CHAPITRE II
(:oi{[\s i)IAma(;m>tioi i:s.
JNous avons éludié ces coips <mi les plaçant dans des ampoules de verre géfiéralement assez volumineuses ([)!usieuis centimètres cu])es), ])ar< e (pie les quantités à mesurer sont très peiites. Les coeflicienls d'aimantation sont, en effet, l)eaucoup plus faibles en valeurs absolues pour les corps di aniai:;néti(jues que pour les corps faiblement magnétiques. On a opéré avec un four en verre «luiplus large que le four <le porcelaine et Ton n'a pas dépassé la température de 4^^o''.
Pour opérer aux températures plus élevées, il aurait fallu melire le corps dans des amp )ules de platine ou de porcelaine^ mais alors la correction due à Tampoule aurait été beaucoup plus grande (pu? la (juantité à mesurer-.
Nous avons éludié l'eau, le sel gemme, \v. cblorure de potassium, le sulfate de potasse, l'azotate de potasse, le quartz, le soufre, le sélénium, le tellure, le brome, l'iode, le phosphore, l'antimoine et le bismuth, ('e dernier corps a élé l'objet d'une assez longue étude.
Pour tous ces corps, le coeflicient d'aimantaiion s'est montré constant, quel cpie soit le champ pour des champs variant de 5o à i35o unités.
Errtin, aucun d'eux n'a donné lieu à des phénomènes
p. CUHIE.
(le magnétisnie rémanent ; sauf, pour un ou deux cas particuliers que nous signalerons, nous avons obtenu une droite pour I =:y(H). Les points donnés j)ar expériences présentaient par rapport à (;etle droite des écarts jrréguliers dépassant rarenieni i pour loo. Nous ne parlerons pas de ces vérifications dans ce (jui suit, mais nous dirons une fois pour toutes qu'elles ont été faites pour chaque cor|)S à chaque température.
Nous ne parlerons pas non plus généralement de la correction due à l'oxygène de l'air, qui a toujours été faite.
On construit les ampoules en prenant un tube bouché de i'^'" à 2^'" de diamètre, on soude une tige ah {fig. 4) de verre sur le
fond bouché : ce sera la tige de l'ampoule destinée à la soutenir dans le four. A 2^"* ou S*"" du fond, on étrangle le tube bouché en c sans le fermer complètement et l'on introduit la substance sur laquelle on veut opérer.
PKOPRIIÎTÉS MrVGWÉ'i IQLES DES CORPS. 3l
Si l'on veut opérer à J'air, on coupe le tube en c; il faudra alors connaître la densité de la substance pour faire la correction due à la présence de l'air. Si l'on veut opérer dans une ampoule fermée, on commence par rétrécir beaucoup le tube en c, puis on fait le vide et l'on ferme en c l'ampoule vide d'air. Après avoir fait les mesures avec la substance, on fait une nouvelle série avec l'ampoule ouverte remplie d'air. On voit que, pour évaluer l'influence de l'air, il faut, dans le cas où l'on a fait d'abord le vide, connaître le volume intérieur de l'ampoule. Ce volume s'évalue soit directement en remplissant d'eau l'ampoule et en prenant le poids, soit indirectement en mesurant le volume extérieur de l'ampoule fermée et en retranchant le volume du verre. On fait le vide dans l'ampoule, quand on la ferme, parce que l'on ne peut savoir sans cela combien on a laissé d'air dedans au moment de la fermeture; car, à ce moment, on échauffe l'ampoule et la correction devient incertaine.
Eau. — L'eau, plusieurs fois distillée, était renfermée dans des ampoules en verre teiininées par une pointe effilée fermée. Après les mesures, on ouvrait la pointe de Tafiipoule et 1 on faisait évaporer l'eau en plaçant l'ampoule dans une tluve h une température un peu suoéiieureà i i o*^. La vapeur d'eau séehappait lenKanent par la pointe effilée et l'ampoule mettait plusieurs heures à se vider.
Dans ces conditions, toute poussière ou impureté contenue dans l'eau avait grande chance de rester dans l'ampoule. On reportait ensuite l'ampoule dans l'appareil pour déterminer la correction due à sa présence dans le champ. Les résultats étaient aussi corrigés de l'action de l'air, correction qui atteignait 4 pour loo environ delà grandeur mesurée, lorsque l'on opérait à la température ambiante.
Cinq déterminations faites à la température ambiante et avec des ampoules différentes ont donné pour ( — R lo^) respectivement 0,790, 0,798, 0,786, 0,796, 0,770, dont la moyenne est 0,788.
Nous adopterons ( — K 10^) = 0,79 pour l'eau, et cette
32 p. CUIUE.
valeur penl èlie considérée comme le point de dépari de loules les autres déterininalious.
M. Quincke a trouvé pour l'eau ( — K lo") := o,8i5 (calculé })ar Du Bois).
M. Uu Bois ( ' ) a trouvé — R lo^ :r= o,8."^- par la mélliode de Quincke.
Pour déterminer Telïet d'une variation de lempéi aluic, nous avons fait une picniière série d'expérieiu es en plaçant l'eau dans une ani])ouIc de verre mince.
t. — K lo^
AvaviL la clianlTe ">.o ^i']"^
Âpiès la chaulFe -lo 0,788
Une deuxième sciie a élé faite à une tempéialure plus élevée dans une am})oule épaisse pouvant snppoi 1er de fortes pressions. Mallieuieusenicnt, la coriection due à Tampoule devient alors assez considérable.
Avant la cbaulTe 21,0 0,758
» Il 5,0 0,7^9
Après la chauffe 20,7 0,860
On voit (|iie les valeurs obtenues à cbaud sont intermédiaires entre celles obtenues à la température ambiante avant et a[)rès récliaufTement. Il faut en conclure que le coefficient d'aimantation de l'eau ne vaiie pas d'une façon sensible. Les nombres de la première séiie varient peu: cependant, dans les deux séries, on remarque que les valeurs de K vont constamment en augmentant depuis le début de chaque expéiience. Ceci est surtout manifeste
(') Du FJois. Wied. A/m., l. XWV, p. 107; 1888.
dans la deuxiènie scrie. Cet effet est dû, je pense, à l'attaqne progressive du verre. Les iiiesiiies destinées à donner la correction de l'ampoule à diverses températures ont été faites après évaporation de l'eau dans l'éluve; la collection ne doit donc convenir que pour les dernières expériences de chacjue série; l'ampoule était dans uti autre état au début. La comparaison la pi us digne de confiance est celle du dernier nonibie à chaud avec la valeur à froid après refroidissement. Or, dans les deux séries, les nombres ainsi comparés sont très voisins.
Je crois que l'on peut en conclure que la variation du coefficient d'aimantation avec la température est très faible et probablement inférieure à i,5 pour loo entre 20" et 199*'.
Sel gkmme. — On a opéré dans une ampoule ouverte contenant le sel gemme en petits fragments. On a trouvé, à 20", ( — R lo*') =i 0,5^3 ; une série faite en vue de la tempcia'ure a donné :
t. — Ivio^
Avant la ch au (Te i6,5 0,375
Après la cliaufTe 16,1 o,58o -.
Il faut en conclure qu'entre 16", 5 et 455" le coefficient d'aimantation reste invariable. Il semble y avoir une petite indication en faveur d'une augmentation de I pour 100 dans la valeur de K, mais les expériences ne sont pas assez précises pour pouvoir affirmer une vaiiatioîi aussi faible.
Pour la correction due à l'air, on a admis une densité de 2,10 pour le sel.
Chlorure de potassium. — Il devait y avoir queLnus trac'cs de poussière d'oxyde de fer, parce que 1 = ^(1]) donnait à froid une droite ne passant pas tout à fait i)ar G. 3
l'origine. A chaud, an conliaiie, ïr=y(H) donne une droite passant [)ar î'oiiiîine.
t. — Kio».
vt/io ,0 o , 56?.
On doit en conclure que K ne varie pas d'une façon sensible^ pour la correciion due à l'air, on a admis une densité de i ,98.
Azotate de potasse.
t. — Kio«.
Avant la chauiTe 18 o, 329
Après la chaulTe 18 o,335
Le coeffnient d'aimantation lesle variable entre 18" et 420". Cela est fort remarquable, (*ar à 35o" l'azotate fond et, en suivant les déviations quand la tempéiature augmente progressivement, il ne se produit aucun cliangement brusque. La valeur du coefficient d'aimantation est indépendant de l'état pbysicjue. Pour la correciion due à l'air, on a admis une densité de 2,10.
Sulfate de potasse.
t. — Kio«.
Un accident a empêché défaire de nouveau une détermination à froid après chaufïé, ce qui est cependant un contrôle utile. On doit conclure de cette série que le coefficient est sensiblement invariable.
Pour la collection due à l'air, on a admis une densité de 2,60.
IROPIUÉTÉS MAGINÉTIQUES DES COKPS. 35
Quart/ (cristal de Tlsère). — Prisme hexagonal, bien formé, allongé suivant l'axe optique. Le cristal était sontenu au bout d'une lige de verre par une sor te de coupelle en verre.
Pour le cristal entier j)la('é verliealemeni, nornialetncnt au champ magnéticjue, on a tiouvé — K io^= 0,44'^-
l.e cristal entiei' était trop long pour occuper une auire position. Le cristal ayant été convenablement taillé,
on a trouvé :
— Kio«.
Axe optique normal au champ et \ertical. ... 0,439 Axe optique normal au champ et horizontal.. o,444 Axe optique suivant le champ 0,4^7
Les différences sont de Tordre de grandeur des erreurs de réglage^ nous admettons que le coefficient d'aimantation est sensiblement le même dans (outes les directions et que ( — K 10^) = o,44i-
Effet des variations de température. Axe opti(|ue vertical, normal au champ :
t. — l<:io«.
Ell'et des vaiialions de température. Axe optique suivant le champ :
t. — Ivio«.
11 semble y avoir une peiile augmentation de K quand la température s'élève ; mais elle est si faible que l'on doit conclure qu'à l'approximation des expéi iences le coefficient d'aimantation reste invariable.
p. CURIE.
Pour la coneclion due à l'air, on a admis une densité de 2,65.
M. Tumlirz (' ) a trouvé que le quartz donnait des etïets sensibles de magnétisme rémanent.
Nous n'avons rien observé de semblable; mais nos expériences indiq«ient seulement que raimantation rémanente est inférieure en valeur absolue au -~ de l'aimantation due à un cbamp de i35o unités. INos ex[)ériences ne sont pas disposées de manière à déceler un effet très faible du magnétisme rémanent.
Soufre. — L'état allotropique ne semble pas avoir d'influence notable. Tout au moins il ne pioduit pas de différence atteignant i pour loo.
Le soufre oclaédri(jue a donné à froid, immédiatement après avoir été fondu, la même valeur pour le coefficient d'aimantation qu'avant d avoir été cliauffé :il devait être alors transformé en soufre prismatique.
Cette valeur commune est ( — K lo^) = o,5i .
Le soufre en fleur (lavé au sulfure de carbone et à l'acide cblorhydrique) a donné un nombre notablement différent, o,55 ; mais, après fusion, on a retrouvé la même valeur; ce qui indique nettement que le soiifie insoluble a le même coefficient que les autres variétés allotropiques ; seulement, la mesure était peu précise parce que l'on n'avait pu opérer que sur une quantité très petite de matière.
Effet de la température, i'^ série *
t. — K lo".
A 125", bien (pie resté assez longtemps à température (') Wied. Ann., t. XXVII, p. 33; 1886.— Wien. Akad., p. (jo; 1886
constante, le soufre octaédriqne n'était qu'en partie fondu. On le fond à la lampe, puis nouvelle série :
t. — Kio«.
fondu i4'2 o,53o
Ainsi, le coefficient d'aimantation n'est pas notablement modifié par la fusion et les diverses transformations qu'il éprouve entie i ()" et 225^. Peut-être, après fusion à 142", y a-t-il une augmentation passagère qui disparaîtrait à 225°. Les expériences ne sont pas assez précises ni assez nombreuses pour pouvoir affirmer une variation aussi faible.
Sélénium noir, vitreux (du commerce). Par la réaction du sulfocyanure de potassium, on distinguait des traces de fer dans cet échantillon. A diverses températures, on a :
t. — Iv I0«.
I Go 0,321
Il semble y avoir une petite baisse d'environ 4 pour 100 entre 160° et 240". Cette baisse correspondrait à la fusion, qui a lieu vers 240°. Une nouvelle série de mesures serait désirable pour mettre ce point hors de doute.
Tellure. — Cet échantillon contenait des traces de fer.
On a trouvé
t. — k:io«.
I jy o , 3 1 1
3o5 o,3io
38 p. CURIE.
Donc le coefficient reste invariable entre 21" et 3o5".
M. Ettingliaiisen (') a trouvé pour le tellure à la température anibianie, pour le coefficient d'aimantation en volume x, la valeur ( — x 10**) = 1,60 pour un échanlillo!) de tellure de densité 6, 16, Cette valeur donnerait, pour le coefficient d'aimantation spécifique,
(— K ÎO6) = 0,2f\l,
nombre inférieur de 22 pour 100 à celui que j'ai trouvé.
Au contraire, les expériences de M. Ettingliaiisen et les miennes sont bien en accoid pour le bismuth, comme on verra plus loir».
Brome. — On a fait [une seule série de mesures à la température anibiante.
Elle a donné
(— lo^K) =0,410.
Pour faire la correction de l'ampoule, on a év?iporé très lentemejit le brome à Téluve, il a laissé dans 1 ampoule quelques crasses très faibles, mais magnétiques; cependant, à l'analyse, on n'a pas pu trouver de fer.
(On a trouvé seulement un peu de bromure de potassium et des traces de sulfate de potasse en faisant éva[)0rer, dans une grosse ampoule, comme précédemment, 3o^'' de brome.)
Iode plusieurs fois sublimé. — Cependant, après l'opération, l'iode, évaporé lentement h létuve, a encore laissé des crasses à peine visibles, mais donnant un léger elFet magnétique.
t. — K lo--".
(') Beitblatt zu der Ann. des Pliys. and Cliein.; 1888.
PROPRIÉTÉ.-^ MAGINÉriQUIÎS DES COUPS. Sq
Le coefficient reste invariable même au moment de la fusion, qui a lieu vers to4^.
Mercure. — Expériences inachevées faites sur un échantillon parfaitement pur. Je ne puis donner de nombres, mais j'ai pu constater {|u'entre 10^ et 3oo^, le coefficient d'aimantation ne variait pas d'une façon notable.
Phosphore. — On introduit le phosphore fondu sous l'eau dans l'ampoule encore munie de son appendice CD {/ig- 4)- C)n fait ensuite évaporer la plus grande partie de l'eau, puis on chasse les dernières portions en faisant le vide. On ferme l'ampoule avec le phosphore sec dans le vide.
On a oblenu les valeurs suivantes :
On voit fjue le coefficient d'aimanfalion nste invariable quand la tenipéraluie passe de 20° à r^o". Au moment de la fusion, à 44"^ i' ^^ J ^ P^s de vaiiation.
L'ampoule, remplie de phosphore, est ensuite chauffée à l'étuve à 2^0° pendant 240 heures. Le; phosphore blanc est, par cette opération, transformé en partie en phosphore rouge. L'ampoule est reportée dans l'appareil magnétique. On obtient les valeurs suivantes pour le coefficient d'aimantation R' du mélange de phosphore rouge et de phosphore blanc :
t. — k:'io«.
17 • Ow95
La valeur de K' est iiidépendatUe de la température.
4o p. CURIE.
L'ampoule est eiisuile cassée et le pliosplioïc blanc; est épuisé [)ar le sulfure de carbone. On a liouvé que 0,68 du poids primitif du pbospliore blanc s'était transformé en phosphore rouge.
Désignons par K< le coefficient d'aimantation du phosphore rouge, on a, entre 20*^ et a^S",
d'où, pour le phosphore rouge,
— lo^K = 0,73.
Ce nombre est plus faible que celui de 0,93 tiouvé pour le phosphore blanc. La différence est de 20 pour 100. Malheureusement, on a dû biiser en miettes Tanipoule pour en détacher le phosphore rouge. Il a fallu fnire la correction avec une autte ampoule à peu près pareille à Ja premièie. mais non idenii(jue. II en résulte une certaine incertitude pour les valeurs numériques des coefficients d'aimantation des deux variétés de phosphore. Rnfin, il convient de faire quelques réserves lorsque des nombies sont donnés par ntie expérience unique, surtout quand cette expérience a été longue et compliquée. Nous pensons cependant pouvoir affirmer que le coefficient d'aimantation du phosphore rouge est plus faible que celui du phosphoie blanc, el que les deux coefficients ne varient ni l'un ni l'autre avec la température.
AwTiMOiNE. — L antimoine pur du commerce contient des quantités très notables de fer. On a einplové, pour ces mesures, un échantillon d'antimoine préparé par voie éleclrolylique (en solution chlorhjdtique). On sait que l'antimoine se dépose de celte façon dans un état allotropique particulier ^ en le chauffant, on le ramène à la variété ordinaire. Voici les résultats obtenus
PllOPlllÉTÉS MAGNÉTIQUES DES COUPS. 4^
se succédant dans l'ordre dans lequel les expériences ont
été faites :
— io«K.
Température ambiante 18 0,683
o/io 0,676
Température ambiante 18 0,850
Appareil réglé à nouveau :
Température ambiante 18 0,865
Température ambiante 19 0,936
58o l'ampoule éclate.
On voit facilement qu'une double cause de variation enli(? en jeu. l/anti moine se transforme, éprouve un changement dans sa constitution, puisque, après écliauffement, la valeur du coefficient mesuré à la températuie ambiante a augmenté et passé ainsi successivement de o,683 à o,85o et à 0,936. D'autre part, le coefficient d'aimantation diminue fortement quand la température s'élève^ à 54^^, pai' exemple, !«' coefficient d'aimantation est presque deux fois plus faible qu'à la température ambiante.
Un accident a mis fin aux expériences. L'étude de ce corps serait à reprendre et donnerait à coup sûr des résultats intéressants.
Bismuth. — Le bismuth pur du commerce, en baguettes, dont les baguettes ont été grattées avec soin à la surface avec un morceau de verre, ne semble contenir que des traces de fer. JNous avons d'abord fait des mesures avec du bismuth de cette [)rovenance. Quatre échantillons nous ont donné, à 20" pour (— K io«), les valeurs suivantes :
42 p. CLRIE.
i,3o, I ,o4, i,2j, 1,22, avec une moyenne de 1,20 ou de 1,25 en éliminant la valeur i,o4-
Nous nous sommes servi ensuite de bismulli obtenu par voie électrolyli(|ne, qui nous a donné les valeurs suivantes pour quatre échanlillons : i ,38, i,35i, 1,36,1,34 avec une moyenne de i ,358.
La valeur plus ioite pour les échantillons obtenus par voie électroljiique ne peut être attribuée à un état allotropique particulier du méial, car, après fusion, le coefficient d'ai mantation de ces échantillons n'avait pas changé. La valeur plus (brte doit donc vraisemblablement être attribuée à un.e pureté plus grande du corps.
Nous adopterons, pour coeiricient d aimantation K, la
valeur
la mesuie sur le deuxième échaniillon du bismulli électrolytique ayant été parti(;ulièi"ement bien soignée et celte valeur s'écartant peu de la moyenne.
M. Ettinghaùsen (*) a trouvé pour le bismulli
(Kio6)=i,37.
Lorsque l'on augmente la température, le coefficient d'aimantation du bismuth diminue en valeur absolue et la loi de variation est linéaire, si bien que, de la température ambiante à la teujpérature de fusion, entre 20° et 2^3", on peut représenter la valeur Kf du coefficient d'aimantaiion à V^ j)ar une formule de la forme
10'' K^ = ioCK.2o[i — a(^ — 20)].
Deux échantillons de bismulli du commerce ont donné pour a la valeur 0,00 io5.
Cinq échanlillons de bismuih éhctrolylique ont donné
(>) Wiedm. Ann.; iSSi cl icS88.
PROIMIIÉIÉS MAGNÉTIQUES DES COIU'S. ZJ*^
pour a les valeurs : 0,001178, 0,001 i^o, 0,001190, 0,001110, 0,001 i44j dont la moyenne est 0,00 ii54. Celte valeur est phis forte fjue celle trouvée pour les échatitillons du commerce; différence 10 pour 100 enviion. Nous adopterons pour a la valeur 0,00 ii5. On a alors, entre 20" et sjS",
Voici, par exemple, pour une série d'expériences, l<'s valeurs trouvées :
Iv^„ {t — 20)
La (h^nière colonne donne les valeurs de a calculées en combinant la mesure relative à chaque tenij)éi ature avct^ celle relative à la température de 20^, On voit par ce Tableau et à l'inspection des points marqués sur la Jig. 5 que l'on a une loi de variation linéaire. Du moins, on peut (lire ([ue les expériences ne sont pas assez précises pour indi(juer' pour K =y(//) une courbure dans un sens ou dans l'aulie. Il convient encore de remartjuei- que la température n'est connue qu'a quelques degrés près, que les erreurs lelalives sur K sont de Tordre de grandeur de -—^ et donnent des erreurs relatives bien plus fortes pour a.
A la température d(i fusion (^yS") le coelficient d'aimantation du bismuth solide est ( — 10^X273) = 0,967; c'est-à-dire cjue ce coelficient est alors les ^77 de ce qu'il était à 20". Par fusion du bismuth le co(;fficienl d'aimantation devient brusquement 20 fois plus faible.
Le bismuth fondu est, parmi les corps diamagnétiques
44 P- CUIllE.
étudies, celui qui a le plus faible coefficient d'aimantation spécifique. Ce coefficient d'aiinanlalion du bismuth fondu reste invaiiable pour des lempératuies comprises entre 278" et 408". Nous avons trouvé pour ( — lo^K) les valeurs suivantes pour trois échantillons de bismuth pur du commerce, à l'état de fusion, o,o4o, o,o35, o,o3o, dont la moyenne est o,o35. Pour trois échantillons de bismuth électrolytifjue à l'état de fusion, nous avons trouvé o,o3|7, o,o38, 0,042 (le dernier nombre se rapporte à une détermination peu précise avec une quantité de rnalière trop faible)-, nous adopterons pour le coefficient d'aimantation du bismuth fondu entre 2^3° et 4oo°
(Kio6) .= 0,38.
Etat particulier du bismuth au moment de la fusion. — Nous nous sommes applicjués, dans certaines séries d'expériences, à faire des déterminations extrêmement rapprochées de la température de transformation magnétique (voiry?^. 5). Nous avons vu ainsi que la chute des valeurs de K est paifaitement brusque à 2^3" ou tout au moins qu'elle se fait complètement dans un intervalle de température inféi'ieur à 2°. Nous avons constaté aussi que la variation se fait à la même température par échaulfement ou refroidissement.
Nous nous sommes aussi assuié que ce phénomène brusque de variation du coefficient d'aimantation correspond exactement au phénomène brusque de la fusion. C'est du moins la conclusion (jue nous croyorjs [)Ouvoir tirer d'expériences assez curieuses, et qui semblent à première vue coruluire à une conséquence précisément opposée à celle-là. Voici ce dont il s'agit : Le bismuth est placé en petits fragme^nls de quelques millimètres de côté dans une ampoule où l'on fait le vide. On chauffe ensuite dans l'appareil pour l'étude des phénomènes magnétiques et l'on fait croître avec précaution la température jus(ju'au-
dessus de celle de iransformaliou magnétique, en ayant soin de dépasser à peine celle lempéralme. Lors(|ne la Il ansformation magnétique est complète, c'esl-à-dire lorsque le coeflîeient d aimantation ne vaiie plus et a atteint la valeur correspondant au Lismutli liquide, ou laisse Tappareil se refroidir . Ou est alors fort étonné de
Zi
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Azo!K.fon
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îismuthfcr
iu
i'elronver les morceaux de bismuth intacts, Ic^ur aspect extéiienr ne diOèie en rien de ce qu'il était avant la chaude et ils sont disposés les uns sur les autres sans qu'uti eiîondiement se soit produit. ïl semble, d'après cela, que le bismuth n'a pas fondu, bien cjue sa transfoimaiion magnétique se soit produite; mais en examinant chaque petit fragment ou trouve que la structure interne esl complètement modifiée. Si on a employé, par exemple, des fragments de baguettes de bismuth de commerce constituées par des cristaux rayonnants à partir de l'axe de
46 p. CfRIK.
chaque baguette, ou trouve aptes cliauffe des clivages parallèles entre eux dans chaque morceau, au lieu de la structure rayonnée. Si Ton a fait usage de petits morceaux de bismuth déposés par électrolyse, dont la structure interne est grenue, on retrouve après chaulïedans chaque morceau les grands clivages parallèles du bismuth fondu.
Il est viaisemblable, d après les faits (jui précèdent, que la fusion du bismuth s'est produite réellement, quand on a chauffé au delà de la température de transformation magnéti(jue, mais que les morceaux ont gardé leur forme. Doit-on admettre que la viscosité du bismuth liquide est très grande, lorsque la température est voisine de celle de la fusion ? Faut-il penser que la couche presque imperceptible d'oxyde qui recouvre la surface joue un rôle et se comporte comme une cioiite solide à la surface? Je ne sais quelle explication il convient de donner à ce phénomène.
Voici encore quelques essais faits dans le but d'avoir quelques renseignements complémentaires sur cette question. On ehauffe dans un bain de glycérine du bismuth baignant dans la glycérine ou placé dans des ampoules. Un thermomètie à mercure indique 266' pour la température normale de fusion ('). On amène le bisinutli à quelques degrés au-dessus de la température de fusion. 11 send)le d'aboid ne pas fondre lorsqu'il est en petits fragments; mais à la longue les arêtes des morceaux s'arrondissent, les faces se plissent et finissent par s'effondrer; les niorcraux mettent plus de trois quaits d'heure à se jéuni r complètement, si la température ne dépasse pas de 1" celle de fusion. En remuant le bismuth dans la glycérine avec un fil de platine on léunit tous les njorceaux
(') La valeur 270° indiquée par le couple au moment de la fusion du bismuth dans l'appareil aux mesures magnéliques est probablement un peu trop élevée.
PIIOI'RIÉTÉS MAGNP/riQUES DES COUPS. 47
assez rapidenieiil. L'expéiience] est moins roncluanK^'que dans l'a[)[)arell magnétique, parce (]U(* l'on ne sait pas exaclement le moinerjt où l'or» pent êlie certain que clia(jue moiceau a atteint la température de tuslon.