‹ Thèses présentées a la Faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade de Docteur ès-sciences naturelles (volume 5)Chapitre 3 sur 76 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude anatomique d'un organe, d'un appareil, faite à un point de vue absolu, ne peut jamais être qu'incomplète et insuffisante: il lui manque un esprit, un sens que lui aurait certainement donnés un examen comparatif dans la série des êtres. Sans ces rayons lumineux que les diverses modifications d'un même organe s'envoient réciproquement, bien des dispositions anatomiques restent obscures et incomprises, la vraie signification et l'importance relative de la plupart des parties sont faussement appréciées, et les descriptions demeurent entachées de lacunes et d'erreurs. Celui qui, appliqué à l'étude d'un organe, a tenu dans sa main laborieuse les éléments suffisants d'une comparaison éclairée, peut seul dire combien chaque terme lui a apporté de lumière et de solutions, combien des points qui fussent restés obscurs on cachés ont été illuminés et comme révélés par un regard promené attentivement sur les divers degrés de cet admirable ensemble .

Les réflexions qui précèdent ne sont point nouvelles ; et si j'ai jugé convenable de les placer en tète de ce travail, c'est que je trouverai souvent l'occasion d'en faire l'application. J'espère, en effet, que l'étude comparée que je publie aujourd'hui me permettra de compléter la description du Cœur dans la plupart des termes de la série des Vertébrés, de préciser des détails restés jusqu'A présent inaperçus, et de rendre à certaines dispositions en apparence insignifiantes leur véritable importance.

VllI INTRODUCTION.

C'est grâce à cel esprit constant, d'analogie et de comparaison que j'ai pu tenter la solution de certains problèmes auxquels avaient été données des solution; considérées ajuste titre comme insuftisantes. Ces problèmes sont nomb.v.ux, et ils trouveront leur développement dans la suite de ce travail. Il me suffit d'en éuumérer quelques-uns pour donner une idée de l'intérêt qui s'y attacbe. Les Poissons ont-ils deux ventricules plus ou moins séparés? Quelles sont d.ins le cœur des Reptiles ordinaires les parties qui correspondent au ventricule droit et au ventricule gauche? Ci»minent s'établit la cloison interventriculaire des Vertébrés supérieurs? Comment se fait-il que le ventricule droit soit mis en relation avec roreillette droite, et le ventricule gauche avec l'aorte ? Pourquoi, chez les Crocodiliens. l'aorte gauche naît-elle du ventricule droit, tandis que cette même aorte est, chez les .Mammifères, en relation avec le ventricule gauche? Que devient l'aorte gauche des Oiseaux? Que devient l'aorte droite des Mammifères ? etc .

Énumérer ces questions, c'est déjà indiquer tout l'intérêt, mais au.ssi toutes les difficultés qui s'attachent à leur solution. Il est facile en effet de se laisser entraîner à faire des rapprochements artificiels et à solliciter doucement la nature, pour la mettre en harmonie avec cet édifice théorique que l'esprit est toujours enclin i\ élever, alors même qu'il n'en a |)as encore réuni les matériaux indispensables. J'ai fait tous mes efforts pour me tenu* en garde contre cette ten^lance, qui flatte si bien notre amour de la rapidité et notre désir immodéré de conclure.

Je ne présente pas ce travail comme ime étude complète et à laquelle il ne soit point facile d'ajouter. Sans parler de la manière plus ou moins imparfaite dont j'ai utilisé les matériaux que j'ai eus entre les mains, je n'étonnerai personne en signalant les difficultés qu'il y a à se procurer dans nos villes de province, les animaux nécessaires à une étude comparative de quelque étendue. Je dois dire pourtant que bien des difficultés m'ont été aplanies par des amis de la science auxquels je m'empresse d'exprimer ma profonde reconnaissance. Je ne dois point oublier l'obligeance tout exceptionnelle avec laquelle M. Alex. Westphal-Casteinau a

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