‹ Thèses présentées a la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences physiquesChapitre 25 sur 31 · GO CO · texte numérisé non relu

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86 p. CURIE.

Les expériences donnent les valeurs de l'inlensité d'aimantalion lorsque le champ niagnélisant varie allernaliyenient d'une matière conlinue de — i35o à H-i35o. Les x^lfets de riiystérésis se font très peu sentir lorsque l'on opère avec des champs aussi intenses.

Pour ne pas compliquer la figure, on a représenté seulement les branches correspondant à la période croissante de H. Les branches ascendantes sont probablement presque identi(|ues avec ce qu'auraient donné les courbes de première aimantation dans les limites de champs utilisés. La branche correspondant à la période décroisssanle ss confond presque, du reste, avec la branche de la période croissante; il n'y a de dillérence sensible que pour les champs inférieurs à loo et lorsque la tenipéiature est peu élevée.

L'observalion des courbes suggère quelques remarques :

Lorsque le champ croît de o à i3oo, les courbes relatives à deux températures différentes s'écartent d'abord peu l'une de l'autre, sans toutefois se confondre, pendant toute une portion de leur tracé 5 puis ces courbes se séparent franchement. C'est ainsi que la courbe relative à 276° se sépaie à peine de la courbe de 20° tant que le champ est inférieur à 3oo unités. De même, la courbe de 477" s'écarte peu des courbes de '20° et de 2j5° tant que le champ est inférieur à 100 unités, etc. On peut imaginer une courbe limite qui seialt celle veis laquelle tendent les autres courbes lorsque la tempéiature absolue tend vers zéro. La courbe d'une température quelconque s écarterait peu de cette courbe limite sur une portion de son tracé d'autant plus longue que la température serait plus basse. On peut admettre que la courbe à 20'^ donne, à peu de chose près, pour les champs inférieurs à 4^0 unités, la première partie du tracé de cette courbe limite.

Pour faciliter les explications, nous dislirrguei ons, dans

une des courbes, trois parties : une portion initiale dont nous venons déparier, une dernière portion pour laquelle l'intensité d'aimantation est presque constante, quel que soit le champ (*)^ enfin une portion qui sert à raccoider les deux autres. Pour la courbe de 60 1", par exemple, la portion initiale est relative aux cliamps inférieurs à 40 unités, la portion intermédiaire suit jusqu'à un champ voisin de 4oo unités ; de 4oo à i3oo, l'intensité d'aimantation est presque constante. A 740*^5 et pour des températures supérieures à celle-là, la dernière portion a disparu.

A partir de 756'' et jusqu'à i375", les courbes ne sont plus que des droites passant par Torigine. Cela signifie que, pour les températures supérieures à 706°, le fev a un coefficient d'aimantation constant (pour des champs magnétisants compris entre 20 et i3oo unités).

Le fer passe donc progressivement de l'état de corps ferro-magnéti(|ue à l'état de corps faiblement magnétique à coefficient d'aimantation constant.

ha/lg. 10 et le Tableau VII se rapportent à des expé-

Fig. 10.

riences faites avec l'échantillon C, dans le but de préciser, autant que possible, la forme de la courbe I i=y^(H) aux températures voisines de son changement d'allure.

A 787°, 3 (expériences non représentées sur la figure),

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CURIE

I augmente progressivement de 22 à 24 pour des champs variant de 7 à 90 unités. Les courbes doivent passer par l'origine el y avoir un point d'inflexion^ on voit alors nettement, d'après les expériences faites à nS^", 3 et à ^40° 5 6t 744"î ^^^ 'on doit avoir une augmentation très rapide de I pour les champs faibles, suivie d'un changement de direction absolument brusque. La quantité

JTT' / passer nécessairement par un maximum

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pour un champ plus faible que ceux qui ont été utilisés dans les mesures. A 775^^,4 et à 820", le coefficient d'aimantation est constant.

On peut chercher à se faire une idée du mécanisme de la transformation des courbes quand la température s'élève. Nous proposons l'interprétation suivante : Nous avons distingué trois portions dans les courbes relatives à l'état ferro-magnéiique. Dans la première portion on a, pour les champs faibles, un coefiîcient d'aimantation énorme (en faisant abstraction des phénomènes d'hystérésis). Ce coefficient est du même ordre de grandeur, quelle que soi t la température, et semble plutôt augmenter quand la température s'élève. La longueur de cette première portion est de plus en plus courte lorsque la température est de plus en plus élevée, si bien que, vers 75o°, cette première portion disparaît. D'autre part, lorsque la température s'élève, la troisième portion à intensité d aimantation constante des courbes ne se présente plus pour les limites des champs employés. Toute la courbe est alors constituée par une partie de la deuxième portion intermédiaire, et cette partie ne présente bientôt plus de courbure sensible dans les limites des champs employés. Ainsi, on est amené à la conception suivante : aux températures élevées, le fer com nence par s'aimanter avec un coefficient initial énorme^ mais il se fait, presque dès le début, un brusque changement dans la direction de la courbe

IMIOPIUIÎTÉS MAGNÉTIQUES DKS COUPS. 89

1=/(H), le cliamp et l'inleusilé d'aimantation étant encore extrêmement faibles 5 la couibe se présente ensuiie comme une droite beaucoup moins inclinée et qui semble passer par l'origine.

Les expériences de M. Hopkinson semblent particulièrement propres à éclaircir ce qui se passe pour les champs faibles dans le voisinage de la température de transformation^ d'autant plus qu'il a étudié de très près la question. Mais les phénomènes d'hystérésis magnétiques viennent compliquer singulièrement les résultats. Si Ton essaye de faire abstraction de ces phénomènes d'hystérésis et de reconstituer ce que serait la couibe I =/^(H) s'ils n'existaient pas, on arrive de même, d'après ces expériences de M. Hopkinson, aux conclusions que nous venons de formulei'.

M. Ewing (') a montré qu'en plus de la courbe de première aimantation et de la courbe d'hystérésis, on pouvait constituer une troisième courbe que l'on pourrait, je pense, appeler courbe d' aimantation stable.

On obtient l'intensité d'aimantation correspondant à cette couF'be en donnant des trépidations mécaniques à un fil de fer tout en le plaçant dans un champ magnétique (ou bien encore en lui donnant des trépidations électriques, d'après MM. Geiosa et Finzi , en le faisant parcourir par un courant alternatif). La courbe d'aimantation stable passe par l'origine ; c'est, en quelque sorte, la courbe médiane entre les deux branches de la courbe d'hystérésis. Pour le fer doux, on obtient la mêfne courbe à l'aide des champs magnétisants pendant que ceux-ci sont dans leur période croissante ou lorsqu'ils sont dans leur période décroissante. C'est de cette aimantation stable que je veux parler, lorsque je dis plus haut d'essayer de

(') Magnetic induction of iron. t. CCCXX, p. 317.

^O p. CURIE.

reconstituer l 'intensiié (l'ainiaiitalioii eu faisant abslrac" lion des phénomènes d'hjsiérésis.

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On a représenté (f^^- 11, partie gauche), à un autie

l'IlOl'RlÉTÉS MAGJNÉTIQUKS DKS COUPS. 9I

point de vue, les résultats du Tableau XII, en portant les températures B en abscisses elles intensités d'aimantation I en ordonnées pour des cliamps de aS, 5o, ^5, loo, i5o, 3oo, 700, 1000 et i3oo unités. De 720° à 760'', les courbes sont tellement resserrées que Ton a seulement représenté alors celles relatives aux cbamps de 25, 3oo, 1000 et i3oo unités.

Pour des eliamps compris entre 3oo et i3oo unités, l'intensité d'aimantation augmente constamment, quand la température s'abaisse de 760° à 20".

Maison voit déjà, sur la courbe relative à un eliamp de 3oo unités, que l'intensité d'aimantation tend à devenir constante lorsque la température devient suffisamment basse. Le môme fait se dégage de l'examen des courbes obtenues avec les champs moins intenses de i5o, 100, 75, 5o unités. (Il semble y avoir des fluctuations dans les courbes avec tendance vers une valeur moyenne, mais ceci n'a pu être établi avec certitude.) Pour un champ de 25 unités et pour les champs plus faibles, l'intensité d'aimantation passe par un maximum à une température peu inférieure à celle de la tem[)éraiure de transformation , puis décroît cofistammeni en même temps que la tempéra luie. Ce dernier efïet était très important dans les recherches de M. Hopkinson, qui a utilisé des champs peu intenses. 11 est dû, je pense, en grande partie, à une action indirecte provenant de ce que les phénomènesd'liystérésis magnétiques augmentent beaucoup quand la température s'abaisse.

Les couibes relatives aux champs de 1000 et i3oo unités se confondent entre 20" et 73o° ; puis, pour des lempératuies plus élevées, la courbe pour le champ de 1000 unités totnbe plus rapidement que l'autre à des valeuis extrêmement faibles.

La courbe pour H == 750 unités se confond avec la courbe pour H =r= ]3oo sur une portion un pou moins

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longue de son tracé ^ les courbes tendent à se détacher à 20° d'une part et à 720° de l'autre . La courbe pour H = 3oo se rapproche de la courbe pour H = i3oo entre 477*^ et 720*^, et s'en détache fortement aux températures supérieures à 720° ou inférieures à 477"* C)n est conduit à imaginer qu'il existe une courbe limite l'=y(9) vers laquelle tendraient les courbes I =y( 0) dont nous venons de parler, si l'on utilisait des champs magnétisants d'une intensité considérable. Cette courbe iimil(^ serait probablement peu différente de la courbe relative à un champ de i3oo unités pour des températures comprises entre 20*^ et 730°. Pour des températures supérieures à 75o°, si la courbe limite existait toujours, elle devrait se détacher fortement de la courbe pour H=i3oo,et devrait nécessairement avoir un point d'inflexion entre 780° et 800. Pour une intensité de champ supérieure à 3oo°, une courbe quelconque I =f(^^) se rapprocherait beaucoup delà courbe limite l'^f(^) sur une portion de son tracé d'autant plus long que le champ serait plus fort. Une courbe l=:f(^^) se détacherait de la courbe limite : aux températures basses pour donner une branche presque horizontale -, aux températures élevées pour donner une branche fortement inclinée.

L'examen des courbes montre qu'il n'y a pas une température déterminée pour laquelle le fer se transforme. D'une manière générale, l'intensité d'aimantation baisse d'abord lentement, puis de plus en plus vite quand la températures'élève, et la chute du magnétisme atteint son maximum de vitesse vers 740^ ou 730°; les courbes ont alors un point d'inflexion. L'expression température de transform,atio7i magnétique du fer, qui est d'un usage très commode, a donc une signification un peu vague; il convient, je pense, de désigner ainsi la température moyenne des points d'inflexion des couibes.

ExPOSK DES RÉSULTATS OBTEJNUS AUX TEMPÉRATURKS

PnOPlllÉTÉS MAGJN É'I IQUES DES COUPS. gl^

SUPÉRIEURES A 770^. — Lcs résultats obtenus avec les éclianliilons B, C, D, F, G sont en accord d'une manière générale el se complètent mutuellement. Cependant, pour amener les courbes K =f(^H) à coïncider autant que possible, il faut les déplacer par rapport à l'échelle des températures d'un certain nombre de degrés, ne dépassant pas du reste celui qui représente l'incertitude probable dans l'évaluation des températures. Nous avons ainsi déplacé la courbe de l'échantillon C de (-f- i i'^), celle de l'échantillon D de ( — 3°), celle de réchantillou F de (-+- 5°)^pour ramener ces courbes dans le prolongement de la couibe de réchantillon C; puis nous avons construit une courbe moyenne qui nous a servi à dresser le Tableau XIV qui peut être considéré comme le résumé de nos mesures au-dessus de 760". Ce n'est pas cependant la courbe K :=f(b) qui nous a servi entre 760^ et 900° pour cet usage. K varie tellement vile avec la température dans cette région qu'il faut représenter LI en fonction de la température B si Ton veut avoir une vue d'ensemble des phénomènes.

Tableau XIII.

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