‹ Thétre en versChapitre 71 sur 96 · LES VOIX · texte numérisé non relu

LES VOIX

Plus vite que la brise folle Et Toiseau fou, « C'est notre rêve qui s'envole

On ne sait où !

VIOLA

près de la fenêtre

Ce sont des zingari qui passent en chantant Dans les haillons de leur misère ensoleillée !

ORLANDA se levant

Fais-leur signe ! -

Viola obéit.

Je veux, perle à perle effeuillée,

Leur donner ma couronne, à ces bohémiens.

Elle reste à la même place, à demi toarnée vers la fenêtre.

Tenez, dans vos hasards moins tristes qne les miens, Puissiez-vous, sans savoir même qui vous l'envoie, A mon bonheur perJu devoir un peu de joie.

Elle brise et jette une à une par la fenêtre, en parlant, les étoiles fleurs du diadème.

Prenez! Prenez! Voici mon renom triomphant, —

Et mon orgueil de reine, — et mes rires d'enfant, —

Les musiques, — les vers dont notre âme est charmée, —

Et le ravissement d'aimer et d'être aimée, —

Tous les songes, — tous les espoirs, — toutes les fleurs !

La couronne est sans joyaux. La reine la regarde et sanglote.

Et maintenant, partez. Je n'ai plus que des pleurs.

LES VOIX qui s'éloignent

Plus vite que la brise folle

Et Toiseau fou, C'est notre rêve qui s'envole

On ne sait où !

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