IV, Ti
Bellérophon, monté sur Pégase, foadant sur la béte
du haut des airs, remontant dans le ciel après chaque
coup porté, pour prendre son élan et attaquer encore,
rhorrible monstre roulant enfin dans son écume et
dans son sang, tandis que Min^ve, de ta nue, sourit
au guerrier qu'elle protège, et que le peuple délivré
de sa crainte fait entendre derrière le théâtre des .
chants d'allégresse. Il est clair qu'un pareil spectacle
devait produire sur le public une autre impression que ^
le fastidieux récit que faisait Timante dans la pièce de
Quinault *.
Mais comme, entre ces dramatiques jeux de scène, devaient paraître languissants les tendres aveux de Bellérophon ou les plaintes trop ingénieuses de la reine Sténobée, par lui dédaignée', ou même les menaces de son farouche allié, le prince Amisodar!
Et pourtant dans ces vers trop mous, si ^dépourvus d'images qu'ils ressemblent a de la prose rythmée, on trouve je ne sais quel charme. Cela tient-il a l'aisance et au naturel de cette langue $i polie, à l'habile combinaison des vers inégaux qui nous reposent de l'éterno) alexandrin, k la composition harmonieuse des couplets dont la chute est toujours jolie? En toutx;as, les livrets de Thomas, comme ceux de Quinault, sont des livrets qu'on peut lire. Si on peut les lire, c'est parce qu'ils étaient faits pour être entendus, parce que la partie musicale n'avait pas encore tout absorbé, paYce que l'opéra