‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 16 sur 209 · Muse hist, de Loret (31 janv · texte numérisé non relu

Muse hist, de Loret (31 janv

6. Stilicon fut imprimé cette même année avec une dédicace au cardinal Mazarin. Thomas j félicitait le ministre de l'heureux résultat de sa diplomatie; il faisait aussi une allusion assez délicate aux terribles épreuves que Mazarin avait traversées pendant la Fronde : a Si nous vous considérons, disait-il, dans ces temps difficiles où notre malheur ne nous laissa point de plus redoutables ennemis que nous-mêmes, j a-t-il rien de si surprenant que cette tranquille et incomparable sagesse que les plus violents orages ne purent émouvoir? »

7. Et non pas après, comme l'ont cru les historiens du théâtre et les biographes. Voir, dans VAppendice, les lettres inédites de M. de la Coste et de Coqueteau de la Clairière; ce passage de la

second sujet proposé par Fouquet, le jeune Corneille acheva de le traiter vers la fin de 1660 : Camma fut représentée le 28 janvier 1661 et reçue avec des applaudissements extraordinaires '. De Visé raconte que « la Cour et la Ville se trouvèrent en si grand nombre aux représentations de cette pièce que les comédiens ne trouvaient plus de place sur le théâtre pour pouvoir jouer avec tranquillité. Il arriva une chose en ce temps-là qui n'avait point encore été faite par aucune troupe. Les comédiens, jusqu'à cette pièce, n'avaient joué la comédie que les dimanches, les mardis et les vendredis; mais ils commencèrent, à cause de la foule, à jouer les jeudis, ce qui leur arriva dans la suite lorsque les pièces étaient fort suivies, ce qu'ils ont toujours fait depuis, et ce qui leur a valu beaucoup d'argent. » • *

Après Camma vinrent Pyrrhus y Roi d'Epire ' (représenté à la fin de 1661), Maximian et PerséeetDémétriits^y

lettre de Coqueteau est particulièrement significatif : « Les nouvelles du Galant Doublé ont été reçues avec toute sorte de joie.... Nous attendons tfrec impatience le succès de StUicon^ la ruine des brigues que l'on avait faites pour en diminuer l'éclat et le rétablissement de la chaleur des Bourguignons (comédiens de l'Hôtel de Bourgogne) i>. Cette lettre est du 13 janvier 1660 : il est donc probable que le Galant Doublé avait été joué au commencement de janvier et que Stilieon le fut k la fin du même mois. Ainsi donc Thomas Corneille remplit à lui seul, pendant plusieurs semaines, les affiches de l'Hôtel.

1. MuMe historique de Loret (29 janv. 1661). — De Visé {Mercure, janvier 17lo5.

2. Ce sujet de Pjrrhus fut repris plus tard par Crébillon ; mais sa pièce n'a point de rapport avec la très médiocre tragédie de Th. Corneille.

3. Loret, dans sa Muse historique (31 déc. 1662), dit que la tragédie de Persée et Démètrius eut beaucoup de succès ; mais- il avoue un peu après qu'il n'a pas vu la pièce et qu'il n'en dit du bien que sur t Tétat qu'en font des*gens de qualité,

Parmi dames et demoiselles Et dans les plus fines ruelles ».

D'autre part,rabbé d'Aubignac, ennemi déclaré des Corneille, affirme

représentés l'un en février, l'autre en décembre 1662, deux pièces encore en une année.

que les spectateurs a avaient abandonné le Démélriutj après les premières représentations, comme une pièce indigne de leur attention ». (Seconde dUaertation concernant le poème dramatique,) Nous ne savons donc pas trop quelle fut la fortune de cette tragédie; ce dont nous fommes malheureusement certains, c'est qu'elle méritait de tomber : c'est peut-être-l'œuvre la plus faible de Thomas Corneille.

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