‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 156 sur 206 · La Pierre philosophale, acte I, passim · texte numérisé non relu

La Pierre philosophale, acte I, passim

'i. Quant aux chercheurs de trésors, qu'on lâche à désabuser, il s'en trouve en France aussi bien qu'ailleurs, et on a fait remuer beaucoup de terre à des gens qui se croyaient fort habiles. Il y en a des histoires récentes que je ne veux pas toucher. » (Avertissement de la Pierre philosophale.)

de dupes du précipice ». En ridiculisant la crédulité d'un bourgeois naïf, en montrant qu'il suffisait, pour évoquer tous les esprits infernaux, d'un adroit machiniste et de quelques comparses de bonne volonté, il espérait faire œuvre utile et dissiper de dangereuses erreurs \ Sa comédie tomba à plat : une fois de plus la sottise humaine fut plus forte que le bon sens. Mais il se trouva qu'en voulant ruiner la puissance des démons et des fées, il avait créé presque de toutes pièces le genre de la féerie.

Je ne pense pas qu'on puisse trouver au xviic siècle une tentative analogue : ce n'est que bien plus tard, vers le milieu du xvmc siècle, que nous voyons reparaître au théâtre dans Zémire et Azov, dans Cendrilïon ou dans la Fée Urgèle ~, tout ce monde fantastique des esprits de l'air et des diables cornus. Mais alors un sensible progrès s'était opéré dans les idées : on pouvait se divertir sans appréhension aux apparitions fantastiques et à l'éternel combat des bons et des méchants génies, parce qu'on savait bien, au moins dans la bourgeoisie moyenne qui fréquentait le théâtre, que tout ce merveilleux était inoffensif, parce qu'on avait cessé de croire à la réelle efficacité des pilules magiques et de la poudre de perlimpinpin. Le public du temps de Corneille était encore mal préparé à rire du diable, de la magie blanche et noire et des sciences surnaturelles : il avait encore trop peur des puissances occultes pour trouver du plaisir à leur évocation, même

1. « Comme il y a beaucoup de folie parmi ceux qui veulent trouver quelques vérités dans les extravagantes imaginations des cabalistes, on a cru qu'une satire publique était l'unique moyen de les faire revenir dans leur bon sens. C'est par là qu'on corrige le plus aisément les faiblesses et les vices, et c'est par là que la comédie devient d'une grande utilité. » (Ibid.)

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