‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 161 sur 209 · IV · texte numérisé non relu

IV

gnes ont de ce qu^ils me feront venir, ce ne sera toujours qu'après moi^ » Et que d'autres allusions encore, que nous ne pouvons que soupçonner, n'étant pas, comme les spectateurs du temps, au courant de tous les détails de l'afTaire !

Autre élément du succès : les trucs et les machines. Du commencement à la fin, cette comédie n'est qu'une suite de tours de passe-passe et de physique amusante. Pour étonner ses visiteurs, dont quelques-uns sont des

1. II, VI. — On Toit bien par rAlmanach-réclamer qui se Tendait à la porte du théâtre (cf. plus haut, p. 62), que les auteurs de la Devineresêe comptaient sur les allusions de la pièce pour en assurer le succès. Au bas des figures étaient imprimés ces Ters, qui 'ressemblent assez à des Ters de complainte :

Vous que les dcTineresses Ont su tant de fois duper, Venez pour tous détromper Apprendre ici leurs adresses....

Leurs miroirs dits enchantés Et leurs hiboux ridicules Sont des pièges iuTentés Pour attraper les crédules....

Quand d'un discours engageant L'artifice impénétrable T'a pu laisser sans argent, Elles t'ont fait Toir le diable I...

Mais de l'aTcnir enfin Qui leur a dit les merTeilles, Puisque leur propre destin N'est connu d'aucune d'elles ?

Telle menace un marquis D\apoir la tête coupée^ Qui quelquefoisy ayant priSf Se trouve bien attrapée.

Afin qu'à fuir leurs panneaux Tout le monde s'étudie.

On en a fait des tableaux Qu'on Toit dans la comédie.

Us plaisent aux spectateurs, Mais je crains bien, pour tout dire, Qu*à la fin les vrais acteurs N*y trouvent pas de quoi rire.

sceptiques qu*il faut à tout prix convaincre, la Jobin a recours aux plus beaux secrets de sa magie, qui n'est au fond que de la prestidigitation.

La Giraudière a perdu ses pistolets, qu'un ami lui a cachés. Il vient consulter la devineresse : par un heureux hasard, celle-ci se trouve être au courant de l'histoire : elle a fait peindre les pistolets et elle s'est procuré un portrait de l'ami facétieux. Elle fait apporter un bassin plein d'eau et prie La Giraudière d'y regarder : pendant qu'il tient la tête baissée, on laisse tomber un zigzag du haut du plancher, qui tient la toile sur laquelle sont peints les pistolets. Et le voleur? Jeu semblable : le même zigzag fait voir le portrait, qui se reflète encore dans l'eau.

Heureux de ce premier succès, ce même La Giraudière demande à voir les dames dont il pourra se faire aimer i la lumière s'éteint et sur la muraille défilent des ombres de femmes charmantes, qui sont tout simplement des projections lumineuses qu'envoie une lanterne magique.

La Marquise voudrait bien avoir des nouvelles de son amanty le Chevalier, qui l'a quittée après une brouille et qu'elle croit bien loin de Paris. Rien de plus facile : on lui présente une glace dans la^quelle elle aperçoit le Chevalier qui baise son portrait. Ravie de voir qu'il l'aime toujours, elle veut bien lui écrire de revenir : « Je ferai porter la lettre », dit Mme Jobin. Deux minutes après, tombe du plafond une réponse écrite de la main du galant. C'est que le Chevalier était justement venu l'instant d'auparavant demander à Mme Jobin de le faire rentrer en grâce : elle l'a caché dans la pièce voisine; un habile jeu d'optique a tout fait et, quant à la lettre, on n'avait pas a la porter bien loin.

Uue hydropique vient se faire guérir : la devineresse fait passer son enflure dans le corps d'un paysan.

L*H0MMB

« Âh! ah! quel tintamarre je sens dans mon ventre. Je crois que Tenflure va venir.

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