sur la foi des auspices , Et du peuple assemblé dissipe les comices.
Il éloigne recueil qu'il voudrait fuir en vain, Et demain ton succès n'en est que plus certain.
%o CATILINA.
CATILINA
Ne nous exposons point à la nouvelle lutte
Des refus où l'envie a préparé ma chute.
Un contre-temps de plus ne fait qu'approfondir
Les généreux desseins dont nous devons sortir.
Amis, que dès ce jour notre entreprise éclate,
Au milieu des succès dont l'ennemi se flatte.
Je vous dois le récit des triomphes nouveaux
Qui nous ont aplani le but de nos travaux,
Ces immenses progrès qui , forçant les obstacles,
Ouvrent devant vos yeux la route des miracles.
Malheureux compagnons, infortunés soutiens !
Flétris injustement du nom de plébéiens !
Dont le sang, entaché des vertus de vos pères,
N'a transmis à leurs fils que leurs destins vulgaires!
Apprenez quels succès vont remettre en vos mains
Les droits perdus pour vous de citoyens romains.
Mais de nos ennemis l'activité cruelle
Nous poursuit sans relâche avec le même zèle 5
Allez , Cicéron vient , et je vois vos tyrans :
Céthégus, suivez-les-, près de vous je me rends.