‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 67 sur 206 · Ecoutez Achille, dans la Mort d'Achille (IF, i et m · texte numérisé non relu

Ecoutez Achille, dans la Mort d'Achille (IF, i et m

Mais, Âicime le cœur s'engage par surprise;

Sans prendre son aveu, l'amour le tyrannise

Quoi qu'à voir le mérite an cœur trouve de jour, A-t-on d'autre raison, pour aimer, que l'amour?

Les tendresses du sang ne sont plus rien pour lui : au cinquième acte de Pyrrhus, Hippias, dont le père vient de mourir sur la scène, ne paraît même pas s'en apercevoir, parce que sa maîtresse est là : voilà ce qui s'appelle aimer! Quant à sa propre vie, le héros romanesque est naturellement toujours prêt à en faire le sacrifice, estimant qu'elle sera assez payée par quelques pleurs de sa maîtresse : « Je serais, lui dit-il, trop content de périr »,

Si mon dernier soupir rencontrait un des vôtres *.

Et dans cet esprit de renoncement, dans cet entier dévouement à un sentiment unique, n'est-ce pas encore l'influence de Pierre Corneille qui paraît? Mais encore une fois, tandis que le sacrifice du héros cornélien n'est que le résultat d'un effort et le terme d'une lutte douloureuse, ici il s'accomplit tout simplement, sans combat, de la meilleure grâce du monde et perd ainsi tout son mérite, puisqu'il paraît ne rien coûter. Il y a plus encore. Tandis que c'est à un grand devoir ou à une grande idée qu'un Horace ou un Polyeucte immolent une part de leur âme, c'est à une passion « chargée de faiblesse » que font l'abandon d'eux-mêmes leurs misérables imitateurs : encore ici ne s'agit-il même pas de passion , mais d'un sentiment factice, convenu, né du monde, asservi à ses lois, auquel l'esprit a plus de part que le cœur, et qui parait bien n'être dans le fond qu'une forme plus vive et plus accentuée de la galanterie et de la politesse.

Un troisième personnage, et qui ne laisse pas d'être assez curieux, c'est le seigneur ambitieux, qui joue le rôle du traître; car dans cette tragédie, si innocente

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