RECHERCHES S€R LA. SÉPARATIOIN DES TERRES RARES
Fractionnement des éthylstjlfates. Détail des expériences. 1° Yttria provenant de l'œschynite.
J'ai indiqué précédemment que les terres yltriques provenant de l'œschynite avaient été partagées en trois portions.
1° Oxydes faiblement basiques;
2° Oxydes fortement basiques aisément précipitables par le snlfaie potassique;
3° Oxydes fortement basiques moins aisément précipitables par le sulfate potassique.
Les oxydes de la première catégorie ont été transformés en éthylsulfates et c'est en les fractionnant que je m'aperçus combien ces sels prêtaient au fractionnement. Dans cette méthode, les têtes de fractionnement séparées de la majorité des terbines par le sulfate potassique avaient un poids atomique plus faible que les eaux-mères. Nous venons, dans la suite de ce travail, que si la proportion de terbines est un peu considérable et la proportion d'erbine et d'ytterbine faible, c'est le contraire que Ton observe et qu'enfin, dans certains cas, les poids atomiques d'abord croissants vont ensuite en diminuant et passent par un minimum très voisin du poids atomique de l'yttrium.
Les oxydes de la deuxième catégorie ont été fractionnés par le sulfate potassique.
Enfin les oxydes de la troisième catégorie ont été transformés en éthylsulfates.
L'absorption des diflérentes fractions de ces derniers sels a présenté les mêmes phases de variations que dans les fractionnements antérieurs déjà décrits. Toutefois, les premières fractions riches en terbines donnaient un spectre d'holmium presque pur, mais où l'on pouvait encore distinguer sous une forte épaisseur quelques-unes des bandes U. 6
G. tlTlBAlIN.
les plus intenses de l'eibium quoique très faiblement. Ce fractionnement dura plusieurs mois, et, après une soixantaine de séries de cristallisation, les différentes fractions donnèrent à l'analyse les résultais suivants :
Sulfate Poids
Fractions. anhydre. Oxyde. atomique.
Il 1,0078 0,5596 i'ï5,9
V 1,0195 o,53ii 106,5
VI 1,6945 0,8724 io3,3
IX i,i63o 0,5887 99,0
Les oxydes demeurent colorés en orangé, depuis la fraction I qui est très foncée jusqu'à la fraction VII qui présente une imperceptible teinte crème; les deux dernières fractions sont légèrement roses. Le rendement en terres rigoureusement exemptes de terbines fut d'environ |.
Ainsi ces matières étaient surtout riclies en terbines bien qu'elles eussent échappé à une première précipitation par le sulfate potassique.
2" Yttria provenant des sables monazités.
L'yttria provenant du traitement des sables monazités {voir p. 24) contenait une forte proportion de didyme. Pour l'éliminer, la dissolution concentrée des nitrates fut traitée par une dissolution saturée à chaud de sulfate de potasse. Le volume total de la liqueur était relativement très faible par rapport à la c|uanlité des terres qu'elle renfermait, de sorte que, lorsqu'on ajouta à la dissolution un excès de sulfate de potasse finement pulvérisé, la majeure partie des terres précipita à l'état de sulfates doubles.
Les terres qui restèrent en dissolution furent préci-
RECHERCHES SLU LA SÉPARATIOJN DES TEKRES UAUKS. 8?)
pilées par la soude, el les hydrates, soigneusement lavés, furent dissous dans l'acide chloiliydrique sans excès. La dissolution des ililornrcs, traitée par l'hyposullîte de soude, donna un précipité sur lequel j'elï'ecluai les fractionnements à l'état d'acéljlacélonates décrits page 54-
I^a portion des terres c]ui n'avaient pas précipité par ri)jposullile fut transformée en oxydes.
Le précipité de sulfate double fut transformé en hydrates. Les hydrates furent dissous dans l'acide formique. Les formiates furent soumis à la concentration. Dans ces conditions la majorité du didyme précipita, entraînant avec lui une forte proportion de terres yttriques.
Les eaux mères sirupeuses d( s formiates furent étendues d'eau et additionnées d'acide oxalique. Les oxalates furent transformés en oxydes par calcination, et ces oxydes furent réunis à ceux qui avaient échappé à la précipitation par l'hyposulfite de soude.
Ces oxydes, transformés d'abord en sulfates, puis en élhylsulfales par double décomposition avec l'éthylsulfate de baryum, furent fractionnés. J'ai déjà dit quelques mots de ces fractionnements. Dans ce paragraphe j'achèverai la description de ces traitements.
Je rappelle rju'aux débuts de ces fractionnements j'observai que les lêtes de cristallisation, séparées du didyme. et de la plus giande quantité des terbines par le sulfate potassique, donnèrent une limite de fractionnement égale à 97, et que ces produits transformés de nouveau en éthylsulfates donnèrent, par le fractionnement, une échelle de corps dont les poids atomiques variaient entre iSa et 89.
Les dernières eaux-mères qui ne donnaient que le s])eetre de l'erbiuin pur ont été fractionnées par l'ammoniaque