‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 142 sur 209 · II, TI · texte numérisé non relu

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4. Remarquons, en passant, que les yers du Prologue et des divertissements sont empruntés à la Psyché de 1671. C'est Quinault, on lo ■ait, qui les avait faits. Cet emprunt paraîtra peu délicat, si l'on se souvient qu'en travaillant pour Lulli, Thomas avait pris la place de Quinault. Mais il est probable qu'en cette circonstance le poète ne

L'opéra de Médée est imité d'assez près de la Médée de Pierre Corneille : il faut avouer d'ailleurs que le modèle était bien choisi et qu'aucun sujet ne pouvait prêter davantage aux grands effets de la musique, des machines et de la décoration. Apparitions d'esprits et de démons, enchantements compliqués pour empoisonner la robe de Creuse, dragons ailés emportant la magicienne, palais qui s'écroulent, monstres bizarres paraissant dans une nuit subite et incendiant tout, pluie de feu tombant sur la scène, voilà qui devait éblouir tous les yeux et qui aurait sans doute mérité d'être accompagné par une orchestration plus puissante que celle de Charpentier. Qu'on ajoute h cela les entrées et les divertissements obligés, et l'on comprendra qu'il ne restait pas beaucoup de place pour les études de caractères. Chaque acte est en effet singulièrement raccourci : et pourtant le personnage de Médée conserve une certaine grandeur. Dans certaines scènes même, les vers libres, les rimes croisées semblent rendre plus saisissante l'expression de sa colère :

Dieux, témoins de la foi que Tingrat m*a donnée,

Souffrirez-vous cet hymënée?

C'en est fait, on m'y force, il faut briser les nœuds

Qui m'attachent à ce perfide.

Puisque mon désespoir n'a rien qui l'intimide, Voyons quel doux succès suivra ses nouveaux feux. Pour qui cherche ma mort je puis être barbare; La vengeance doit seule occuper tous mes soins, Faisons tomber sur lui les maux qu'il me prépare,

Et que le crime nous sépare,

Puisque le crime nous a joints ' I

£t qu'obéir au musicien, qui Toulait faire resservir son ancienne musique et qui, fort de son privilège, affirmait son droit de propriété, non seulement sur ses airs, mais aussi sur « les vers, paroles, sujets, dessins et ouvrages sur lesquels lesdits airs avaient été composés ».

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