SCÈNE VI
Les mêmes, CÉTHÉGUS.
CATILINA
Tu pouvais nous entendre; Allié d'un tyran , l'oseras-tu défendre?
CÉTHÉGUS
Ali ! de ce nom fatal qui pèse à ma vertu , Amis, que devant vous mon cœur est abattu ! Comment à vos regards souffrir l'ignominie Des affronts douloureux que me doit la patrie ! Et combien votre horreur pour moi va redoubler Au récit du malheur qui vient de les combler ! Cicéron dans nos murs déjà commande en maître, Et jouit d'un pouvoir qu'il feint de méconnaître. Au bruit de nos progrès, Métellus et Rufns Vont de nos légions combattre les refus -, Marcius avec eux à sa voix les rallie Partout où le danger menace l'Italie; Dans Rome ses soldats , par groupes disposés, Nous ferment les chemins en cent lieux opposés , Et d'escadrons épars hérissent nos murailles Comme en un jour marqué pour de tristes batailles. C'est fait de nos desseins et nous sommes perdus, Si nous ne prévenons qui nous a reconnus ; Si , lorsque du danger l'activité nous hâte , Ce n'est plus qu'en projets que notre audace éclate, Si loin
3o CATILINA.
CATILINA
Dans tous les lieux qu'on défend en effet , Allez, qu'à se placer chacun de vous soit prêt 5 Et, du premier abord au signal de se rendre , Nouslivre au moindre efForttout ce qu'on veut défendre. De la porte Latine au quartier Quirinal , L'Aventin , l'Esquilie et le montViminal , Que Rome à chaque pas nous présente une armée En amis, à ma voix , aussitôt transformée. De premiers des Romains , de soldats conquérans , Les noms vous ont acquis l'honneur des premiers rangs. Allez, de Cicéron prêts à délivrer Rome , Ne considérez qu'elle et ne craignez qu'un homme.
( Bas à Afer. )
Pour servir nos desseins , toi , songe où je t'attends.