‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 145 sur 206 · III, IV · texte numérisé non relu

III, IV

Ou encore :

Il aime ses enfants, ne les épargnons pas.

Ne les épargnons pas! Ah! trop barbare mère!

Quel crime ont-ils commis pour leur percer le sein?

Nature, tu parles en vain.

Leur crime est assez grand d'avoir Jason pour père. Oublions l'innocence et voyons le forfait. Une indigne pitié me les fait reconnaître : C'est mon sang, il est vrai, mais c'est le sang d'un traî- Puis-je trop acheter, en les faisant périr, [tre.

La douceur de le voir souffrir1?

Il semble que De Visé n'ait pas été trop indulgent, en écrivant dans le Mercure 2 que « quand ce rôle ne serait que récité, il ne laisserait pas de faire beaucoup d'impression sur l'esprit des auditeurs ».

Dans l'opéra de Bellèrophon, Thomas n'a pas eu à faire preuve de beaucoup plus d'invention : il avait certainement sous les yeux la tragédie que Quinault avait fait jouer sous ce titre 3 et où le vainqueur de la Chimère avait déjà bien les airs d'un héros d'opéra. Chez Thomas Corneille comme chez Quinault, Bcllérophon va combattre le monstre par désespoir d'amour.

Je cours m'offrir au monstre, assuré de périr, Mais je m'en fais un bien suprême.

Quand on a perdu ce qu'on aime, Il ne reste plus qu'à mourir *.

Mais, et c'est là ce qui fait la grande différence entre l'opéra et la tragédie au xvnc siècle, ce que la tragédie raconte, l'opéra le montre. Ici par exemple nous voyons sur la scène la lutte de la Chimère et du héros :

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