LISIS
Tout le bien que j'espère,
C'est qu'enfin mon amour touchera ma bergère,
Et qu'autour de mon tronc, pour m'en récompenser,
Avec toute sa troupe elle viendra danser.
Le murmure plaintif de mes feuilles tremblantes
Alors me tiendra lieu de paroles pressantes,
Et pour lui déclarer l'excès de mon tourment
J'emploierai le secours de mon gémissement;
Puis, lui disant adieu, par un nouveau prodige,
Pour marques de respect j'inclinerai ma tige —
Et le voilà qui invoque la lune, les nymphes et les égipans, ses nouveaux confrères :
O lune au front d'argent, si tu sais en quels lieux S'assemblent cette nuit mes frères demi-dieux, Prète-moi tes rayons pour découvrir leur bande — Je ne suis plus mortel, et dans leurs jeux ce soir Les nymphes sans soupçon me peuvent recevoir '.
Il faut pour le tirer de là toute une mascarade, où les châtelains, déguisés en arbres fruitiers, portant des branches où pendent des fruits confits, viennent en