‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 143 sur 206 · LES OPÉRAS — TRAGEDIE ET COMEDIE LYRIQUES LES PIÈCES A MACHINES · texte numérisé non relu

LES OPÉRAS — TRAGEDIE ET COMEDIE LYRIQUES LES PIÈCES A MACHINES

TSYCHÉ — MÉDÉE — BELLEROPHON — CIRCE — l'iNCONKU LE TRIOMPHE DES DAMES — LA PIERRE PHILOSOPHALE — LA DEVINERESSE

Les opéras de Thomas Corneille. — Louis XIY et les prologues d'opéra. — Le spectacle dans la tragédie de Circé. Ce qui avait manqué à la tragédie classique. — Les divertissements de l'Inconnu; Mlle Molière et l'histoire du collier. — Le Ballet des Jeux et le Tournoi à pied dans le Triomphe des Dames. — Comment la Pierre philosophale est la première de nos féeries : la magie et l'alchimie au théâtre ; pourquoi cette pièce tomba. — Le procès de la Voisin et la Devineresse. Recherche indiscrète de l'actualité. Les allusions peu déguisées. — Les trucs et les machines dans la Devineresse. — Par quels côtés la Devineresse est une comédie de mœurs. — Molière n'aurait-il pas traité ce sujet, s'il avait vécu plus longtemps?

Nous arrivons à la partie des œuvres de Thomas Corneille la moins littéraire sans doute, mais la plus originale, la plus oubliée et la plus digne de ne pas l'être. Trois opéras; une tragédie lyrique : Circé; une comédie à grand spectacle : l'Inconnu ; trois pièces à machines assez semblables à nos modernes féeries : le Triomphe des Dames, la Pierre philosophale et la Devi~ neresse; voilà des ouvrages intéressants qui marquent chez Corneille une curiosité toujours en éveil, un désir de se renouveler, d'élargir le cadre trop étroit du

drame classique, de faire enfin sa part à cet élément essentiel de l'art théâtral : le spectacle!

Des opéras, il n'y a pas grand'chose à dire : ils sont bons sans doute, mais, quand parut le premier, Psyché (1678), Quinault avait déjà donné cinq des siens l et avait presque touché à la perfection du genre.

Psyché n'est qu'un arrangement assez habile de la Psyché de Molière et de Pierre Corneille. Pour faire de la place à la musique et aux divertissements, qui sont nombreux, Thomas a dû resserrer l'action et abréger toutes les scènes. Plus scrupuleux que Quinault. qui avait fait les Fêtes de /'Amour et de Bacchus avec des morceaux de Molière, il a refait tous les vers : il était d'ailleurs obligé d'accommoder le rythme du poème aux airs de Lulli et on sait que le Florentin était un collaborateur exigeant. Il faut lui tenir compte de cette difficulté. 11 n'est pas resté d'ailleurs bien audessous de Molière : on pourrait même citer plus d'un joli passage, par exemple ces vers de Cidippe'2 :

Tout succède à nos désirs ; Si des rigueurs inhumaines Nous ont coûté des soupirs, On ne connaît les plaisirs, Qu'après l'épreuve des peines.

Mais qu'on se garde bien de comparer le duo de tendresse entre Psyché et l'Amour 3 à la ravissante scène de Pierre Corneille 4.

1. Cadmus et llcrmione (1073), Alceste (1674), Thésée (1675), Alys (1676 . lais 1677). Nous ne comptons pas les l'êtes de l'Amour [1672), qui ne sont pas une œuvre originale.

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