OPTIQUE DES RAYONS DE RUNTGEN
quelle que soit l'orienlalioii du plan pp de la couche sensible, ce qui démontre que la nappe limite de rayons S est plane. Enfin celte ligne droite z est située dans le plan du miroir; je m'en suis assuré, en particulier, en employant nn miroir M dont le contour était ciiculaire et venait toucher, par le bord de sa surface, la plaque sensible. Je projetais sur la plaque sensible, avec un aulre faisceau de rayons X, une silhouette, pas trop intense, du miroir circulaire, en même temps que la surface du miroir envoyait des rayons secondaires; après développement, je voyais la limite z des rayons secondaires sous forme d'une droite tangente à l'ellipse qui formait le bord de la silhouette du miroir projetée par les rayons X. 11 y a donc bien une nappe plane de rayons reclilignes S envoyés suivant le plan du miroir.
Un prisme /' de verre, de paraffine {fig. lo), recevant près de son arête, à travers la fenie^de l'écran de plomb EE, la nappe plane limite des rayons S, la laisse passer sans réfraction^ mais affaiblit l'action radiographique des rayons S. Il suffit, pour le constater, de disposer une cloison opaque perpendiculaire à la fente y au milieu de sa longueur, de manière à diviser la nappe plane limite en deux moitiés : l'une, antérieure, traverse le prisme /•; l'autre, postérieure, passe librement ou bien traverse un second prisme identique qui couvre la moitié postérieure de la fente, mais dont l'arête est tournée vers le bas. S'il y a réfraction des rayons S, la ligne droite z doit être déviée vers le bas sur la moitié antérieure de la plaque pp:^ sur la moitié postérieure, elle reste fixe ou bien, dans le cas de la réfraction à travers un second prisme inverse, est déviée vers le haut. Je n'ai pas observé de dislocation de la ligne z d'une moitié de plaque à l'autre*, les deux moitiés de celte ligne droite demeurent, malgré les prismes, dans le prolongement l'une de l'autre ( ' ).
(') Ces expériences établissent que la i^éfraction des rayons S utilisés
DO G. SAGWAC.
Un second miroir w, placé sur le trajet des rayons S {fig- lo), avec ou sans le prisme /', arrête les rayons S sans les réfléchir. S'il y avait réflexion régulière des rayons S, la nappe plane de rayons S, envoyée suivant la trancliedu miroir M, formerait, après réflexion sur /n, une nouvelle nappe plane qui limiterait, cette (ois vers le haut, à une droite ^< l'impression de la couche sensible pp. Or l'impression s'étend sur pp^ aussi bien au-dessus de Zi qu'au-dessous; mais, vers le bas, l'impression s'arrête à une ligne droite z' située dans le plan de la surface r?i'^ le miroir m a émis à son tour en tous sens et jusque dans son plan des rayojis tertiaires T se propageant aussi en ligne droite. Cette émission tertiaire iiouble parfois les expériences de réfraction du dispositif de la yZ^. lo^la cloison, qui sépare les deux moitiés antérieure et postérieure de la fente f ^i reçoit des rayons secondaires, émet des rayons tertiaires qui peuvent voiler la plaque pp^ particulièrement en regard de la tranche de la cloison, là où est ()lus courte la distance parcourue par les rayons tertiaires. On affaiblit (elte perturbation en formant la cloison séparatrice d'une lame d'un corps comme le verre léger, l'ébonite, qui anète suffisannnent les rayons secondaires sans émt tire beaucoup de rayons tertiaires. Il convient, pour la même raison, de recouvrir d'aluminium ou d'ébonite les bords de plomb des écrans qui limitent les rayons X ou les rayons secondaires dans les diverses expériences. Les tiois modes d'action (radioscopique, électiique et
ne porte pas sur la troisièinc décimale. Il ne me parait pas douteux que, si l'on augmentait la distance parcourue dans l'air par les rayofis S, on p(jurrait prouver (|ue la réfraction des rayons S, transmis par quel({ucs mètres d'air, porte tout au plus sur la sixième liécimale, comine M. Gou y l'a établi pour les rayons X. Les rayons S forment, en ciïet, un faisceau très hétérogène, et ceux qui diffèrent le plus des rayons X générateurs sont justement arrêtés par l'air {Cf. Cliap. II, § 5, 0, 7 et 8). Inversement, des expériences de réfraction, faites dans le vide (\c niiinière à respecter les rayons très absorbablcs p.«r r.iir, lie sriiiicnt pas nécessairement \ouccs à l'insuccès.
OPTIQUE DES RAYONS DE ROJVTGBN . 5l
radiographique) signalés pour les rayons secondaires, le fait que ces actions s'exercent encore à travers des corps tels que le papier noir, l'aluminium, opaques aux rayons lumineux connus, la propagation rectiligne des rayons secondaires sans réfraction ni réllexion régulière, les rapprochent des rayons X dont ils dérivent. Mais nous allons voir qu'ils sont souvent fort différents des rayons X générateurs, qu'ils en sont souvent une transfonnaiioji très profonde.
3. Principe de la méthode de recherche de la transfonnation. — Un miroir de cuivre, de zinc, d'acier, de nickel, que frappent les rayons X, envoie sur un récepteur, placé par exemple à quelques centimètres de distance dans l'air, des rayons secondaires que les différents milieux absorbent nettement plus que le faisceau des rayons X incidents. On le constate en comparant, soit avec une plaque pbotographique, soit avec un électroscope, l'opacité d'une mince lame d'aluminium, d'abord pour les rayons secondaires, puis pour le faisceau de rayons X qui les produisait. Ce fait pourrait, en l'absence de toute autre considération, s'expliquer par \ hétérogénéité du faisceau de rayons X. On sait, en etVet, que les rayons X transmis par une lame A d'aluminium, par exemple, sont plus pénétrants que l'ensemble des rayons X incidents, et l'on peut dire, en s'aidant de l'analogie optique, que le faisceau incident est un mélange de rayons X qui diffèrent les uns des autres par leurs pouvoirs de pénétration : la lame filtrante laisse passer les rayons les plus pénétrants en plus grande proportion (jue les autres. Il suffiiait alors d'admettie qu'un miroir de fer, de zinc, par exemple, dissémine surtout les rayons X les moins pénétrants du faisceau incident; la dissémination serait un pliénomène de diffusion élective sans transformation, c'est-à-dire analogue à la dilïïisinn de la lumière par les divers pigmtmls colorés.
t)3 G. SAGKAC.
Laissant pour le nioiiient de côlé la queslion de savoir si certains groupes de rayons du faisceau incident sont ])lus particulièrement actifs dans les phénomènes d'émission secondaire ('), je vais montrer fjue ces pliénomènes sont liés à une IransfonnalioJi des rajons deHôntgen. La méthode suivante permet de démontrer V existence et le sens de la transformation :
Je place une lame A, assez transparente aux rayons X, ])ar exemple une lame d'aluminium de -~ ou de ^ de millimètre d'épaisseur, sur le trajet du faisceau issu du tube focus ^ puis je la transporte sur le trajet des rayons secondaires excités par le même faisceau issu du tube focus dans les mêmes conditions, de manière que l'épaisseur d'aluminium traversée par les rayons secondaires soit sensiblement la môme que l'épaisseur traversée dans l'expérience précédente par les rayons X. Dans les deux cas j'étudie l'efTet produit ]iar les rayons secojidaires sur le même récepteur (placpie photographi(|ue, électroscope ou écran au plaiinocyanure de baryum), sans modifier autre chose que la position de la lame d'aluminium, située dans le premier cas avant le corps frappé par les rayons X et, dans le second cas, après ce coips. S'il y avait diffusion pure des rayons X sans changement de pouvoir de pénétration, il serait indi lièrent de filtrer les rayons X aidant ou après diffusion; l'activité des rayons secondaires enregistrée par le mêtne récepteur seiait la même quand la lame A est placée sui" le trajet des rayons X et quand elle est placée sur le trajet des rayons secondaires. C'est justement ce qui n'a pas lieu : l'ordre des Jiltjations injlue sur le résultat.
4. Prender aspect des phénomènes de tran\formation, — J'ai constaté cette inlluence de l'ordie des filtiations
(') Voir pour celle (iiicsliou : Cluip. II, ^ 3 elT; Cliiq). III, sj 1, 2 . l 'i, <.l Cli;ip. IV, v? i.
OPTIQUE DES RAYOJNS DE IIUJXTGEN. 53
d'abord par des expériences purement qualitatives ('): Une plaque sensible pp est disposée à peu près comme dans le dispositif de \dijîg. lo, de préférence à quelques millimèties seulement de la fente y pratiquée dans l'écran de plomb EE, qui laisse passer un faisceau de rayons secondaires S émis par un miroir M en acier, nickel, zinc, etc. Le prisme r et le miroir in de la fig. lo sont supposés absents. En une minute, par exemple, la plaque sensible pp est nettement impressionnée par les layons S du miroir M excités par un faisceau de rayons X qui, avant d'atteindre M, a traversé à peu près normalement une lame d'aluminium d'épaisseur de -^ de millimètre. Dans une seconde expérience, la lame d'aluminium précédente est transportée contre la fentey^de la y^^-. lo, de manièie à couper à peu près normalement le faisceau de rayons S; b^s autres conditions restant les mêmes, une plaque ])bolograpliique pp de la même douzaine que la première ne montre pas d'impression appréciable dans le même temps de pose, ou du moins est relativement très peu impressionnée; cependant la source des rayons X n'a pas sensiblement varié; j'ai d'ailleurs fait des expériences de comparaison directe en enregistrant côte à côte sur la même plaque les impressions produites simultané ment par les rayons secondaires filtrés par la lame A d'aluminium couvrant la moitié aniéiieure de la fente /", et par les rayons secondaires de IM transmis sans filtration par la moitié poslérieuie de y, mais provenant de rayons X filtrés par une lame identique à A; il y avait alors, entre la plaque sensible et l'écran EE, un diapbragme d'aluminium ou d'ébonite sépaiant les deux moitiés de la fente^, et, de l'autre côté de EE, un second diaphragme dans le même plan que le premier séparant les deux moitiés du miroir M qui émettent les deux faisceaux secondaires con)parés. D'après ces expériences, les rayons S eniegistrés par la
(^) Les mesures électriques relatives aux degrés de transformation des rayons X par des corps divers sont exposées au Cliap. II, § 7.
54 G. SAGJNAC.
plaque pp proviennent de la transformalion de certains rayons X du faisceau reçu par le miroir M en rayons moins pénétrants, dont l'action radiographique est considérablement affaiblie par une feuille d'aluminium de -^^ de millimètre.
La même expérience réussit quand la plaque photographique pp est remplacée par un éicctroscope recevant les rayons S, comme celui de \ai Jlg. 8, à travers une mince feuille aa en aluminium batiu. La vitesse de décharge de la feuille d'or de l'électroscope se ralentit beaucoup cjuand une lame d'aluminium A primitivement placée sur le trajet des rayons X au-dessus du miroir IM est transportée conue la fenêtre aa de l'électroscope.
Dans h's mêmes condi lions, on peut constater, moins netlement toutefois, que la luminescence d'un écran au plalinocyanure de baryum exposé en pp à l'action des rayons S est plus faible, quand la feuille A d'aluminium filtre les rayons S, que si elle filtre les rayons X. On peut employer le même dispositif {/ig. lo) cpie pour l'action radiogi aphique.
Ces expériences qualitatives démontrent que les actions des rayons secondaires, l'action radiogiaphique, l'action électrique et l'action radioscopique, sont dues à des rayons moitis pénétrants que les rayons X générateurs : ceux-ci ont subi une transformation. On constate tiès nettement celte tiansforn)alion pour des métaux lourds comme le ])lomb, le mercure, le platine, le nickel, le fer, le zinc, le cuivre ou les mélanges cl combinaisons (|ui en renferment; mais la transformalion paraît insensible pour des mélanges et combinaisons renfermant seulement du caibone, de l'oxygène, de l'azote, de l'hydrogène, . . ., la paraffine, par exemple. Les rayons secondaires des corps qui transforment les rayons X nettement sont naturellement plus absorbables par les divers milieux que les rayons secondaires de corps tels cpic la parafTnie. J'ai déjà dit qu'ils sont plus actifs (i:} I, p. 4.)). Ces i\vA\x propriétés ne sont évidem-
OPTIQUE DES HAYONS DE nujNTGEN. 00
nient pas iiidépendanles. Les rayons secondaires éniis par un corps, même par un élément cliimicjue, ne sont pas invariables; leur pouvoir de pénétration se modifie avec celui des rayons X générateurs*, en tenant compte de l'influence periurbatiicedue à l'absorption et à la fillraiion des rayons secondaires par l'air almosphénque, j'ai corjstaté dans plusieurs expériences que les rayons secondaires d'un même métal devenaient plus absorbables en même temps que les rayons X dont ils provenaient.
5. Rayons tertiaires. Transformation des rayons secondaires. — A l'observation précédente se rattache le fait suivant : une mince lame d'aluminium qui absorbe et dissémine peu les rayons X absorbe et dissémine énergiquement les rayons secondaires très transformés émis par un miroir d'acier, par exemple (').
Cette émission tertiaire se constate pbotogr.^plliquement en quelques minutes de pose, par exemple, à Taide du dispositif représenté par la /^g. i i .
La fente de l'écran de plomb (-) EE laisse passer un pinceau de rayons X, issu de la lame iocus l, qui vient impressionner en Mq-o une platjue pbolograpbique pp' dont la couche sensible, soit nue, soit recouverte de papier noir, est tournée vers EE et séparée de EE par quelques millimètres seulement. Les rayons secondaires S issus d'un miroir plan M (d'acier, de platine, de plomb ou de toute autre lame plane foi mée d'un métal lourd ou renfermant un métal lourd) que frappent les rayons X de la lame focus /, traversent la fente de l'écran EE et viennent impressionner la plaque pp' sur la zone uz^ limitée à la
(') Je ne donne pas cette propriété comme un caractère spécifique de l'aluminium parfaitement pur (voir Chap. III, § 1). Mais il n'en différencie pas moins les rayons secondaires très absorbables et les rayons X dont ils sont la transformation.
(-) Les lèvres de la fente sont recouvertes d'ébonite, ce qui atténue beaucoup l'émission tertiaire par les lèvres de plomb.
G. SAGJVAC.
droite z qui est dans le plan du miroir iM. Ujie lame d'aluminium ab de y^ de millimètre inlercepie à peu près complètement les rayons secondaires S qui tiaversent la
Fie. II.
moitié anléiieure de la fente de l'écran EE; mais elle les transforme en rayons tertiaires T, qui impressionnent la plaque pp' sur une zone z/z' située à i"^'" ou 2""" seulement du bord h de l'aluminium (^)et limitée vers le bas à une droite z dans le plan de ah. Après développement, le même cliclié montre simultanément : i" l'impression //q ^0 due aux rayons X-, 2" l'impression uz due aux rayons S du miroir M; 3° l'impression ii! z due aux rayons T émis par l'aluminium ah. L'expérience est léalisée de manière que le pinceau de rayons X directs n'agisse pas en u^^Zq notablement plus que les rayons S en //r, ni que les rayons T en u! z . Cependant l'ombie de la lame d'aluminium ah donnée j^ar les rayons X se détacbe très mal sur la zone //o^o, tandis que l'ombre donnée par les
(') Celle rédiirlion de la dislance a l'inlérèl de diminuer l'impcirlance de l'absorj)lion par l'air des rayons Icrliaires issus de ab cl leur afTaiblisscmcnl en vcrlu de rinilucnce géomclrique de la dislancc.
OPTIQUE DES 1\AY0J\S DE RO^TGEN. Sy
layons S est exlrèmement accusée; autrement dit, Timpression produite en uz par les rayons S qui ont traversé Ja lame ah est très faible à côté de l'impression due aux rayons S, qui ont traversé librement la moi lié postérieure de la fente; les rayons secondaires sont beaucoup moins pénétrants que les rayons X. Enfin l'impression tertiaire ï/^' s'arrête nettement en z' dans le plan de ab^ et les rayons T ne traversent pas sensiblement la lame ab même lorsque, dans la même expérience suffisamment prolongée, cette lame d'aluminium est encore traversée nettement par les rayons S ; et cependant 1 impression tertiaire en u' z est aussi intense que l'impression secondaire en uz. On voit ainsi que le pouvoir de pénétration des rayons va en diminuant par det;rés quarjd on passe des rayons X aux rayons secondaires S, puis aux rayons tertiaires T, qui dérivent successivement les uns des autres.
Si le miroir M est supprimé et que le même tube focus, convenablement déplacé, envoie directement ses rayons X sur la lame d'aluminium ah^ les rayons secondaires issus de la lame ab d'aluminium impressionnent à peine la plaque sensible pp' ^ à moins que le temps de pose ne soit beaucoup plus long que dans l'expérience de production des rayons tertiaires. C'est dire que la lame d'aluminiun dissémine des rayons peu actifs quand elle est frappée par un faisceau de rayons X, tandis qu'elle dissémine des rayons relativement très actifs quand elle est frappée par une petite partie seulement des rayons S provenant de lu transformation du même faisceau de rayons X. Celte expérience de comparaison de la dissémination des rayons X et des rayons secondaires montre l'imporiance de la nature des rayons incidents : une même substance envoie, en général, des rayons d'autant plus absorbables et, toutes choses égales d'ailleurs, plus actifs, que le faisceau des rayons incidents est lui-même plus absorbable. Cette remarque se trouve vraie, que l'on passe d'un faisceau de
G. ijAGJSAC
rayons X soil à iiii faisceau de rayons se(ondaiies dérivant de la ti ansfoimaliorï du précédent par un métal lourd, soil à un faisceau de rayons X plus absorbable que le premier, comme cela arrive, eu général, quand, en augmentant la pression de l'atmosplière raréfiée d'un tube dur (*) fonctionnant seulement pour une assez grande difléience de potentiel établie entre ses pôles, équivalent par exemple à 20^™ d'étincelle, on passe à un tube mou (') fonctionnant pour une différence de potentiel beaucoup plus faible, équivalent par exemple à 1*^'" d'étincelle. A ce point de vue les rayons secondaires très absorbables émis par les corps lourds rappellent les rayons X assez peu pénétrants des tubes tiious.
Des résultats du même genre sont fournis sous une autre forme par le dispositif des /i^'. 12 et i3..Un pinceau If de rayons X, déflni par la lame focus / et par la feule /de l'écran de plomb EE, traverse le couvercle d'une boîte de
Fig. 12,
carton ou de papier noir, puis, à l'intérieur de cette boite, une plaque pbolograpliicjue (ou une pellicule)/;^ sous une incidence de 4-^"\ P^'' (exemple; ces rayons X impiessiounent en a la couclie sensible tournée en dessous et nue de ce côté, puis vont frapper en t des miroirs métalliques de cuivre, zinc, acier, . . ., M (//^^ 12) siiués à (juelqucîs mil-
(') Les dénominations de Lubc dur {hart) tl Inhc mou {weich) sont ducs à Hontgen [troisième Mémoire ( Wicd. Annalen d. l'/iysik, t. LMV, p. 27; ,8()8)J.
OPTIQUE DES IIAYOWS DE ROJNTGEJN. Sq
li mètres au-dessous de la couche sensible. Chaque miroir rayonne autour de la zone étroite t, suivant laquelle il est frappé par les rayons X, Au-dessus des miroirs^ la couche sensible est impiessionnée suivant de petites lâches h allongées parallèlement à la fente f perpendiculaire au plan de \3.Jig. lo.^ parallèles en Z>, ^' au plan de ]a.Jig. i3, d'autant plus étroites que le temps de pose est plus couit( ' ). Ces zones b, h' sont centrées sur- la nornjale ih au miroir, et non pas sur la ligne, projetée en a', que définirait la direction de réflexion régulière; cela montre, encore une fois, que V émission secondaire n'est pas une réflexion régulière j ici, elle est simplement privilégiée suivant le chemin le plus court, ei il 7ie faut pas confondre la zone impressionnée h avec la trace d^ un faisceau réfléchi (-). On obtient aussi une zone impressionnée h d'aspect analogue et de même position en remplaçant le miroir de métal lourd M par une lame de spath fluor qui envoie dans tous les sens les rayons ultra-violets étudiés par Winkelmann et Slrauhel ; seulement, dans le même teinps de pose, l'action photographique des rayons lumineux invisibles du spath fluor est beaucoup plus grande que celle des layons S de l'acier, par exemple (^).
(') La zone b {fig. 12) est entièrement distincte de la zone a impressionnée directement par les rayons X; le temps de pose est suffisamment réduit pour cela, une minute par exemple. La paroi de verre v du tube focus émet aussi des rayons X; mais ces rayons impressionnent pp à droite de a seulement et ne peuvent ainsi empiéter sur b ; leur action en chaque point est, d'ailleurs, plus faible que celle des rayons X et généralement comparable à celle des rayons S en b.
(2) De même, si toute la surface du miroir M est frappée par les rayons X, on obtient sur la plaque sensible une impression limitée à un contour plus ou moins net, qui est et demeure sensiblement la projection des bords du miroir M sur la plaque sensible, quelle que soit l'incidence des rayons X. Il ne faut pas confondre ces sortes d'images à bords diffus avec des images réfléchies.
(^) Ce serait justement l'inverse si l'on comparait les actions électriques. Ce qui achève de distinguer dans les expériences actuelles entre les rayons ultra-violets du spath fluor et les rayons secondaires, c'est
6o G. SAGKAC.
Eu même temps, les miroirs M et M' envoient des rajons S sur la lame d'aluminium / {J^g* i^) disposée de
Fig. i3.
manière à affleurer 1res près, à i"''" par exemple, de la touelie sensible pp\ ils y produisent des rayons tertiaires ijui viennent impressionner la couche sensible pp suivant wnç. zone étroite c située au-dessus de la tranche de la lame /. Si le temps de pose n'est pas beaucoup exagéré, la zone c impressionnée par les rayons tertiaires de /est entièrement distincte des zones Z>, y impressionnées par les rayons secondaires des miroirs M, M'. La zone c disparaît si l'expérience est faite après suppression des miroirs M, M', même si l'on place la lame / presque perpendiculairement aux rayons X, à moins toutefois que l'on n'exagère beaucoup le temps dépose. L'intensité de l'impression sur celle zone c atteint et même dépasse celle qui est produite en h ou y par les rayons secondaires, à condition que le bord supérieur de / soit suffisamment rapproché de la couche sensible de pp. Enfin cette zone étroite c court audessus de / perpendiculairement aux longueurs des zones Z>, //, bien en dehors mèine de l'intervalle des zones d'action directe Z>, Z>' des rayons secondaiies. C'est diie que la laine d^ alaminiiun employée décelé par son émission tertiaire, dans l'espace compris entre les sources secon-
quc les premiers se réfractent, traversent bien le spath fluor épais et sont arrêtés complètement par la plus mince feuille de papier noir ou d'aluminium battu. J'^nfin le spath fluor émet, lorsqu'il est réduit en poudre ou dépoli, que des rayons ultra-violets beaucoup plus intenses lorsqu'il est en lames à faces optiquement polies; au contraire, je n'ai pas observé de diflérence sensible entre le rayonnement secondaire d'un miroir d'acier M très rugueux et celui d'un miroir identique optiquement poli placé en i\l' {fig. i3) à côte du premier.
OPTIQUE DES RAYONS DE RUNTGEN. 6l
claires M et IVr, et même de part et d'autre de cet espace, la présence des rayons secondaires qui, dans les conditions de l'expérience, passaiejit inaperçus dans cette région,
6. Comparaison des différents récepteurs. — Les couches sensibles pliolograpliiques et les électroscopes donnent le plus souvent des résultais comparables dans l'étude des rayons X et de leurs transformations ( ' ). Ainsi les laYons secondaires des corps qui transforment beaucoup les layons X (corps renfernjani des méiaux lourds, comme le plomb, le platine, l'étain, le nickel, le fer, le cuivre, etc.) sont beaucoup plus actifs sur une couche sensible ou un électroscope que ne le sont les rayons secondaires de l'aluminium, de l'ébonite, de la paraffine. Celte diflérence s'observe encore, mais bien moins grande, lorsque les rayons secondaires sont étudiés au moyen de la luminescence du platinocyanure de baryum. Soit une lame de fer, de zinc, dont le rayonnement secondaire excite la luminescence d'un écran au platinocyanut e de baryum. Sur une moitié de l'écran luminescent respectée par les rayons secondaires précédents tombent les rayons secondaires émis dans les mêmes conditions géométriques par une lame d'aluminium, sous rinfluence des rayons X émis par un second tube à vide sensiblement identique au premier. 11 faut que ce second tube soit un peu moins éloigné de l'aluminium que le premier tube n'est éloigné de la lame de zinc, si l'on veut établir l'égalité d'éclat des deux plages luminescentes conliguës de l'écran au platinocyanure, (jui fonctionne ainsi comme une sorie de photomètre. Si, sans déplacer les sources de rayons X, on remplace l'écran luminescent par une plaque photographique,
(') A la condition toutefois que les conditions soient comparables; en particulier, il faut que les rayons secondaires aient traversé la même épaisseur d'air depuis leur source jusqu'à la couche sensible ou jusqu'à l'entrée de i'électroscope, puis que la couche sensible soit recouverte d'une feuille d'aluminium mince, comme celle qui ferme l'entrée de I'électroscope. On verra l'importance de ces précautions d'après les résultats indiqués au Chap. II, § 4, 5 et (i.
les deux moiliés de la placjue se monlrent très inégalement impressionnées et les rayons secondaires du fer, du zinc se monlrent plus aclifs que ceux de Talaminium. Une ditFérence de même sens et aussi très nette s'observe si, dans les mêmes conditions, on remplace Técran fluorescent par un électroscope dont la fenêtre d'entrée électriquement fermée par une feuille d'aluminium battu ou par une toile métallique reçoit successivement les rayons secondaires du fer et de l'aluminium. Ici la différence entre les rayons secondaires du zinc ou du fer et ceux de l'aluminium rappelle celle qui sépare, dans les mêmes conditions, les rayons X relaiivemcnl absorbables d'un tube mou on le vide est peu poussé et les rayons relativement plus pénétrants d'un tube dm' où la raréfaction de l'atmosphère gazeuse résiduelle est plus avancée. L'expérience de comparaison décrite esi, en etfet, analogue à une expérience dans la(juelle Ronigen a comparé les actions d'un tube mou et d'un tube dur sur une plaque photographique, puis sur un écran au platinocyanure de baryum (^). Des différences analoij;ues s'observent entre les rayons secondaires divers produits par des corps différents sous l'influence du même faisceau de rayons X, par exemple entre les rayons secondaires émis par le platine à i™'" dans l'air et les rayons secondaires émis par le cuivre, (jui sont beaucoup plus pénétrants. La suite de ce travail contiibueia à rendre compte des différences qui séparent les récepteurs radioscopiqnes des récepteurs radiographiques et éleclroscopiques actuellement employés (2).
La méthode radiographique et la méthode électrique ont ainsi l'avantage de permettre plus facilement la distinction entre les rayons secondaires inégalement pénétrants émis par des corps différents, dans les mêmes con-
(') HoNTGEN, Troisième ÎMcmoire, Wied. Ann. d. Pkysik, l. lAlV, |). o/|; 1H98.
(-■) Voir flhap. II, § 2 ol :> ; Cliap. IV. (in fin ï^ 'i.
OPTIQUE DES RAYONS DE UONTGEPs' . 63
ditioiis. Elles montrent aussi bien mieux la diminution de pouvoir de pénétraiion qui permet de reconnaître la transformation , je veux dire la diminution d'activité des rayons secondaires qui se produit si une lame A, placée d'abord sur le trajet des rayons X générateurs, est ensuite transportée sur le trajet des rayons secondaires. Aussi, dans l'étude qui va suivre, ai-je presque complèten)ent laissé de côté la méthode radioscopique. La méthode radiographique est souvent précieuse pour les comparaisons simultanées et surtout lorsqu'il s'agit de constater un phénomène de propagation. Elle a l'inconvénient d'enregistrer en même temps que les rayons secondaires les rayons lumineux visibles ou ultra-violets qui accompagnent accidentellement les rayons secondaires, lorsque le corps frappé par les rayons X est radioluniinescent.^ à moins que la couche sensible ne soit recouverte d'une feuille d'aluminium ou de papier noir; mais celte feuille arrête beaucoup les rayons secondaires très peu pénétrants émis par les métaux lourds. Dans le cas où le corps employé est un métal, pur de toute oxydation superficielle, il n'y a pas de raison pour admettre une radioluminescence accidentelle, et il faut penser que l'impression de la couche sensible nue est alors uniquement due à des rayons secondaires; l'inconvénient signalé ne semble plus exister. L'emploi d'un métal pur de toute oxydation superficielle présente le même avantage lorsqu'on étudie les rayons secondaires électriquement; mais il n'est plus alors aussi nécessaire: l'action électrique des rayons lumineux émis accidentellement est, en effet, très souvent négligeable par rapport à celle des rayons secondaires; par exemple, si l'on saupoudre de sulfure de zinc, de plalinocyanure, etc., une lame nïéiallique électrisée et qu'on y fasse tomber des rayons X, l'influence de la nature de la surface dans la décharge de cette lame, telle qu'elle sera définie plus loin ( ' ), est due
(') Voir Cliap. III, § 4.
64 G- SAGKAC.
iiiiîquemenl aux rayons secondaires, car elle s'affaiblit rapidement si l'on recouvre la surface de la lame niélallique d'une lame transpatenle aux rayons lumineux émis par la poudie luminescente, et tend sensiblement vers zéro quand l'épaisseur de la lame transparente augmente, bien tjue les rayons de radioluminescence ne soient pas interceptés. Dans les mêmes conditions, au contraire, l'impression radiographique due aux rayons X et secondaires serait troublée par celle des rayons de radioluminescence, le plus souvent augmentée, parfois diminuée cependant (^). D'autre part, la méthode électrique permet d'observei* immédiatement avec piécision des effets que la méthode radiographique enregistre seulement après un tenjps de pose quelquefois assez long 5 la rapidité avec laquelle se font les observations électriques, une demi-minute, par exemple, permet d'effectuer une séi ie de mesures sans que la nature de l'intensité des rayons X soit modifiée, et Ton s'assure facilement qu'il en est ainsi en croisant régulièrement ces observations de courte durée.