‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 92 sur 517 · CONJURÉS · texte numérisé non relu

CONJURÉS

CATILINA

César n'est point à nous : son cœur pusillanime Ne conçoit point, amis, l'ardeur qui vous anime. Gêné dans ses désirs, lent à se déclarer, Ce n'est que du vaincu qu'il veut se séparer, Prêt à se réunir au parti qu'il méprise Pour recueillir le fruit qu'aura votre entreprise. Triomphons sans son aide, et méritons sans lui Un succès qui déjà n'a plus besoiu d'appui.

Eh bien ! de Cicéron vous les venez d'apprendre, Les rapides progrès dont j'ai cru vous surprendre ?

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11 avance un aveu que j'ai dû différer,

Et semble à nos desseins lui - même conspirer.

Mais ce qu'il n'a point dit , et qu'à sa vigilance

Cache encor le secret du plus profond silence ,

Mallius, dans nos murs secrètement conduit,

S'est des remparts de Rome approché cette nuit.

Prête à grossir l'élan de nos faibles cohortes,

Des soldats de Syila l'armée est à nos portes.

Ces fameux conquérans, dans les travaux blanchis,

Qui pleuraient les exploits qui les ont enrichis,

Forcés, dans leur exil, à dévorer leur rage,

De leur proscription viennent venger l'outrage.

Du fond de FEtrurie aux monts Apuliens ,

Tous ceux dont la discorde a dévoré les biens,

Amis de Marins, victimes de Pompée ,

Tous ceux qui regrettaient leur fortune usurpée,

Qui demandaient au ciel le toit de leurs aïeux

Devenu le butin d'un soldat furieux ,

Relevant dans nos champs leur superbe indigence >

De leurs libérateurs vont suivre la vengeance.

Tous ceux que du butin l'espérance enrichit ,

Que du frein du remords la misère affranchit ,

Ou dont la pauvreté , des trésors qu'elle ignore ,

Sans espérer beaucoup a moins à craindre encore :

Ces malheureux , privés d'un abri sous les cieux ,

Qui , partout étrangers, abondent en tous lieux ,

De leurs flots populeux viennent inonder Rome,

Rome dont aussi bien la perte se consomme ,

Où de tant d'ennemis les fragiles liens

Nous font des conjurés de tous ses citoyens.

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